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La guerre qui vient avec la Russie

par Ottawa Citizen 3 Septembre 2015, 16:41 Articles de Sam La Touch Russie USA Guerre Occident UE

La guerre qui vient avec la Russie

Deux mois avant sa retraite en juillet, le chef de la force aérienne du Canada a donné une évaluation franche de ce qui pourrait émerger de la mission militaire actuelle en Ukraine.

"Nous prions pour que notre mission permanente de l'OTAN ne soit pas accompagnée par une escalade de la force meurtrière et d'effusion de sang", a déclaré le lieutenant-général Yvan Blondin dans le magazine RCAF Today. "Nous avons tout à perdre et rien à gagner à travers une confrontation avec nos anciens ennemis du Bloc de l'Est."

Il s'agit d'une observation inhabituelle et franche de la part d'un officier vétéran du Canada sur les tensions accrues et la détérioration de la situation en Ukraine. Mais l'avertissement de Blondin reflète aussi une préoccupation croissante parmi certains aux États-Unis et en Europe à propos de la possibilité que le bras de fer en Europe orientale entre la Russie et l'Occident pourrait en quelque sorte mener à la guerre.

Les analystes politiques et militaires ne croient pas que chaque côté pourrait délibérément commencer une telle guerre. Mais avec un grand nombre de forces militaires opérant dans une telle proximité, tout peut arriver, avertissent-ils.

Les conflits pourraient survenir au travers de quelque chose d'aussi simple que la mauvaise communication entre les unités militaires, par exemple.


Cela pourrait survenir à la suite d'un accident, comme celui qui a failli arriver en avril quand un avion de chasse russe SU-27 est entré de trois à six mètres dans le plan de surveillance de l'armée US sur la mer Baltique. (Le Pentagone s'est plaint aux Russes à propos des vols agressifs du pilote, mais les Russes ont répliqué que l'avion espion étatsunien volait vers leur frontière avec son transpondeur d'identification éteint.)

Au cours de la dernière année, les tensions ont augmenté au point où le ministre letton, Edgars, celui des Affaires étrangères, Rinkevics, a averti que les relations russo-occidentales avaient atteint leur plus bas niveau depuis la crise des missiles de Cuba au début des années 1960.

Les navires de l'OTAN, y compris les frégates canadiennes, patrouillent désormais régulièrement dans la mer Noire, suivis de près par les navires de guerre russes. Les troupes étatsuniennes, canadiennes et d'autres de l'OTAN s'entraînent aux portes de la Russie. En octobre, l'OTAN va lancer un de ses plus grands exercices, avec jusqu'à 36.000 personnes participant à des jeux de guerre conçus pour envoyer un message à la Russie que l'alliance est prête à intervenir militairement si nécessaire. Quelques 1600 militaires canadiens, ainsi que des avions et des navires de guerre y prendront part.

L'OTAN a donné beaucoup de publicité à l'exercice, car il ne veut pas de malentendus qui pourraient mener à une confrontation avec les Russes. L'OTAN espère que la Russie fera de même pour ses propres exercices d'entraînement.

En mars, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a soulevé des préoccupations que les tensions ont nui à la communication avec les Russes, qui ont lancé une série de grands exercices militaires imprévus en Europe orientale. Il craint que le résultat pourrait être une mauvaise communication, provoquant un incident entre les forces russes et celles de l'OTAN qui pourrait échapper à tout contrôle.

Cette situation tendue n'a pas été aidée par des allégations inexactes du général étatsunien Philip Breedlove, commandant de l'alliance. Quand la crise a commencé en 2014, Breedlove a fait l'annonce étonnante que la Russie avait réuni 40.000 soldats sur la frontière de l'Ukraine, et il a averti que l'invasion était imminente. Quelques mois plus tard, il a affirmé que plus de 1000 véhicules de combat, ainsi que les forces russes, avaient traversé la frontière vers l'Ukraine.

Les déclarations de Breedlove ont dérangé les fonctionnaires dans le bureau de la chancelière allemande Angela Merkel. Les agences de renseignement allemandes, qui avaient de bonnes sources dans la région, ont fait état qu'il n'y avait aucune invasion. Les fonctionnaires de Merkel ont déclaré que les déclarations de Breedlove étaient dangereuses. Le général n'est pourtant pas revenu sur ses déclarations.

Mais cet avril passé, Breedlove a surpris les sénateurs en reconnaissant le peu que l'OTAN et les États-Unis en savaient sur les activités de la Russie.

Il a admis qu'il a appris que les informations qu'il a obtenues provenaient des médias sociaux au sujet d'un exercice de la Russie qui s'est déroulée en mars à travers l'Europe de l'Est. "Certains exercices militaires russes nous ont pris par surprise, et notre impression de la participation de la Russie sur le terrain en Ukraine était faible" a-t-il dit aux sénateurs...

Source : Ottawa Citizen The Coming War With Russia

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