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L'insouciance gouverne l'Occident (PCR)

par Paul Craig Roberts 22 Août 2015, 17:53 Articles de Sam La Touch USA UE Europe Migrants Crimes contre l'humanité Guerre Syrie Libye

L'insouciance gouverne l'Occident (PCR)
L'insouciance gouverne l'Occident
Article originel : Insouciance Rules The West
Par Paul Craig Roberts
PCR

Traduction SLT
L'insouciance gouverne l'Occident (PCR)

L'Europe est envahie par des réfugiés qui sont tombés sous le joug des politiques impérialistes de Washington et d'Israël au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces politiques sont responsables du massacre d'un nombre massif de civils. Les entrées de migrants en Europe sont si importantes que les gouvernements européens se disputent pour savoir qui prendra en charge les réfugiés. Hongrie envisage la construction d'un mur, comme les Etats-Unis et Israël auparavant, pour empêcher les migrants indésirables d'arriver sur leur terre. Partout dans les médias occidentaux il des articles se plaignent de l'afflux massif des migrants ; mais il n'y est nullement fait mention de la cause du problème.

Les gouvernements européens et leurs populations insouciantes sont eux-mêmes responsables de ces problèmes d'immigration. Depuis 14 ans, l'Europe a soutenu (particulièrement la France et la Grande-Bretagne, NdT) le militarisme agressif de Washington qui a assassiné et disloqué des millions de personnes qui n'avaient pourtant jamais porté atteinte aux Etats-Unis. La destruction de pays entiers comme l'Irak, la Libye, l'Afghanistan, et maintenant la Syrie et le Yémen (sans oublier la Somalie et le Soudan, NdT), et le massacre incessant des civils pakistanais par les États-Unis avec la complicité entière du gouvernement pakistanais corrompu et soumis, est à l'origine du problème des réfugiés que ces "crétins" (sic) d'Européens se sont créés eux-mêmes.


Dans le monde occidental l'insouciance des gouvernements et des peuples est la règle, et il en va probablement de même partout dans le monde. Il reste à savoir si la Russie et la Chine ont mieux saisi la réalité auquel elles sont confrontées.

Le lieutenant-général Michael Flynn, directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA) jusqu'à sa retraite en août 2014, a confirmé que le régime Obama n'a pas tenu compte de ses conseils et a pris une décision délibérée de soutenir les djihadistes qui composent maintenant l'Etat islamique (EI). Nous avons ici un gouvernement étatsunien inconscient, qui aveuglément permet l'autonomisation des différents éléments radicaux qui vont permettre à Washington de mener sa "guerre contre le terrorisme" et assurer la destruction de plusieurs pays. Tout comme les "crétins" (sic) d'Européens qui vont générer leurs propres problèmes de réfugiés, les "crétins" (sic) d'Etatsuniens vont générer leurs propres problèmes de terroristes. C'est stupide et cela n'a pas de fin.

Considérez la folie de la politique du régime Obama envers la Russie. Kissinger et Brzezinski, deux des pères fouettards les plus détestés de la gauche, sont étonnés par l'ignorance totale de Washington et de l'UE des conséquences de leur agression et de leurs fausses accusations envers la Russie. Kissinger a déclaré que la politique étrangère des Etatsunis est dans les mains de «personnes méconnaissantes de leur histoire ("anhitorique")», qui ne comprennent pas que "nous ne devrions pas nous engager dans des conflits internationaux si, nous ne sommes pa en mesure d'envisager la fin avant de lancer ces initiatives." Kissinger critique Washington et l'Union européenne en raison de leur idée erronée selon laquelle l'Occident pourrait agir en Ukraine à l'encontre des intérêts russes et recevoir l'aval du gouvernement russe.


Quant aux allégations stupides selon lesquelles Poutine est responsable de la tragédie ukrainienne, Kissinger a déclaré :

"Il est inconcevable que Poutine consacre 60 milliards d'euros pour aménager une station balnéaire en un village olympique pour ensuite débuter une crise militaire la semaine suivante après une cérémonie de clôture des jeux olympiques qui a dépeint la Russie comme partie intégrante de la civilisation occidentale."

Ne vous attendez pas à ce que les "abrutis de bas étage" (sic) que sont les médias occidentaux puissent remarquer et comprendre la signification de la déclaration de Kissinger.

Brzezinski a rejoint le point de vue de Kissinger en déclarant sans équivoque que "la Russie doit être rassuré sur le fait que l'Ukraine ne deviendra jamais un membre de l'OTAN."

Kissinger a raison, les Etatsuniens et leurs dirigeants ne savent pas tirer les leçons de leur histoire. Les États-Unis fonctionnent sur la base d'un a priori théorique qui justifie les opinions préconçues et les désirs étatsuniens. Ceci est une injonction pour la guerre, pour des catastrophes, et pour la disparition de l'humanité.

