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A Palmyre, le temple de Baalshamin détruit à l’explosif par les djihadistes (Le Monde)

par Louis Imbert et Florence Evin 24 Août 2015, 14:19 Syrie Palmyre Terrorisme EI Patrimoine culturelle Destruction

Trois mois après la prise par l’organisation Etat islamique (EI) de Palmyre, l’un des plus importants sites archéologiques préislamiques de Syrie et du Proche-Orient, les premières annonces de destructions majeures commencent à arriver. Le directeur des antiquités et des musées de Syrie, Maamoun Abdulkarim, a déploré dimanche 23 août l’anéantissement à l’explosif du petit temple de Baalshamin, un des joyaux du site antique.Sa cella, partie close, a été détruite et ses colonnes se sont effondrées.

Selonl’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui cite des habitants de Tadmor, la ville moderne proche du site, cette destruction a eu lieu il y a un mois. Aucune de ces vidéos devenues familières, montrant des djihadistes pioches et explosifs en main, n’a encore été diffusée par le groupe, qui semble ménager ses effets. Il y a moins d’une semaine, l’EI avait décapité l’ancien chef des antiquités du site, Khaled Al-Assaad, 82 ans. L’Unesco avait dénoncé le 3 juillet un « spectacle d’une perversité glaçante », après la destruction de bustes funéraires en place publique.

Cette oasis, située aux franges de l’Empire romain d’Orient, était sous l’empereur Tibère, au premier siècle avant notre ère, une cité caravanière de premier plan, plaque tournante des échanges entre la Chine, l’Inde, la Perse et Rome. En 139, Hadrien lui accordera le statut de province romaine. Ses commerçants financeront la construction de la cité antique, reprenant à leur compte « l’habillage » architectural gréco-romain – colonnades, chapiteaux corinthiens, frontons, pierres de taille.

Situé au nord du monumental temple de Bel – dédié au dieu Soleil, dieu de la foudre, divinité sémitique principale, et remarquablement conservé –, le petit temple de Baalshamin était un passage obligé des 150 000 visiteurs annuels du site avant que n’éclate la révolution en Syrie, en 2011.

« Ils n’arrêteront jamais ! »

Pierre Leriche, directeur de recherche au CNRS, responsable des fouilles du site de Doura Europos, situé à 300 km à l’est, est effondré : « Ils n’arrêteront jamais ! Entouré d’une colonnade, gracieux, délicat, c’était le plus beau [temple]. Très bien proportionné, intelligemment pensé, on le voyait depuis la terrasse de l’hôtel Zénobie. On ne pouvait le visiter, un arbre avait poussé à l’intérieur. Il était conservé jusqu’au sommet, avec sa frise au décor floral. » Baalshamin, divinité secondaire, était le dieu plus humain, intercédant en faveur du peuple.

Ce saccage n’est que le dernier épisode d’une destruction systématique du patrimoine préislamique sur le territoire contrôlé par l’EI. En février, le groupe avait détruit des trésors du musée de Mossoul et du site antique voisin de Ninive, dans le nord de l’Irak. En mars, il s’en prenait à la ville parthe d’Hatra, toujours en Irak, et le mois suivant aux vestiges de la capitale assyrienne de Nimrod...

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