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Congo Brazzaville : « Tournons la page » dénonce le coup d’État constitutionnel et appelle la communauté internationale à réagir avec la plus grande fermeté

par Tournons la page 25 Septembre 2015, 01:49 Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Dictature Coup d'Etat constitutionnel Elections Articles de Sam La Touch

Congo Brazzaville : « Tournons la page » dénonce le coup d’État constitutionnel et appelle la communauté internationale à réagir avec la plus grande fermeté
Congo Brazzaville : « Tournons la page » dénonce le coup d’État constitutionnel et appelle la communauté internationale à réagir avec la plus grande fermeté
Tournons la page

Le 22 septembre 2015, Denis Sassou Nguesso a annoncé à la radio-télévision nationale congolaise la décision d’organiser un referendum pour faire approuver un projet de nouvelle Constitution. Le président, à la tête du Congo Brazzaville depuis 30 ans (1979-1991 et depuis 1997), lance ainsi officiellement le processus pour changer la Constitution et se maintenir au pouvoir. L’unique objectif : ôter la limitation à deux mandats présidentiels et la limite d’âge de 70 ans, qui lui interdisent de se représenter à la présidentielle de 2016.

Le chef de l’État congolais a pris cette décision au mépris de la Constitution que lui-même a fait adopter en 2002, dont l’article 185 dit expressément que le nombre de mandats du président ne peut pas faire l'objet d'une révision constitutionnelle, en violation de la Charte de la démocratie de l’Union africaine, qui prohibe « toute révision des Constitutions qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique » (article 23), et en contradiction manifeste avec les principes proclamés par l’Organisation internationale de la francophonie.


En voulant priver son peuple de toute possibilité d’alternance, Denis Sassou Nguesso commet un coup d’État. Le coup d’État contre la Constitution a la violence d’un coup d’État militaire : il confisque non seulement le pouvoir, mais aussi les institutions censées le limiter. Il doit être condamné et traité avec la même fermeté.

Le recours au référendum relève du subterfuge : D. Sassou Nguesso s’appuie sur des années de répression des libertés (de la presse, de manifestation…), de déstabilisation de ses adversaires politiques et sur un historique de processus électoraux bâclés, opaques, très éloignés des normes internationales. En indiquant hier « L’aventure et le désordre ne relèvent pas de la démocratie. Ils n’ont aucune place dans la République et ne sauraient être tolérés », il menace ouvertement les démocrates congolais et tous ceux – dont l’Église catholique et plus généralement la société civile- qui ont exprimé leur opposition à cette réforme de la Constitution.

Après le Burkina Faso et le Burundi, où une décision semblable a provoqué la révolte du peuple, au prix du sang et d’une instabilité durable, Denis Sassou Nguesso – dont on connaît la férocité dans la répression - prend l’entière responsabilité des tensions et des violences qui pourraient menacer désormais le Congo.

Les recommandations de « Tournons la page » à l’Union africaine, à l’Union européenne et à leurs États membres[1] (cf. notre rapport « En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance ») :

Condamner les tentatives de « coups d’Etat constitutionnels ».

Sanctionner les responsables du gouvernement congolais, les membres du parti au pouvoir et leurs alliés


Protéger les acteurs politiques réclamant la démocratie, les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains

Contacts presse :

Brice Mackosso, pour Tournons la Page Congo, +242 05 557 90 81

Philippe Morié, responsable du pôle Afrique au Secours Catholique, 01.45.49.73.94

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