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« Tel-Aviv sur seine » : L’ignominie d’une Gauche en perdition (Expression.dz)

par Chems Eddine Chitour 18 Août 2015, 19:37 France Israël "Tel Aviv sur seine" Anne Hidalgo Parti socialiste Colonialisme Sionisme Apartheid

« Tel-Aviv sur seine » : L’ignominie d’une Gauche en perdition (Expression.dz)

«Mon Dieu protégez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge.» Voltaire

A l’initiative d’Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, une journée appelée pompeusement «Tel-Aviv sur Seine s’est déroulée dans une atmosphère délétère avec un dispositif policier généreux en nombre et sur les dents. L’opération «Tel-Aviv sur Seine», à laquelle Manuel Valls a apporté son «soutien total», a ouvert ses portes avec un dispositif de sécurité renforcé. C’est aussi la Spcj, le service de protection de la communauté juive de France, une sorte de milice qui décide de qui est autorisé à entrer au coeur de la manifestation. C’est une milice privée qui décide de qui entre. Sur l’autre rive plusieurs centaines de militants de la cause palestinienne protestent pacifiquement contre cet événement inique

La classe politique de gauche hypocrite comme à son habitude n’y voit pas de problème avec quelques protestations molles ça et là .Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, s’est voulu serein: «Je pense que malgré les protestations des uns et des autres chacun va revenir à la raison.» «Il est encore temps d’éviter une faute politique», a martelé quant à lui Eric Coquerel, conseiller régional du Parti de gauche (PG) Ile-de-France, et Danielle Simonnet, conseillère (PG) de Paris, dans une lettre ouverte à l’adresse d’Anne Hidalgo. La droite et l’extrême droite a joué la prudence, si elle n’adhère pas d’une façon franche, elle se garde de tout commentaire pouvant lui nuire lors des prochaines échéances

Pour rappel, au plus fort de la boucherie contre les ghazaouis « en pleine offensive israélienne à Ghaza, des manifestations de soutien aux Palestiniens, ont interdites en raison lit on sur une presse main stream des risques de violence, avaient dégénéré notamment dans le quartier populaire de Barbès, à Paris, et à Sarcelles. Dans cette ville où vit une importante communauté juive, un rassemblement non autorisé s’était transformé le 20 juillet en émeute urbaine aux relents antisémites.» (1).

Par réaction à l’ignominie de la mairie de Paris du fait de deux poids deux mesures, l’autre côté des Berges rebaptisé par leurs soins, «Ghaza sur Seine». Tout cela pour contempler la comédie humaine et donner une visibilité humaniste à Tel-Aviv qui nous dit-on est progressiste et n’a rien voir avec la politique du gouvernement. Cette initiative nous paraît scandaleuse en ce sens qu’elle commémore l’anniversaire du dernier carnage d’Israël vis-à-vis des Ghazaouis il y a un an.

Souvenons-nous pendant plus de trois semaines dans l’impunité la plus totale, le silence lâche des uns et la caution des pays occidentaux qui à l’unisson ont répété le slogan préparé par Israël -Israël a le droit de se défendre – Israël s’est en effet défendu en faisant passer de vie à trépas plus de 2000 personnes dont 500 enfants. Le calvaire de ces enfants innocents morts est toujours dans nos têtes, qu’Israël par sa politique laxiste a laissé des colons brûler une maison tuant le bébé Ali Dawabcheh, brûlé vif, ensuite son père qui succombe à ses blessures et enfin sa mère toujours dans un état grave brulée au troisième degré.

Le mutisme de la « Gôche » devant ce crime et la récompense « Tel Aviv sur Seine »

Y a-t-il eu une protestation des donneurs de leçon de la gauche en France? Rien ! Pas le moindre petit reproche. Au contraire, prenant appui sur une décision israélienne de faire semblant de chercher le terroriste, responsable de l’incendie- comme si cela était un acte isolé, alors que le racisme et la sensation d’appartenir une race élue imprègne d’une façon visible et invisible la société israélienne, on félicite le Premier ministre israélien qui a arrêté un lampiste extrémiste déclaré terroriste et proposé comme solde de tout compte pour ce meurtre abject pour lequel Israël est engagé.