Même les commentateurs étatsuniens que l'on pourrait qualifier de brillants s'inscrivent dans une logique anhistorique en méconnaissant leur propre histoire. William Bikes a déclaré sur OpEdNews (18/08/15) que Ronald Reagan a préconisé la destruction de l'Union soviétique. Pourtant Reagan n'a pas fait une telle chose. Reagan était respectueux des dirigeants soviétiques et a travaillé avec Gorbatchev pour mettre un terme à la guerre froide. Reagan n'a jamais parlé de gagner la Guerre froide, mais seulement d'y mettre fin. L'effondrement de l'URSS est la conséquence de l'arrestation de Gorbatchev par les communistes purs et durs, opposés à la politique de Gorbatchev, et qui ont lancé un coup d'Etat. Le coup a échoué et a entraîné la chute du gouvernement soviétique. Reagan n'avait rien à faire avec cela et n'était plus en fonction. (N.B: PCR fut sous-secrétaire du Trésor dans l'administration Reagan, et se fait connaître comme l'un des pères fondateurs de la Reaganomics, notamment par sa contribution à la réforme du « Tax Act » de 1981, NdT).

Certains Etatsuniens qui méconnaissent leur propre histoire ne peuvent pas faire la différence entre les criminels de guerre Clinton, Bush, Cheney, et Obama, et Jimmy Carter, qui a passé sa vie à faire, et a essayé de faire de bonnes actions. A peine avons-nous appris que l'ancien président âgé à présent de 90 ans avait un cancer, que Matt Peppe nous divertit sur Counterpunch à propos du "sanglant héritage de Jimmy Carter" (18/08/15). Peppe décrit Carter comme un autre hypocrite qui professe les droits de l'homme, mais avait un "penchant pour l'effusion de sang." Que veut dire Peppe ? Que Carter n'a pas empêché l'effusion de sang initiée par des étrangers à l'étranger ? En d'autres termes que Carter a échoué en tant que gendarme du monde. La critique de Carter par Peppe, est bien sûr une critique néoconservatrice fade et fausse.


Peppe, comme tant d'autres, fait preuve d'une ignorance étonnante des contraintes politiques institutionnalisées existantes et pesant sur les présidents dans l'exercice du pouvoir. Dans la politique étatsunienne, les groupes d'intérêts sont plus puissants que les politiciens élus. Regardez autour de vous. Les organismes fédéraux créés pour surveiller le bien-être des forêts nationales, les espaces publiques, les milieux aquatiques et aériens sont dirigés par des cadres provenant des industries très polluantes qu'ils sont censés réglementer. Lisez le livre de l'éditeur de Counterpunch, Jeffrey St. Clair, "Born Under A Bad Sky", pour comprendre que ceux qui sont censés être contrôlés sont en fait ceux qui font la règlementation dans leur intérêt. L'intérêt public n'est nullement pris en compte.

Sans un fort parti politique derrière lui, des rangs duquel un président peut entraîner au sein d'une administration engagée des changements majeurs, le président est en fait captif des intérêts privés qui financent les campagnes politiques. Reagan est le seul président de notre temps qui a même eu un semblant de mouvement derrière lui, et les «Reaganites» dans leur administration ont été contrebalancés par les républicains de Bush.

Durant les années 1930, le président Franklin D. Roosevelt avait un parti politique derrière lui constitué par le mouvement des New Dealers. Par conséquent, Roosevelt était en mesure d'atteindre un certain nombre de réformes en souffrance telles que la sécurité sociale.

Pourtant, Roosevelt ne se considérait pas comme le chef. Dans son livre "l’Âge de l’Acquiescement" (2015), Steve Fraser cite le président Roosevelt déclarant en 1934 au secrétaire du Trésor, Henry Morgenthau : "Les gens que j’ai nommés les « changeurs d’argent du Temple » sont toujours les maîtres absolus. Il faudra de nombreuses années et peut-être plusieurs révolutions pour les éliminer".

Huit décennies après que Nomi Prins ait clairement fait savoir dans All The Presidents’ Bankers ("Les banquiers de tous les présidents", 2014), les "changeurs d'argent" ont toujours le contrôle. On ne pourra les déloger, sans le feu et l'épée.

Néanmoins, et ce sera toujours le cas aux Etats-Unis, les commentateurs croient vraiment qu'un président peut changer les choses, mais qu'il refuse de le faire parce qu'il se satisfait de l'état actuel des choses.

À moins d’une catastrophe majeure, comme la Grande Dépression, ou un problème de stagflation pour laquelle les solutions sont rares, tout président sans parti est dépassé par les puissants groupes de pressions privés, et parfois, même lorsqu'il dispose d'un parti solide.


Les intérêts (et le lobying) privés ont été autorisés par la décision de la Cour suprême républicaine permettant d'assurer aux multinationales de soudoyer le gouvernement étatsunien avec leur argent. Ce droit a été présenté comme un exercice de liberté d'expression garantie par la Constitution.

Pour être tout à fait clair, la Cour suprême des États-Unis a statué que les groupes de pression avaient le droit d'influencer le gouvernement étatsunien.

En vertu de cette décision de la Cour suprême, comment les États-Unis peuvent-ils encore prétendre être une démocratie ?

Comment Washington peut-il justifier ses massacres à caractère génocidaire comme une manière d'«apporter la démocratie » à ceux qu'il massacre ?

Tant que le monde ne se réveillera pas et ne se rendra compte que le mal absolu tient les rênes de l’Occident, l’humanité n’aura pas d’avenir.

Dr Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il était chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard Nouvelles Service et Creators Syndicate. Il a eu de nombreux postes universitaires. Ses chroniques sur internet ont eu un succès dans le monde entier. Les derniers livres de Roberts sont The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West and How America Was Lost.

URL de cet article : http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/08/l-insouciance-gouverne-l-occident-pcr.html

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