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13 septembre 1958 : quand la France des Ahidjo et Biya assassinait Um Nyobè

par Rebecca Tickle 14 Septembre 2015, 16:43 Um Nyobe Biya Françafrique France Cameroun Ahidjo Articles de Sam La Touch

Um Nyobè, sacrifiant sa vie civile dans la fonction publique pour rejoindre le maquis en dernier recours, est exécuté 4 ans plus tard en pleine forêt de Boumnyèbel du pays bassa, après une traque sans merci.

Comprenons bien la torsion tropicale de la définition du mot, l'indépendance de façade qui entre en vigueur au Cameroun dès le 1er janvier 1960, signée par la France coloniale avec la France néocoloniale, et qui ne pouvait en aucun cas s'appliquer sereinement avec l'existence d'un Um Nyobè omniprésent et déterminé.

Comprenons bien que l'assassinat du résistant Um Nyobè prouve noir sur blanc que le Cameroun n'a bel et bien jamais été indépendant jusqu'à ce jour. Les deux gouvernants du Cameroun post-colonial, Ahidjo et Biya, n'ont été que des gérants pour le compte du propriétaire France.

Comprenons bien, à travers l'assassinat d'Um Nyobè le 13 septembre 1958, que le Cameroun est illégalement occupé par la France depuis 55 ans et 9 mois, avec la complicité indispensable des gérants locaux.

Malgré l'obligation absolue de rappeler cette date au Cameroun et en Afrique chaque année, toute virulence de fabrication nouvelle à ce sujet aujourd'hui, dans l'ignorance manifeste des divers efforts socio-politiques au sein de la société civile camerounaise de ces dernières décennies quels qu'ils aient été, et dans une incohérence médiatique cacophonique, ne peut être prise qu'avec grande précaution.

L'absence de consensus authentique et sans arrière-pensées est le plus grand ennemi des esprits bien-pensant au Cameroun d'aujourd'hui. N'importe qui peut venir faire son beurre avec une stratégie construite sur la faiblesse de la mémoire nationaliste dans des esprits colonisés en éveil. L'absence de l'inculpation de cette mémoire est calculée méthodiquement pour maintenir le citoyen moyen dans la confusion le plus longtemps possible.

Le profito-situationnisme omniprésent étant le sport lucratif par excellence dans les sphères autoproclamées intellectuelles, comprenons que les premières victimes de la manigance, sont les assoiffés d'une dignité trop longtemps refoulée et dont l'intégrité n'est pas encore retrouvée. Pendant que la masse se bat avec la velléité naturelle d'une respectabilité élémentaire, d'autres se font beaucoup d'argent et d'honneurs mal acquis. Sans compter ceux qui cassent juste pour casser, cerise sur le gâteau de la diversion ambiante.

L'honneur ne s'arrache pas, il se mérite par les actes.

Ruben Um Nyobè a été assassiné le 13 septembre 1958 par le gouvernement français. La France des gouvernants de la sous-région de maintenant. Ne feignons pas de l'apprendre et de s'en offusquer aujourd'hui. Rappelons-nous en simplement, sans faire semblant que c'est arrivé seulement hier.

Et qu'en avons-nous fait, depuis 33 ans notamment? Qu'avons-nous fait, chacun individuellement, pour lutter contre la tyrannie néocoloniale au Cameroun (gérance y compris) jusqu'à ce jour?

« Les travailleurs africains n'ont jamais obtenu un Code de Travail et celui que le Gouvernement se propose de leur imposer porte en son article 2, le rétablissement intégral du travail forcé. » (Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l'UPC », Dschang, 10 avril 1950).

Quiconque vient nous dire que la lutte commence aujourd'hui est un menteur. Et le mensonge poursuit forcément un objectif.

La lutte néocoloniale est là depuis plus de 55 ans, avec en plus les deux décennies de lutte anti-coloniale en amont.

Comprenons que quand Paul Biya compare Boko Haram aux maquisards, sous-entendu d'Um Nyobè bien sûr, et que les hommes-de-bien ne réagissent pas au Cameroun, cest que la mémoire nationale continue à être bafouée dans le silence - par un bon Camerounais en l'occurrence - 55 ans après l'immense moquerie de la signature du traité d'indépendance du Cameroun.

Ruben Um Nyobè a été assassiné le 13 septembre 1958 par la France d'Ahidjo et de Biya.

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