Allant plus loin dans le catalogue habituel des exactions à l’endroit des Palestiniens , dans une contribution sans concession, Julien Salingue fait l’inventaire récent des exactions israéliennes et s’étonne que personne ne condamne :

«En Cisjordanie, les exactions commises par les colons israéliens se multiplient, jusqu’à avoir, récemment, entraîné la mort d’un bébé et de son père dans l’incendie criminel de leur maison. À Gaza, un an après l’offensive meurtrière de l’été 2014, le blocus se poursuit, et l’on vient d’apprendre dans un rapport de l’ONU que pour la première fois depuis 50 ans, la mortalité infantile était en hausse. À Paris, pour dénoncer ces crimes, on organise une grande fête sur les bords de Seine, en l’honneur de Tel-Aviv. Vous avez dit indécence?» (2)

«Mais il ne faut pas confondre Tel-Aviv, une ville, et Israël, un État!», disent-ils. L’argument pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi grave. Doit-on rappeler aux organisateurs de l’initiative que Tel-Aviv est la seule capitale internationalement reconnue d’Israël, siège de la quasi-totalité des ambassades? Doit-on préciser que l’agglomération de Tel-Aviv est de loin la plus peuplée du pays, avec près de 3.5 millions d’habitants, soit près de la moitié de la population du pays? Doit-on enfin rappeler que Tel-Aviv est la capitale économique et financière d’Israël, et aussi sa capitale technologique, où sont élaborées nombre de petites merveilles à destination de l’armée israélienne? Non, Anne Hidalgo, Tel-Aviv n’est pas une république autonome (…) Mais si Tel-Aviv était à ce point en rupture avec le gouvernement Netanyahou et les colons, et si «Tel-Aviv ce n’est pas Israël», comment comprendre le soutien apporté à Tel-Aviv sur Seine par le ministère du Tourisme israélien et l’ambassade d’Israël en France, et par des officines aussi amoureuses de la paix que le Crif ou, pis encore, la Ligue de défense juive? Non, Bruno Julliard, Tel-Aviv n’est pas la Commune de Paris».(2)

«Notre opposition à l’initiative de la mairie de Paris est donc une opposition politique à une initiative politique. Il s’agit de refuser qu’à l’heure où le blocus de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie se poursuivent, on célèbre Tel-Aviv et Israël sur les bords de Seine dans une ambiance chaleureuse et festive. Il s’agit de rejeter toute tentative de blanchiment d’un État qui, tout en piétinant quotidiennement les résolutions de l’ONU et le droit international, essaie par tous les moyens de séduire les opinions publiques occidentales par des opérations de communication bien huilées..(..) Et oui, nous continuerons de critiquer Israël, État hors-la-loi, y compris en défendant le boycott des institutions israéliennes, à défaut de sanctions adoptées par les États censément garants du droit international». (2)

Pour Bertrand Heilbronn, secrétaire général de l’Association France Palestine Solidarité, c’est une opération de communication masquée derrière une image prétendument positive de Tel-Aviv pour essayer de faire oublier la politique israélienne vis-à-vis du peuple palestinien. L’image de Tel-Aviv prétendument libérale est mise en avant pour «blanchir» l’image d’Israël. (…) Il y a probablement une joie de vivre à Tel-Aviv mais surtout une grande inconscience.

A quelques kilomètres de là se trouvent le mur et la bande de Gaza. (…) Dire que Tel-Aviv est une ville d’opposition est faux. C’est la capitale, économique et politique, de l’Etat d’Israël, pour tous les gouvernements qui ne reconnaissent pas l’annexion de Jérusalem. (3)

Les évolutions récentes d’un statut quo

Dans un article du Monde du 12 août, Benjamin Barthe retrace finement les fondements de cette initiative et les transformations de la perception visà vis de la cause palestinienne tout en pointant du doigts l’arme fatale qui consiste à traiter d’antisémite toux ceux qui critiquent la politique israélienne et son impunité dans les territoires occupés :

«Un an après la controverse suscitée par l’interdiction de certaines manifestations de solidarité avec la bande de Gaza, la société française se crispe une nouvelle fois sur la question israélo-palestinienne. (…) Les défenseurs de cette opération vantent une simple fête,(…) Les membres du Parti Socialiste raisonnent simplement, comme la plupart de leurs collègues de droite et de gauche, avec la grille d’analyse du processus d’Oslo(…) Un paradigme qui présuppose que les torts sont également partagés, que les deux parties sont animées de bonne volonté et qu’en les réunissant donc autour d’une même table la paix finira par émerger sous la forme de deux Etats pour deux peuples. A ce titre, tout projet visant à créer du lien, notamment par la culture, est bon à prendre.» (4)

