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Migrants de Calais, une crise humanitaire au cœur de la France selon les associations (RT)

par Russia Today 10 Juillet 2015, 20:16 France Calais Migrants Crise humanitaire

Cela ne se passe pas en Afrique mais bien en France. Quatre associations ont décidé de lancer «une opération de type humanitaire» dans le camp de migrant de Calais. Le but? Alerter les pouvoirs publics sur une situation de plus en plus intenable.

Avec une population de plus de 3000 personnes, le camp de migrants de Calais est au bord de l'asphyxie et revêt tous les aspects d'une crise humanitaire. C'est en tout cas le constat posé par quatre associations qui ont décidé de joindre leurs efforts.

A chacune sa tâche, et si Médecins du Monde soigne évidemment les réfugiés, le Secours catholique Caritas distribue des «kits-cabanes» avec planches et couvertures. Solidarités international installe des blocs sanitaires tandis que le Secours islamique distribue des colis alimentaires. Selon ces associations, citées par l'AFP, « la seule façon d'avoir de la dignité sur Calais, c'est d'avoir un camp organisé».

Leurs ressources s'élèvent à 300 000 euro à elles quatre. Avec cette opération, ce qui semblait réservée aux pires endroits miséreux de la planète et aux seules situations catastrophiques se passe tout aussi banalement dans le Pas-de-Calais.

Un camp en dessous des normes internationales

Maya Konsorti, membre de l'Association Auberge des Migrants, jointe dans le camp par RT France ne s'étonne pourtant pas: «Que les associations demandent une opération d'urgence de type humanitaire est plus que justifié. Il faut montrer à l'Etat défaillant ce qui doit être fait. On ne peut même pas parler de camp car l'installation de Calais se situe en-dessous des normes pour les camps internationaux de type HCR».

Selon les associations interrogées par RT France, les migrants disposent d'une toilette pour 100 à 120 personnes. Selon les normes internationales, c'est une toilette pour 50 personnes dans les situations d'urgence et une pour 20 dans les camps «classiques» du HCR.

«Ils dorment dans des abris de fortune faits de tôles et de planches; on se croirait dans les coins les plus pauvres d'Afrique. Les migrants nous disant d'ailleurs qu'ils n'en reviennent pas de devoir vivre comme des animaux en Europe».

En savoir plus: Mort d'un migrant dans le tunnel sous la Manche, trafic perturbé

Contacté par RT France, la Préfecture d'Arras n'a pas souhaité commenté l'initiative des quatre associations humanitaires. Mais elle se montre plus prolixe pour décrire ce qui a été mis en place par ses propres services: «L'Etat a créé le centre d'accueil Jules Ferry en dehors du camp. Il a été ouvert partiellement le 15 janvier dernier, puis totalement le 15 avril. Il sert sept jours sur sept un repas chaud, dont l'équivalent calorique est de deux repas. Nous avons pu servir jusqu'à 2300 migrants par jour. 300 prises électriques ont été prévues pour les portables, ainsi que des douches et des sanitaires».

La Préfecture indique également la création récente d'un centre d'hébergement pour femmes et enfants. D'une capacité de 150 places, il accueillerait, toujours selon la Préfecture, environ 100 femmes. Auberge des Migrants avance un autre chiffre: «La capacité d'accueil est de 100 femmes et enfants. Mais 120 femmes y vivent déjà, il est déjà en surcapacité. Pire, 30 femmes et enfants vivent encore dans la jungle».

Maya Konsorti regrette pourtant que le centre d'hébergement des femmes ait été construit si près du camp peuplé à majorité d'hommes: «nous avions demandé à ce qu'il soit loin du camp, mais on ne nous a pas entendu. Ces femmes doivent traverser la jungle et cela peut être dangereux pour elles. D'autant que l'éclairage de nuit n'a pas encore été installé».

De le «jungle» de Calais à la «jungle» administrative du droit d'asile

Au delà c'est aussi la question du droit d'asile qui se pose. Sur les 3000 migrants, un tiers est en effet demandeur d'asile en France.

Pour l'Association Auberge des Migrants, le constat est simple: il n'y a pas que la situation humanitaire qui soit catastrophique. La situation politique l'est également. Et de déplorer que les Etats français et britanniques «n'aident pas à construire des abris mais trouvent les fonds pour mettre des barrières partout».

«Faire une demande d'asile prend un temps fou. Si un migrant fait une demande d'asile aujourd'hui, il aura un rendez-vous pour seulement déposer son dossier pas avant octobre ou novembre. Il est donc dehors, sans ressource et sans abri, pendant 6 à 10 mois» s'insurge Maya Konsorti.

Du côté de l'Etat, on préfère souligner les efforts faits pour aider les migrants à se retrouver dans le dédale administratif du droit d'asile: «un renforcement dans l'information a été établi. Des maraudes sont organisées dans le camp pour expliquer aux réfugiés leurs droits en matière d'asile. Nous avons créé un service de navettes pour les transporter vers la sous-préfecture. Nous avons la volonté de les accueillir rapidement dans nos services pour qu'ils puissent faire leur demande. Une fois fois celle-ci déposée, ils peuvent alors être hébergés dans un centre d'accueil pour les demandeurs d'asile (CADA). Entre le dépôt du dossier et l'hébergement, cela peut aller très vite, entre un à trois jours, selon les capacités des CADA au plan national».

En savoir plus: Maire de Calais : l'Europe ne comprend rien de ce qui se passe sur le terrain

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