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A quoi joue la Russie en Syrie ? Trois hypothèses

par Sam La Touch 19 Septembre 2015, 13:28 Articles de Sam La Touch Russie Syrie USA Geopolitique Terrorisme

A quoi joue la Russie en Syrie ? Trois hypothèses

Difficile de savoir ce que prépare la Russie en Syrie. Face à l'avanche d'informations contradictoires, de manipulation, de propagande, de vérités et de contre-vérités, on ne peut que faire des supputations et se borner pour le moment à des hypothèses.

Selon les sources étatsuno-sionistes, la Russie déploierait des militaires en nombre à Lattaquié ainsi que des avions de chasse. La Russie, si elle reconnaît renforcer son soutien militaire à Assad dans un contexte où le territoire syrien se réduit comme peau de chagrin face à l'avancée des terroristes d'Al-Nosra ou de l'Etat islamique (EI) soutenus directement ou indirectement par les forces atlantistes et leurs alliés du Golfe, cultive le plus grand flou. Ce qui n'a de cesse d'agacer Washington qui ne sait plus sur quel pied danser.

Ce qui est évident, c'est que la Russie et l'Iran ont tout à perdre de l'effondrement de la Syrie car ces deux derniers pays sont les prochains sur la liste des "changements de régime" voulus par les puissances occidentales. D'ailleurs nombre de terroristes de l'EI formés par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite sont de nationalité russe, certains sont même d'anciens rebelles Tchéchènes.


Alors que font les Russes en Syrie ? Ils défendent leurs intérêts géopolitiques et essayent de se repositionner au Moyen-Orient face à la montée des terroristes islamistes qui pourraient mettre à mal la Fédération de Russie.

Mais de quelle manière ? La Russie hésite à se déployer en masse en Syrie. Le risque est de se retrouver enfermé dans un bourbier à l'Afghane dont elle ressortirait profondément affaiblie et dont les Etats-Unis aimeraient bien les enfermer tout en craignant qu'ils en sortent victorieux comme en Crimée ou dans le Donbass. On sait également que la Russie ne soutient le gouvernement Assad que par opportunité politique et surtout à des fins de stabilisation de la région. La Russie n'a-t-elle pas lâché Kadhafi et n'était-elle pas prête également dès 2012 à lâcher Assad malgré l'opposition occidentale et israélienne dont le plan principal était de détruire la Syrie et la balkaniser à l'aide des troupes terroristes qu'ils instrumentalisent sur le modèle de ce que la France de Sarkozy et la Grande-Bretagne de Cameron ont fait en Libye dans le cadre d'une stratégie otanienne ? Alors si les Russes ne peuvent que soutenir Assad dans le contexte actuel, il est difficile de savoir ce qu'ils programment en Syrie et c'est en maintenant le doute qu'ils font paniquer Washington qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Le dernier plan étatsunien était de commencer à créer une zone tampon en Syrie à la frontière turque pour balkaniser la Syrie comme leurs alliés atlantistes l'ont fait en Libye. Le plan déjà révélé par la Brooking institute il y a plusieurs mois s'intitule : "Déconstruire la Syrie : Vers une stratégie régionalisée pour un pays confédéral." C'est à cette fin que le "neutralisateur" François Hollande - dénommé par la presse française "chef de guerre" - est entré en guerre sans mandat de l'ONU en violation du droit international à la manière d'Israël, de la Grande-Bretagne et des autres pays de la coalition étatsunienne dans la région. L'envoi d'avions français vise avant tout à contrôler cette "no fly zone" que veulent imposer les Etats-Unis et les Turcs. Elle sera dirigée dans un premier temps par des terroristes qui leur sont favorables.

Face aux Etats-Unis qui ont obtenu d'installer des troupes militaires et des avions de chasse dans la base turque d'Icerlink, la réponse russe à Lattaquié pourrait être celle du berger à la bergère.

Ce rééquilibrage des forces (réelles ou fictives) ont amené les Etats-Unis à aménager leur stratégie dans l'attente de savoir si les Russes bluffent ou si ils intensifient réellement leur engagement afin d'y voir plus clair dans ce jeu de poker diplomatique et géostratégique sur fond d'une guerre atroce soutenue par l'Occident (une guerre auquel l'Occident pourrait mettre fin sur le champs en sifflant la fin de la partie et en rappelant à l'ordre ses alliés loco-régionaux d'Israël à l'Arabie saoudite en passant par le Qatar et la Turquie). C'est pour cela que l'inconnue russe met en suspens leur plan de balkanisation du territoire syrien. De telle sorte que pour la première fois, depuis un an, les Etats-Unis demandent à rétablir leur communication militaire avec la Russie. Un rapprochement qui ne pourrait être que favorable à Assad et aux Syriens pour faire cesser les hostilités ?
Enfin, on ne peut écarter l'hypothèse que la Russie ayant compris que la fin du régime d'Assad était proche, ait déployé des commandos à Lattaquié pour exfiltrer Assad si celui-ci venait à être menacé comme ils avaient essayé de le faire, en vain, pour les fils Kadhafi en Libye.


Tant que la Russie maintient ses intentions cachées et ne révèle pas ses atouts maîtres, le camp occidental fulmine et se met à douter dans un contexte où le régime syrien est de plus en plus marginalisé face à l'avancée des terroristes soutenus par les forces occidentales et leurs alliés régionaux. Idleb a été prise, Damas est menacée dans sa banlieue... Que vont faire les Russes avec l'Iran ?


Trois hypothèses :
- vont-ils attaquer les groupes terroristes en déployant des troupes russes sur le terrain au risque de s'enliser dans un bourbier à l'Afghane ?
- vont-ils renforcer et soutenir logistiquement et militairement les forces arabes syriennes en compagnie de l'Iran ? Cas le plus probable.
- Se sont-ils déployés pour sécuriser le régime d'Assad sur la base de Lattaquié et le cas échéant l'exfiltrer ?

Enfin leur intervention favorisera-t-elle la reprise des pourparlers de paix et poussera-t-elle l'Occident et leurs alliés régionaux à cesser de soutenir directement ou indirectement les terroristes d'Al-Nosra et de l'EI pour trouver une solution militaire commune puis politique sur le terrain ?

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