«En face, les pourfendeurs de Tel-Aviv sur Seine, n’en déplaise à certains pro-israéliens aveugles, ne sont pas des antisémites masqués. Si la mouvance pro-palestinienne rejette de plus en plus le discours des élites politiques et médiatiques sur ce dossier, c’est parce que, contrairement à celles-ci, elle n’est plus imprégnée de la culture d’Oslo, de son langage et de ses tics. Manifestants d’un jour ou militants de longue date, les pro-palestiniens des années 2010 ne voient plus dans les violences qui ensanglantent la région l’affrontement de deux nationalismes qu’il faut réconcilier, mais un système de discriminations et d’apartheid, qu’il faut mettre à bas. Le maître mot dans les années 1990 était «négociation». Son homologue aujourd’hui est BDS, l’acronyme du mouvement Boycott Désinvestissement Sanction, qui réclame des sanctions contre Israël. Son ambition est de rompre le sentiment de normalité, dont Tel-Aviv est le symbole, qui permet aux Israéliens de garder la tête dans le sable.» (4)

Benjamin Barthes énumère ensuite trois causes de cette évolution :

«La première cause de cette rupture est générationnelle. Pour les jeunes qui ont protesté contre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza en été 2014, (…) Les événements fondateurs de leur engagement sont l’attaque de la flottille de Gaza, la construction du «mur de l’apartheid», le bouclage de la bande de Gaza ou l’offensive «plomb durci» contre ce même territoire. Une litanie de crimes de guerre et de violations du droit international, où ils peinent à trouver une trace de bonne volonté israélienne.» (4)

«La deuxième raison est politique. En vingt ans, l’opinion israélienne a dérapé à droite. (…)
Les militants pro-palestiniens, s’ils ont des défauts, n’ont pas celui-là. Depuis le début de la deuxième intifada en 2000, des milliers d’entre eux se sont rendus en Cisjordanie et en Israël dans le cadre de missions de solidarité. La troisième raison, enfin, est culturelle. (…)On sait ce qu’il est advenu d’Oslo. Tué à petit feu par le terrorisme, la colonisation et le refus des dirigeants israéliens de laisser se créer, en Cisjordanie et à Gaza, un état digne de ce nom. (…) le Parti Socialiste en tête, devrait commencer son autocritique. La grille d’analyse qu’elle applique au conflit israélo-palestinien est définitivement périmée.» (4)

Le point de vue du maire de Tel-Aviv: une oasis de paix et de tolérance

Avec beaucoup de retard et sans aucun argument réel Anne Hidalgo , tente de convaincre que l’innocence de cet évènement décidé en mai Elle rappelle ce qu’à fait Paris avec d’autres villes :

« Après Athènes, des villes du Brésil ou de Polynésie, nous avons décidé d’accueillir Tel-Aviv durant la journée du 13 août. Cette idée, finalement banale pour qui aime les villes au bord de l’eau, est née autour d’un déjeuner que les élus des deux villes ont partagé lors du déplacement du Conseil de Paris en Israël et en Palestine au mois de mai. Pourquoi Tel-Aviv? Une ville progressiste (…) je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement.» (5)

« il serait injuste, poursuit Mme Hidalgo, de « rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement. Ce serait mépriser la démocratie locale et donc la démocratie tout court Nos pactes d’amitié avec Tel-Aviv ou Haïfa ne nous ont pas empêchés en tant que ville, de reconnaître la Palestine avant l’Etat français; d’être solidaires de la population de Gaza en mobilisant des aides d’urgence après les destructions de l’été dernier, et surtout d’avoir avec des villes palestiniennes, comme Jéricho et Bethléem, parmi nos plus importantes coopérations décentralisées en cours dans le monde. Au Moyen-Orient comme ailleurs, la doctrine de Paris est intangible: elle consiste à encourager plutôt qu’à réprimander, à échanger plutôt qu’à boycotter, à dialoguer plutôt qu’à excommunier.» (5)

