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Un maire allemand veut plus de migrants pour donner «une chance» à sa ville (Russia Today)

par RussiaToday 16 Août 2015, 17:46 Allemagne Migrants Goslar Olivier Junk

Oliver Junk, le maire de Goslar, ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, a créé un buzz par sa politique migratoire extraordinaire. Le maire veut accueillir plus de migrants pour stimuler la population et l’économie en baisse de la ville.

La ville avec la population de 50 000 habitants, située à 70km au sud de la capitale de Hanovre, au pied des montagnes de Harz fait face en ce moment une crise démographique sévère.

Au cours de la dernière décennie, la population a baissé de 4 000 têtes et perd aujourd’hui jusqu’à 2 000 personnes par an. En cause : la mortalité d’une population vieillissante et l’exode des jeunes pour les grandes villes. Le maire, qui fait partie de l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne refuse que Goslar devienne une ville fantôme. À l’inverse des politiciens européens qui repoussent les migrants qui fuient la guerre et la violence au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, le maire Junk fait tout son possible pour les attirer à Goslar. En 2014, la ville a accueilli environ 50 migrants et 41 cette année en 2015.

Une pratique qui contrevient au système allemand qui veut que les villes se répartissent les migrants selon un système de quotas formel, basé sur la taille de la population et les revenus par tête. Ainsi, plus une ville est grande et riche, plus elle doit accueillir de réfugiés.

«Ce système est absurde, car dans les grandes villes il y a souvent un manque de logement alors qu’à Goslar il y a de l’espace», a affirmé Junk au quotidien britannique the Guardian.

«Nous avons beaucoup de logements libres et, au lieu de les regarder s’effriter, nous pourrions donner de nouvelles maisons aux migrants, les aider et, ainsi, donner un avenir à notre ville», a-t-il ajouté.

Junk dit que ses appels aux autres hommes politiques à adopter «le modèle de Goslar» ailleurs ont été ignorés. «Il me disent que «les règles sont les règles». C’est typique de la rigidité allemande : toujours travailler avec des concepts arrêtés au lieu d’autoriser les idées nouvelles. À ceux qui me disent que l’Allemagne est pleine ou que nous ne pouvons pas supporter ces dépenses, je dis de penser à notre passé et à notre avenir. Bien sûr, que nous pouvons supporter ces dépenses. Nous sommes un pays riche et nous avons l’obligation d’aider ceux qui en ont besoin», a dit le maire à the Guardian.

Il espère que trois Syriens de 17 ans, qui sont arrivés de la Syrie en mai, s’arrêtent à Goslar. «Il y a de bonnes chances qu’ils disent : «cette ville m’a bien traité, je voudrais en faire ma nouvelle maison», affirme-t-il.

«En chacun de ces jeunes gens et chez tous les réfugiés, il y a une chance pour l’Allemagne», dit Junk.

Néanmoins, sa politique pro-migratoire fait un tollé chez de nombreux opposants. L’extrême-droit a prévu de manifester à Goslar le 29 août 2015, sous le slogan «perspectives, pas une migration massive».

Le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maiziere a déclaré plus tôt cette semaine les demandeurs d’asile qui arriveront en Allemagne cette année dépassera les 400 000 candidats prévus par son ministère. L’Office fédéral pour la migration et les réfugiés a prédit que le nombre de demandeurs d’asile atteindra jusqu’à 450 000 personnes cette année – deux fois de plus qu’en 2014.

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La tradition allemande d’accueillir les réfugiés a été largement perçue comme une réponse de Berlin à son tristement célèbre passé nazi, qui a vu un grand nombre de Juifs fuir le pays pour échapper aux persécutions du régime d’Hitler.

Cependant, la politique moderne pro-migratoire de l’Allemagne a causé beaucoup de tensions dans le pays. Durant les premiers six mois de l’année 2015, 150 incendies ou d’autres types d’attaques qui ont détruit des abris de réfugiés, a rapporté Reuters.

Environ 5 000 militants de PEGIDA ont marché à travers Dresde lundi 10 août au soir, dans une manifestation contre les demandeurs d’asile et l’islam.

Une manifestation similaire avait eu lieu au mois de juillet 2015, au cours de laquelle des milliers des partisans de PEGIDA ont marché à travers les rues de Dresde et de Munich. Leurs opposants tenaient en même temps des contre-manifestations. Les manifestants, portant des drapeaux allemands et chantant l’hymne national, arboraient des panneaux dénonçant le «fanatisme religieux» et l’«islamisation de l’Europe». Les contre-manifestants marchaient en faveur d’une politique migratoire plus amicale pour mettre fin au racisme. La présence policière a été augmentée alors que des confrontations étaient attendues, mais les événements se sont déroulés de manière pacifique et aucune arrestation n’a été faite.

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A son point culminant, PEGIDA avait attiré jusqu’à 25 000 personnes dans les rues de Dresde lors d’une manifestation anti-migratoire en janvier 2015. La rhétorique anti-migratoire constituait une gêne publique pour le gouvernement d’Angela Merkel qui avait alors proposé une nouvelle loi migratoire pour stimuler l’intégration des migrants et interdire aux combattants islamiques qui sont partis en Syrie et en Irak pour lutter aux côtés de Daesh de revenir en Allemagne.

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