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Libye : la condamnation à mort de Baghdadi al-Mahmoudi suscite le malaise en Tunisie (JAI)

par JAI 29 Juillet 2015, 20:49 Tunisie Libye Condamnation à mort Baghdadi al-Mahmoudi

La condamnation à mort, mardi, par un tribunal de Tripoli, de Baghdadi al-Mahmoudi, suscite un début de controverse à Tunis. L'ancien Premier ministre de Mouammar Kadhafi y avait été détenu avant d'être extradé en Libye dans des conditions peu glorieuses.

Libye : la condamnation à mort de Baghdadi al-Mahmoudi suscite le malaise en Tunisie (JAI)

La mort. Tous s’attendaient à cette sentence, prononcée mardi 28 juillet par un tribunal de Tripoli. Baghdadi al-Mahmoudi peut-être même plus que les autres alors qu’il venait d’échapper, la semaine dernière, à une tentative d’empoisonnement à la prison d’Al-Hadhba à Tripoli où il est détenu depuis 2012. Selon l’un de ses avocats, Me Mehdi Bouaouaja, le dernier Premier ministre de Khadafi serait résigné sur son sort au point de s’en remettre à la miséricorde divine comme il le fait déjà pour le cancer dont il souffre.

Une affaire obscure

Il faut dire que rien dans l’affaire de Baghdadi al-Mahmoudi n’a suivi un cours normal. Son dossier, alors qu’il est civil, a été joint à ceux des fils Kadhafi et de plusieurs anciens hauts responsables sécuritaires. Il était accusé de corruption, appel à la discorde entre tribu, incitation au meurtre et recrutement de mercenaires. Des charges très lourdes, mais le collectif d’avocats en charge de sa défense, représenté par Me Mabrouk Korchid, estime que les preuves de sa culpabilité n’ont pas été apportées et que les droits de la défense n’ont pas été respectés.

Cette dernière a en effet connu des difficultés à accéder au dossier instruit en Libye et n’a pu présenter aucun témoins. Face à ce qu’ils estiment être un « procès illégal », les avocats comptent désormais engager des poursuites en Libye et à l’échelle internationale, dont un recours auprès de la Cour pénale internationale (CPI).

La Tunisie en position délicate

L’affaire embarrasse les dirigeants tunisiens et plus particulièrement Béji Caïd Essebsi, qui, lors de son mandat de Premier ministre en 2011, avait maintenu Baghdadi al-Mahmoudi en détention – alors même que les poursuites pour entrée illégale sur le territoire tunisien avaient été abandonnées par la justice tunisienne.

Deux demandes d’extradition successives avaient été émises par la Libye à l’encontre de Baghdadi al-Mahmoudi. La première concernant son implication dans la fuite des infirmières bulgares, la seconde portant sur l’incitation au viol. Lors de la passation de pouvoir entre Béji Caïd Essebsi et Hamadi Jebali, désigné chef de l’exécutif en décembre 2011, une conversation avait été enregistrée à leur insu. Il y était question du Libyen. L’actuel président de la République tunisienne encourageait son successeur aux commandes du gouvernement à extrader l’ancien Premier ministre libyen. « En politique, il n’y a pas de principes », avait-il asséné pour expliquer un geste avant tout destiné à satisfaire Tripoli...

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