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Thomas Deltombe : « Le régime camerounais actuel est l’héritier direct du régime installé par la France au tournant des années 1950-1960...»

par Sam La Touch 12 Juillet 2015, 02:30 Articles de Sam La Touch France Françafrique Cameroun Dictature Biya François Hollande Thomas Deltombe

Thomas Deltombe : « Le régime camerounais actuel est l’héritier direct du régime installé par la France au tournant des années 1950-1960...»

Thomas Deltombe, co-auteur de Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) a souligné la continuité de la dictature Ahidjo installée par l'Etat français à la suite d'une répression sanglante contre les populations indépendantistes camerounaises et celui du dictateur actuel Paul Biya en place depuis près de 33 ans.

« Le régime camerounais actuel est l’héritier direct du régime installé par la France au tournant des années 1950-1960. Il fait partie du problème et non de la solution », a-t-il argumenté. Avant d’ajouter : « Que faisait Biya quand la France Assassinait Um Nyobé ? Il étudiait dans la section coloniale du lycée Louis-le-Grand, à Paris.Que faisait-il quand la France empoisonnait Moumié ? Il entrait tranquillement à l’Institut des études d’Outre-mer, toujours à Paris. Que faisait-il quand Ahidjo faisait fusiller Ouandié ? Il travaillait à la présidence du Cameroun et se préparait à devenir Premier ministre », a-t-il déclaré au Jour.

La dictature Biya succéda à la dictature Ahidjo avec la bénédiction des autorités françaises sous la présidence Mitterrand en 1982.

Un article du Monde intitulé " La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu" daté du 4 octobre 2011 ne disait pas autre chose :
"Si, encore aujourd'hui, le gouvernement français ment aussi effrontément, c'est parce que ce passé reste d'une actualité brûlante. M. Biya, formé à l'Ecole nationale de la France d'outre-mer au moment où la répression battait son plein au Cameroun, avant d'entrer au cabinet d'Ahidjo, de devenir son secrétaire général puis son premier ministre, est toujours au pouvoir aujourd'hui. Soutenu à bout de bras par la France malgré une répression aussi sournoise que permanente des mouvements populaires, il a autoritairement modifié la Constitution camerounaise en 2008 pour briguer un nouveau septennat. Au même moment, alors que la jeunesse camerounaise se soulevait contre ce coup d'Etat constitutionnel et contre la misère entretenue par le régime, son armée et sa police noyaient la révolte dans le sang, faisant plus d'une centaine de morts. Sans aucune réaction ou presque de la communauté internationale. "

Un autre article paru dans Le Monde en date du 23 juin 2008 intitulé "Comment le Cameroun est passé de la colonisation à la dictature" soulignait également la continuité de la dictature Ahidjo et celle de Biya sous la tutelle de l'Etat français :
"La France choisit le futur président Ahidjo, non sans avoir tout fait pour écraser le principal parti d'indépendance, l'UPC (Union des populations du Cameroun)... La répression contre l'UPC est d'une extrême violence : tortures, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements...Epaulées par l'armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des centaines de milliers de morts seront nécessaires pour venir à bout de l'opposition. Aujourd'hui, Paul Biya, héritier du régime Ahidjo, conserve le soutien de la France".

Et Hollande va traiter avec lui pour augmenter les parts de marchés pour les entreprises françaises dans un contexte où le dictateur françafricain semble se rapprocher de la Chine, conjoncture oblige, et à interroger le rôle trouble de la France auprès des terroristes islamistes dans la sous-région, surarmés avec des armes françaises tandis que les autorités françaises soutiennent assidûment les financiers du djihad situés dans les pays du Golfe. (Boko Haram : le double jeu de François Hollande).

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