Belle empathie à laquelle on souscrirait à pieds joints si Tel Aviv était une ville normale , car à vouloir la détacher de l’ensemble faisant croire que c’est uen singulairté, c’est une erreur et une faute . D’abord il faut savoir que TelAviv n’est pas qu’une ville c’est aussi un ensemble avec sa périphérie de près de 50 %de la population Sans oublier d’ajouter la population israélienne (celle de Tel Aviv comprise) a soutenu à plus de 90% la dernière opération contre Gaza,

Anne Hidalgo tente de nous convaincre que Tel Aviva protesté contre l’assassinat du bébé , «C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques.» C’est un double mensonge: les activistes israéliens présents sur place ont eux-mêmes regretté la faible affluence de ce rassemblement. Ceux qui y étaient, comme l’écrivain israélien Edgar Keret, ont été effarés de voir la place Ithzak Rabin «à moitié vide ». De plus, la décision en faveur de Tel-Aviv a été prise avant le meurtre du bébé.

Parlant de sa politique d’équilibre pourquoi avec son prédécesseur n’a-t-elle pas accroché le portrait de Salah Ammouri franco-palestinien détenu dans les geôles sur le fronton de la mairie de Paris comme cela a été fait pour le soldat Shalit qui a bénéficié d’une publicité monstre dans les médias au point que les parents israéliens de Gilad Shalit ont été reçus à l’Élysée contrairement à la maman française de Salah Ammouri qui ne l’a jamais été.

Grâce à Anne Hidalgo, Paris capitale de l’apartheid israélien

Pour Youssef Boussoumah membre du PIR (Parti des indignés de la République), Tel Aviv sur Seine est une provocation d’un cynisme surréaliste. Il écrit: «Signé en mai dernier entre Anne Hidalgo et son homologue le maire de Tel-Aviv, ce partenariat entre Paris et la capitale d’un Etat, dont la traduction devant la CPI se fait de jour en jour plus certaine, a de quoi scandaliser tous ceux qui refusent de reléguer au niveau d’un fait divers la mort de milliers de femmes et d’enfants innocents. (…) A qui fera-t-on croire comme le prétend madame Hidalgo que ce partenariat n’est «qu’un évènement festif», qu’il ne concerne que la ville de Tel-Aviv flottant au-dessus du monde et des réalités alors qu’à quelque km seulement de cette bulle, un mur étrangle près de 2.5 millions de Palestiniens et que chaque jour des dizaines de check-points empêchent toute vie normale? (…) Comment espère-t-on faire croire que Tel-Aviv sur Seine n’est pas un évènement politique alors que des groupes ultra pro Israéliens comme la LDJ ou le Bnvca s’y donnent déjà rendez-vous et que des soutiens inconditionnels de la politique israélienne s’en réjouissent sur les réseaux sociaux? Ainsi, Patrick Klugman, adjoint au maire de Paris, chargé des relations internationales et de la francophonie, qui l’an dernier justifiait l’agression contre Gaza, se répand sur la chaîne pro-israélienne I24 pour se réjouir que «BDS cette fois-ci n’aura pas le dernier mot». Comment madame Hidalgo peut-elle feindre d’ignorer un État qui organise des châtiments collectifs, qui nourrit de force les prisonniers en grève de la faim, qui emprisonne des enfants ou des gens sans jugement pour des périodes quasi illimitées??Les crimes de guerre de l’armée israélienne sont si patents que d’ores et déjà des ONG comme Amnesty International les ont récemment dénoncés et que des officiels, officiers supérieurs de l’armée israélienne, n’osent plus sortir du territoire israélien de crainte d’être interpellés.» (6)

Sayed Hasan inscrit cette initiative de la mairie de Paris dans une fresque large de la compromission des élites françaises. Il écrit

