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«Dire que la situation en Irak s’améliore grâce aux frappes aériennes relève de la schizophrénie» (RT)

par Russia Today 17 Septembre 2015, 17:45 Irak USA France Bombardements Coalition

Hans Christof Graf von Sponeck, ancien coordinateur du programme humanitaire de l’ONU en Irak, a qualifié d’absurde la déclaration de Washington sur l’amélioration de la situation dans le pays depuis le début des frappes.

RT : Le porte-parole adjoint du département d'Etat américain, Mark Toner, a souligné que les frappes aériennes en Irak ont permis de faire des progrès sur le terrain. Partagez-vous cet avis de Washington ?

Hans Christof Graf von Sponeck : Je ne sais pas de quoi parlent-ils puisque tous les indicateurs témoignent, sans lire les journaux, juste en regardant les photos, que la destruction de l’Etat se poursuit. Moi personnellement, je ne vois aucun progrès. On a, aujourd’hui, un problème dans le nord du pays où les relations entre les kurdes et les arabes en Irak ne sont pas bonnes. Il y a aussi bien sûr le problème de Daesh. Comme nous le voyons, Ramadi, le centre de l’Irak, Mossoul restent toujours en leur possession. Il y a aussi des divisions au sein du gouvernement à Bagdad. Ainsi je me demande de quel progrès ils parlent ? C’est juste un rêve. Nous espérons de tout cœur pouvoir parvenir à cette conclusion, mais c’est assez loin de la réalité sur le terrain.

En savoir plus : Le monde vu par le département d’État américain

RT : Pourquoi alors les Etats-Unis se persuadent qu’ils œuvrent pour le peuple irakien, est-ce que l’administration Obama y croit ?

Hans Christof Graf von Sponeck : A moins qu’ils soient schizophréniques, je dirais qu’ils ne peuvent pas vraiment croire que l’Irak va mieux maintenant par rapport à il y a quelques années. La détérioration de la situation est évidente. Et si vous cherchez des preuves, jetez un coup d’œil sur tous ces gens qui quittent l’Irak, à travers le Moyen-Orient, traversant la Méditerranée pour atteindre la Grèce et finissant près des clôtures hongroises. Et ensuite vous ferez une conclusion complétement différente.

RT : Ainsi Washington continue de mentir parce qu’il est incapable de ravaler sa fierté et admettre que sa politique était erronée ?

Hans Christof Graf von Sponeck : Non, je ne pense pas que ce soit si superficiel, qu’il s’agisse de fierté, mais de peur, que le nombre de sérieuses défaillances dans la politique étrangère, sur le plan militaire et en matière de sécurité qui ont eu lieu au cours des années récentes. Pour l’expliquer, prenons l’exemple de la Lybie. Est-ce qu’elle va mieux depuis l’intervention militaire des Etats-Unis ? Est-ce que l’Afghanistan est capable de commencer à reconstruire sa nation, par elle-même ? La réponse est non. Ainsi, le nombre d’échecs augmente et naturellement, la réaction politique de Washington consiste à essayer de camoufler tout cela autant que possible.

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