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Sur écoute, la France proteste mais pas trop fort (MdP)

par Lénaïg Bredoux 25 Juin 2015, 14:07 NSA France Obama François Hollande Espionnage USA OTAN

François Hollande a jugé « inacceptable » d'avoir été écouté par la NSA. Mais la France se refuse à la confrontation avec l’allié américain, précieux et puissant. Julian Assange, dans un entretien à TF1, demande à la France «de lancer une enquête parlementaire et entamer des poursuites».

Protester, pour la bonne forme, mais sans aller trop loin. C’est le choix sans surprise fait par les autorités françaises mercredi, après les révélations de Mediapart et Libération, en collaboration avec WikiLeaks, sur les écoutes réalisées par la NSA des téléphones des trois derniers présidents français. La France ne veut pas se priver de son allié américain, ni voir un jour publiées les preuves qu’elle espionne, elle aussi, des communications étrangères.

Mercredi matin, François Hollande a réuni en urgence un conseil restreint de défense à l’Élysée. « Il s’agit de faits inacceptables qui ont déjà donné lieu à des mises au point entre les États-Unis et la France, notamment fin 2013 au moment des premières révélations et lors de la visite d’État du président de la République aux États-Unis en février 2014. Des engagements avaient été pris par les autorités américaines. Ils doivent être rappelés et strictement respectés », a indiqué le Palais dans un communiqué. « L’engagement a été pris de ne plus pratiquer d’écoutes indifférenciées des services de l’État d’un pays allié », avait précisé l’Élysée dès mardi à Mediapart et Libération.

Le coordinateur du renseignement national Didier Le Bret et le patron de la DGSE Bernard Bajolet se rendront quant à eux « dans les jours qui viennent » à Washington pour rencontrer leurs homologues américains. Et « pour approfondir la coopération », selon l’Élysée. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avait affirmé que les responsables français du renseignement allaient aux États-Unis « voir si les engagements sont vérifiés, respectés et appliqués ». « Ils vont se dire les choses. Rien ne vaut une conversation en face à face », explique-t-on dans l’entourage du président de la République.

Pour afficher sa détermination, François Hollande a également reçu mercredi midi les principaux responsables des groupes parlementaires et des commissions des affaires étrangères du Sénat et de l’Assemblée nationale. « Nous étions là pour marquer notre désapprobation et notre volonté d’obtenir des États-Unis des assurances, pour aujourd’hui et pour demain. Il faut la preuve que les engagements sont solides. On ne peut pas être ami et allié et qu’il y ait ce genre de pratiques », a expliqué à la sortie le président de l’Assemblée, le socialiste Claude Bartolone. Côté Quai d’Orsay, l’ambassadrice américaine a été convoquée par le ministre Laurent Fabius.

Quant à Manuel Valls, il a dénoncé, lors des questions au gouvernement, des pratiques « anormales et inacceptables ». « Les États-Unis doivent reconnaître non seulement le danger que de tels agissements font peser sur nos libertés, mais aussi tout faire, et vite, pour réparer les dégâts que cela occasionne dans les relations entre pays alliés », a-t-il lancé avant d’appeler à la mise en œuvre d’un « code de bonne conduite en matière de renseignement » entre alliés. Une suggestion qui n’a pas été reprise par François Hollande et dont l’Élysée ne voit pas ce qu’elle peut recouvrir. Le premier ministre s'est aussi employé à défendre son projet de loi sur le renseignement, dont le gouvernement jure qu'il n'a absolument rien à voir avec les pratiques de la NSA...

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