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Les Occidentaux auraient refusé un plan russe visant à écarter Bachar el-Assad (Le Figaro)

par Roland Gauron 15 Septembre 2015, 17:05 Russie Syrie Assad Occident USA France OTAN Vitali Tchourkine Martti Ahtisaari

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, aurait proposé ce plan de paix à l'ex-président finlandais, Martti Ahtisaari, lors de négociations au sein du Conseil de sécurité en 2012.

La proposition aurait été formulée il y a trois ans. Depuis, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont décédées. Plus de quatre millions ont quitté le pays, provoquant la plus grave crise migratoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Cela reste une occasion perdue», commente aujourd'hui Martti Ahtisaari dans le quotidien britannique The Guardian. À l'époque, l'ex-président finlandais et ancien médiateur de l'ONU pour le Kosovo s'était vu proposer un plan de paix par Vitali Tchourkine, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies. Celui-ci prévoyait entre autres de pousser Bachar el-Assad à quitter le pouvoir à l'issue de négociations de paix avec l'opposition syrienne. À croire Martti Ahtisaari, la proposition a finalement été rejetée par les émissaires occidentaux car ces derniers croyaient proche la fin du régime.

Le 22 février 2012, celui qui a été désigné prix Nobel de la paix quatre ans plus tôt se rend au siège des Nations unies. Il est chargé de représenter l'ONG The Elders, un groupe de personnalités indépendantes qui agit pour la paix, la justice et les droits de l'homme dans le monde. Sur place, le Finlandais explique s'être entretenu avec les représentants des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. «La plus étrange fut la rencontre avec Vitali Tchourkine car je le connais, confie Martti Ahtisaari. Nous ne sommes pas nécessairement d'accord sur bien des sujets mais nous pouvons parler honnêtement.» Au cours de la discussion, celui-ci formule une solution en trois points pour régler la crise syrienne: d'abord, ne pas armer les rebelles ; organiser dès à présent des pourparlers entre le régime et l'opposition ; permettre à Bachar el-Assad de se retirer élégamment à l'issue de ces négociations.

«Rien ne s'est passé parce qu'ils pensaient tous, comme beaucoup d'autres, qu'Assad allait être renversé en quelques semaines
L'ex-président finlandais, Martti Ahtisaari.

Martti Ahtisaari explique avoir relayé les propos de l'ambassadeur russe à ses homologues occidentaux. En vain. «Rien ne s'est passé parce qu'ils pensaient tous, comme beaucoup d'autres, qu'Assad allait être renversé en quelques semaines. Ils ont donc jugé qu'il n'y avait pas besoin de faire quoi que ce soit», juge le prix Nobel. Vitali Tchourkine n'a pas souhaité commenter auprès du quotidien britannique une discussion qui serait resté de l'ordre privé. Mais, selon son interlocuteur, il fait très peu de doutes que la proposition venait directement du Kremlin. Les ambassadeurs occidentaux n'ont pas voulu répondre publiquement aux questions sur le sujet. Plusieurs rappellent qu'à l'époque Bachar el-Assad avait déjà commis plusieurs massacres dans son pays. Peu de temps après, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton le qualifiera de criminel de guerre.

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