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États-Unis – actrices noires du petit écran : cette autre discrimination que cachent les chiffres (JAI)

par JAI 24 Septembre 2015, 13:49 USA Viola Davis Emmy Awards Discrimination

Le sacre dimanche soir aux États-Unis de la comédienne Viola Davis, première femme noire à décrocher l'Emmy Awards de la meilleure actrice dans une série dramatique, a unanimement été salué. Un symbole, tant les actrices noires restent discriminées.

Pour la première fois en 67 ans, une comédienne noire décrochait dimanche 20 septembre l’Emmy Awards – les récompenses de la télévision américaine – de la meilleure actrice dans une série dramatique. Une première qui n’a pas échappé à Viola Davis, distinguée pour sa performance dans How to get away with murder.

Émue, l’actrice est revenue dans son discours sur l’absence d’opportunités pour les femmes noires : « La seule chose qui sépare les femmes de couleur de n’importe qui d’autre, ce sont les opportunités […]. On ne peut pas gagner un Emmy pour des rôles qui n’existent tout simplement pas ».

Voici le discours de la comédienne :

13% de femmes noires à l’écran

Parce qu’à ce sujet, les femmes sont dans leur ensemble moins présentes que les hommes sur les écrans. Et ce, quelle que soit leur couleur de peau. Une discrimination que le Centre pour l’étude des femmes à la télévision et dans le cinéma a quantifiée.

Selon leur étude « Boxed In » seulement 40% des personnages mises en scène dans les séries américaines étaient des femmes entre 2014 et 2015. Et parmi elles, 13% étaient des femmes noires.

Des rôles plus marginaux et stéréotypés

Reste que ces chiffres occultent une deuxième discrimination difficilement quantifiable : l’importance et la teneur des rôles. Car dans les faits, les scénarios qui leur sont proposés restent encore marginaux et stéréotypés.

Ce qu’avait d’ailleurs dénoncé Viola Davis dans une émission télévisée d’Ophra Winfrey en 2013. « Il ne s’agit pas seulement du peu de rôles proposés, mais aussi de leur qualité… Il n’y qu’une ou deux catégories de rôles pour les actrices noires », expliquait-elle. Dans une interview accordée au New York Times un an plus tard, elle précisait ces discriminations : « On m’appelle toujours pour me dire qu’on a un superbe projet pour moi, que je vais être au casting aux côtés de Vanessa Redgrave, Julianne Moore [célèbres actrices blanches]. Et puis je reçois le script, et mon personnage ne tient qu’en une page ou deux », poursuivait-elle.

Une discrimination intériorisée par les actrices, comme le soulignait Lupita Nyong’o, révélée par sa performance dans 12 Years a Slave, pour laquelle elle avait remporté l’Oscar du meilleur… second rôle féminin. « Ma peau noire a toujours été un obstacle. Je me souviens d’un temps où je ne me sentais pas belle. J’allumais la télévision et je ne voyais que des femmes au teint clair. Je me couchais chaque soir en priant Dieu de m’éclaircir la peau pendant la nuit », expliquait la jeune star, dont le portrait s’étale pourtant aujourd’hui en une du magazine Vogue.

Un changement récent

Ces derniers temps, plusieurs réalisateurs ont pris les devants. À l’image de la papesse des séries américaines à succès, Shonda Rhimes, à l’origine de la série How to get away with murder, mais aussi de Grey’s Anatomy. La réalisatrice afro-américaine a ainsi fait les gros titres en 2013 pour avoir confié à l’actrice noire Kerry Washington le rôle principal dans son autre série à succès, Scandal. Du jamais vu depuis 1974, date de la première de la série « Get Christie Love! » dont le personnage principal était joué par l’actrice afro-américaine Teresa Graves, comme le soulignait le New York Times.

L’égérie de la série Scandal, Kerry Washington, présente à la cérémonie des Emmy, s’est d’ailleurs montrée très émue lorsque Viola Davis l’a dans son discours remercié pour avoir ouvert la voie.

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