«(…)Deux exemples éloquents indiquent assez que le collaborationnisme est profondément ancré au sein d’une certaine élite « républicaine » française, et qu’il y aurait tout à fait lieu de parler, au-delà du fameux Syndrome de Stockholm, d’un véritable « Syndrome de Paris » pour désigner ce « fin’amor françois » historique pour les Occupants étrangers. En 1870, après la débâcle de Sedan et la chute du Second Empire, la IIIe République fut proclamée à Paris, à la grande frayeur des possédants. Malgré l’état de guerre et la présence des troupes prussiennes sur le sol national, l’élite politique et économique française ne redoutait pas tant l’ennemi de l’extérieur que celui de l’intérieur, appréhendant dans une terreur sacrée une victoire du peuple français en armes qui pourrait entrainer un bouleversement des structures économiques et sociales. Ainsi l’effort du « Gouvernement de défense nationale » qui fut constitué par la confrérie des Jules – Favre, Simon, Ferry, coiffés par Trochu et (Adolphe) Thiers – consista-t-il principalement à saboter toutes les velléités de résistance populaire et à rechercher un armistice avec Bismarck au plus vite et à tout prix »(7).

« La perte de l’Alsace poursuit l’auteur et de la Lorraine paraissait bien négligeable au regard de la « défense sociale », de la préservation des privilèges et de l’ordre établi, et après la trahison de Bazaine et le simulacre du siège de Paris, elle put enfin être imposée à la Nation. Il fut alors temps, enfin, de retourner les canons français contre le véritable ennemi, à savoir les faubourgs de Paris, sous l’œil approbateur de Bismarck. L’historien Henri Guillemin a minutieusement démontré cela dans sa trilogie sur Les Origines de la Commune (Cette curieuse guerre de 1870, L’Héroïque défense de Paris et La Capitulation), synthétisée dans sa série de conférences éponyme ».(7)

En 1940, il en est plus ou moins allé de même. Les élites politiques et économiques françaises ont vu dans l’Allemagne nazie un péril infiniment moins grand que le danger socialiste (à cette époque, cette doctrine n’avait pas encore été dévoyée et portait des valeurs authentiquement progressistes), et, plus encore, ont considéré qu’un « désastre » militaire pourrait permettre à la France de renouer avec ses traditions réactionnaires et d’abroger les nombreuses hérésies introduites par le Front Populaire. Ce fut notamment tout l’effort de Pétain, qui œuvra en ce sens au moins à partir de 1936. Et autour de lui, nombreux sont ceux qui firent Le choix de la défaite, pour reprendre le mot de l’historienne Annie Lacroix-Riz. Encore une fois, Henri Guillemin a établi ces faits dans ses ouvrages Nationalistes et nationaux (1870 – 1940) et La vérité sur l’Affaire Pétain, condensés dans sa série de conférences correspondante ».

« Dans un cas comme dans l’autre, Paris fut occupée par l’ennemi, la Prusse bismarckienne en 1871, l’Allemagne nazie en 1940. Il est difficile de parler d’autre chose que de haute trahison de la part des élites françaises, bien que la tradition politique et historiographique continue à porter la plupart de ses protagonistes aux nues – à l’exception de Pétain, que certains voudraient réhabiliter : ils ont raison dans le sens où Pétain n’a fait que perpétuer une tradition de collaborationnisme fermement ancrée dans la République, mais en prenant pour cible le régime républicain lui-même et les Juifs, et non plus le prolétariat français. Il ne peut en aller autrement, tant nos élites restent engagées sur cette ignoble voie.

Mais s’il est établi que les élites françaises, corrompues et apatrides, n’ont eu de cesse de bafouer les intérêts du peuple et de la Nation au moins depuis la IIIe République, qu’en est-il du peuple français ? Comment a-t-il accueilli l’Occupant étranger en 1871 et en 1940 ?

« Henri Guillemin rapporte que « Les Prussiens sont entrés à Paris le 1er mars [1871], et Paris s’est comporté d’une manière très noble. Il faut se souvenir de ce qui s’était passé lors de l’entrée des Alliés – et en particulier des Cosaques – dans Paris en 1815. On avait assisté à des scènes hideuses. Lorsqu’ils étaient entrés dans les quartiers populaires, ça n’avait pas bougé, mais lorsqu’ils sont arrivés dans les quartiers riches, sur les grands Boulevards, ça avait été des ovations. Les femmes du monde montaient en croupe sur les chevaux des Cosaques, qui étaient les ‘libérateurs’, ces étrangers qui venaient ramener le Roi. Le 1er mars 1871, on ne voit rien de semblable, alors que cette fois-ci, les Allemands rentrent par les beaux quartiers de Paris – ils entrent par Neuilly, par le 16e et par le 8e arrondissement , par les Champs-Elysées. Tout le monde a fermé les fenêtres, toutes les boutiques sont fermées : ils entrent dans un silence de mort. »

