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Burkina: deux membres des forces spéciales françaises entendus pour pédophilie (AFP)

par AFP 2 Juillet 2015, 08:00 France Armée française Justice française Pedophilie Enquête Burkina Faso

Deux soldats des forces spéciales françaises, soupçonnés d'attouchements sur deux fillettes au Burkina Faso où ils participaient à l'opération antiterroriste "Barkhane", étaient entendus mercredi à Ouagadougou par des enquêteurs français et burkinabè, avant un transfert rapide en France.

La rapide réaction des autorités françaises tranche avec la lenteur et l'opacité observées lors d'un précédent scandale de même nature en Centrafrique, où des soldats français ont été accusés de viols sur mineurs.

Les deux membres de cette unité d'élite de l'armée française "sont entendus à la gendarmerie par des gendarmes français et burkinabè", a déclaré mercredi à l'AFP une source judiciaire burkinabè sous couvert d'anonymat.

Des enquêteurs de la prévôté française - chargés des investigations sur les militaires déployés sur les théâtres d'opérations extérieures - étaient arrivés plus tôt dans la journée à Ouagadougou en provenance du Niger "pour mener les enquêtes avec nos gendarmes", a poursuivi cette source.

La France a par ailleurs demandé "une entraide judiciaire" au Burkina Faso, qui lui a été "accordée" dans l'après-midi, a indiqué le ministère burkinabè de la Justice.

Cette mesure "permet de recevoir sur notre territoire les magistrats ou les gendarmes français pour les auditions dans le cadre de la procédure dans cette affaire", a expliqué le ministère.

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir commis dimanche des attouchements sur deux fillettes franco-burkinabè âgées de trois et cinq ans dans la piscine d'un hôtel de Ouagadougou, a expliqué une source française proche du dossier.

"C'est inadmissible", car "les forces françaises sont engagées dans une lutte contre le terrorisme, (...) sont là pour protéger les populations", a réagi mercredi le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la mère de la plus jeune fille serait allée se baigner dans cette piscine, où elle aurait lié conversation avec les deux soldats, âgés de 36 et 38 ans, avant de les convier à son domicile pour boire un verre.

L'un des deux hommes y aurait oublié sa caméra portative. La mère aurait visionné les images, des scènes filmées sous l'eau, et vu des attouchements auxquels l'un des soldats se serait livré sur les fillettes.

Elle se serait alors rendue à l'ambassade de France pour y montrer le film, "assez long", et dénoncer les faits, selon la source proche du dossier. Les images auraient ensuite été visionnées par le père de l'autre petite fille.

- Détermination "à sanctionner" -

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rendu l'affaire publique dès mardi soir et immédiatement suspendu les deux suspects. Il a aussi saisi la justice française, qui a ouvert une enquête préliminaire pour agressions sexuelles sur mineurs.

Le ministre, "déterminé à sanctionner ceux qui se comportent de cette manière", "ne va pas perdre de temps", a estimé Stéphane Le Foll. "Les faits sont assez clairs (...) Cela a été vite parce que les faits ont été dénoncés et la plainte déposée".

Environ 220 militaires français sont stationnés au Burkina Faso dans le cadre de l'opération antiterroriste "Barkhane", pour laquelle 3.000 hommes au total sont déployés dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger). Les commandos des forces spéciales, unité phare de l'armée française dont le développement doit être privilégié dans les années à venir, sont basés à Ouagadougou.

Un premier scandale de viol sur mineurs en Centrafrique avait déjà entaché il y a deux mois l'image de l'armée française.

Selon une source judiciaire, 14 militaires français ont été mis en cause dans ce pays, dont trois sont identifiés, par les témoignages de six enfants de neuf à 13 ans qui ont dénoncé des faits commis entre fin 2013 et début juin 2014.

M. Le Drian, informé dès juillet 2014 de ces accusations par les Nations unies, avait certes saisi la justice française et lancé une enquête interne, comme au Burkina Faso, mais sans dévoiler l'affaire. Ce silence lui fut reproché lorsque le scandale éclata fin avril dernier dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian.

Jusqu'à ce jour, les trois militaires identifiés, qui ont depuis quitté la Centrafrique, n'ont pas été sanctionnés et restent dans l'attente des conclusions de la justice française.

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