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Terrorisme : l'interpellation d'un "Blanc" sème la panique à Yaoundé (Mutations)

par Nadine Ndjomo 27 Juillet 2015, 13:04 Cameroun Terrorisme Interpellation Occidental Yaounde

La scène a eu lieu vendredi dernier devant la mosquée de Tsinga.

Depuis qu’un homme de race blanche a été arrêté à la mosquée de Tsinga, la ville est plus que jamais sous haute surveillance. Policiers, gendarmes sont postés dans tous les coins de la ville. Au quartier Tsinga où l’homme «blanc » a d’abord été interpellé avant d’être arrêté, les exégèses vont bon train. «Le blanc là avait des explosifs», «tu n’as pas vu la grosseur de ses poches, il devait dissimuler des choses», entend-on d’une conversation entre deux adolescents.

A un jet de pierre de là, un autre échange attire l’attention. «Les Blancs là veulent nous tuer. Ils sont déjà venus avec leur histoire de terrorisme là ici », s’exclame Myriam ; en regardant son interlocutrice, qui s’est contentée de taper dans les mains. Dans les taxis, en familles, ou sur les réseaux sociaux, c’est chacun qui appelle à plus de «vigilance parce que l’ennemi est plus proche ». D’autres internautes font des déclarations relatives à l’arrestation «de l’homme blanc bourré d’explosifs», à Yaoundé.

Or, d’après une source policière, l’homme arrêté n’avait pas d’explosifs. «Il a juste été interpellé et arrêté parce que son comportement était suspect», déclare-t-elle. «Les umra qui se trouvaient à la mosquée quand il y est arrivé nous ont confié, qu’il (le suspect) était vêtu d’une drôle de façon. Sur la tête, il portait une sorte de casque. C’est d’ailleurs ce qui a attiré l’attention des umra», explique-t-elle.

De plus, ajoute une autre source: «ce sont ses va et vient dans la mosquée, dans la cour, ainsi que les nuées de fumée qu’il rejetait de sa bouche après avoir tiré une bonne bouffée de cigarette qui ont conforté l’idée des umra sur le fait que (le Blanc) pouvait être un kamikaze. C’est suite à tous ces éléments suspects que la police a été alertée. L’heure est grave, mais les gens ne doivent pas laisser la psychose s’installer comme c’est le cas.» Le suspect a été conduit au commissariat du premier arrondissement, avant d’être relaxé.

«L’information selon laquelle le « Blanc » avait des explosifs est erronée», précise un autre policier. «Elle a dû être publiée par certains fidèles qui se trouvaient dans la mosquée. Mais nous ne sommes sûrs de rien», réitère-t-il. Toutefois, «le fait sur lequel on peut se prononcer est que cet homme a suivi une formation militaire», suppose la source. «Ses mensurations, sa manière de marcher, de soulever les bras et d’écarter les jambes, son regard illustrent nos arguments. Il avait des automatismes que seul un homme qui a été dans l’armée peut avoir. C’est rarissime chez un civil», a-t-il conclu.

© Mutations : Nadine Ndjomo

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