« Puis, lorsque la mystification de la pseudo-famine – qui aurait imposé l’armistice – et la haute trahison des élites furent révélées au peuple de Paris, ce fut une explosion générale d’indignation qui culmina avec la Commune, dans laquelle les Parisiens de toutes les couches sociales s’engagèrent le 26 mars 1871 en votant massivement pour les « rouges » : ceux-ci avaient été écrasés aux élections de 1870, mais triomphaient à présent comme les seuls défenseurs authentiques de la Patrie. En 1940, alors que même un petit pays comme la Hollande, vaincu et occupé par les Nazis, pouvait s’enorgueillir de la nomination de l’Allemand Seyss-Inquart pour le diriger (la Reine Wilhelmine proclama que « Le rouge de la honte nous serait monté au visage si l’envahisseur avait choisi pour ce poste quelqu’un de notre nationalité. Cette ignominie du moins nous aura été épargnée. »), la France n’eut pas ce bonheur. Elle fut le seul pays à s’engager dans la voie de la reddition la plus déshonorante, de la collaboration et même du collaborationnisme forcené avec l’Occupant par le biais de son plus haut représentant légal, maréchal de surcroît, (…) Il fut suivi par la grande majorité des Français, qui l’acclamèrent jusqu’au 26 avril 1944 (…).»(7)

Julien Salingue a raison de conclure sur la finalité de cette mascarade macabre à savoir donner une visibilité au tourisme israélien :

«Il faut être naïf dit-il , aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas comprendre que, pour l’État d’Israël et ses soutiens, l’initiative Tel-Aviv sur Seine est une opération éminemment politique, en donnant à voir le visage «ouvert» et «festif» d’un État dont l’image est de plus en plus dégradée sur la scène internationale en méditant ces propos d’Hila Oren, responsable du Tel-Aviv Global & Tourism,: «La marque Tel-Aviv est un outil de contournement du conflit [car] Israël est un label difficile à vendre.»(2)

De notre point de vue, dans cette affaire la gauche a perdu, une fois de plus, son âme et à la lecture de cette constante collaboration des élites françaises- contre leur peuple- pour garder le pouvoir, cette compromission avec l’ignominie s’explique par la nécessité pour les politiques de passer à travers les gouttes de pluie et de ne pas assumer devant la face du monde leur responsabilité. Ce qui arrive aux Palestiniens est une ignominie disait le président Carter. On a beau habiller cet évènement d’anodin, de festif, il n’empêche il a une profonde signification en ce sens qu’il conforte qu’Anne Hidalgo le veuille ou non Israël dans sa politique de fuite en avant. Il n’est nullement question de juifs de musulmans voire d’antisémitisme- ce mot désigne pourtant à la fois les Arabes et les israéliens- Il s’agit de rendre sa dignité à un peuple qui souffre le calvaire depuis près d’un siècle et qui ne demande qu’à vivre en paix sur les 22 % qui lui restent de sa Palestine originelle.

Voltaire à bien raison de nous mettre en garde contre nos amis ou supposés tels…. En l’occurrence une Gauche généreuse , humaniste, qui dit le droit, bref une Gauche à la Edgard Morin :

« Une gauche notion complexe, dans le sens où ce terme comporte en lui, unité, concurrences et antagonismes. L’unité, elle est dans ses sources : l’aspiration à un monde meilleur, l’émancipation des opprimés, exploités, humiliés, offensés, l’universalité des droits de l’homme et de la femme. Ces sources, activées par la pensée humaniste, par les idées de la Révolution française et par la tradition républicaine, ont irrigué au XIXe siècle la pensée socialiste, la pensée communiste, la pensée libertaire… Certes, il nous faut d’abord résister à la barbarie qui monte. Mais le “non” d’une résistance doit se nourrir d’un “oui” à nos aspirations. La résistance à tout ce qui dégrade l’homme par l’homme, aux asservissements, aux mépris, aux humiliations, se nourrit de l’aspiration, non pas au meilleur des mondes, mais à un monde meilleur. Cette aspiration, qui n’a cessé de naître et renaître au cours de l’histoire humaine, renaîtra encore.» (8)

Rien à ajouter.

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