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Syrie: Hollande se préparerait à ordonner des éliminations ciblées (Yahoo)

par Olivier Ravanello 13 Septembre 2015, 17:40 Liquidateur "Les tueurs de la République" Opération ciblée Assassinat France François Hollande Syrie EI Terrorisme

La France prépare en Syrie des éliminations ciblées. Ses bombardements contre des cellules de Daesh ou d’al-Qaida, des groupes terroristes basés en Syrie et qui menaceraient directement la France. La logique des frappes françaises en Syrie n’est pas d’éradiquer Daesh. L’ordre donné aux militaires français n’est pas de s’intégrer à la coalition emmenée par les Américains pour mener avec eux des opérations stratégiques en Syrie (détruire des colonnes, des bâtiments, des blindés du matériel ou autre). Non, la France, et François Hollande l’a dit lundi lors de sa conférence de presse, veut son autonomie opérationnelle. Pour cela, les militaires et les services collectent du renseignement. Via des hommes au sol. Via des survols avec des Rafale équipés de matériel d’observation pour photo et vidéo puisque la France (et il faudrait le dire à Fleur Pellerin –cf Le petit journal-) n’a pas de drone sur zone.

En croisant ces informations l’objectif est d’identifier des petits groupes, des hommes, qui seraient en train de préparer des opérations en France, et de les éliminer. Ce qui veut dire éliminer des djihadistes français partis en Syrie avant qu’ils ne frappent en France. Des éliminations préventives. Exactement comme l’ont fait les britannique le 21 août, pour tuer trois membres de l’Etat islamique (EI), dont deux Britanniques : Reyaad Kahn qui avait grandi en Ecosse et Ruhul Amid originaire du pays de Galles. Tuer à titre préventif, pour éviter des attentats. « Nous n’avions pas le choix », a déclaré le Premier ministre Cameron, qui a précisé que ces hommes étaient en train de recruter et « de préparer des attaques barbares » contre l’Occident et le Royaume-Uni. Face aux critiques sur la légitimité de cette intervention, Cameron s’est retranché derrière le procureur général.

Pour la France, ce serait un changement radical

Un virage diplomatique d’abord dans le sens où Hollande engage la France en Syrie sans parapluie légal. Pas de mandat de l’Onu ; pas d’appel à l’aide du gouvernement local. Rien. La France va frapper en Syrie parce qu’elle a décidé de la faire et qu’elle considère qu’il en va de sa sécurité. Approche très pragmatique mais qui est un virage à 180° par rapport à la position qui était la nôtre jusqu’à présent ; la recherche de la légitimité internationale. Les américains font de même depuis le 11-Septembre sans s’encombrer de scrupules. Ils considèrent que ce qu’il passé il y a 14 ans justifie d’être en état de légitime défense donc de mener des frappes partout dans le monde avec ou sans l’aval du pays concerné. D’ailleurs peu importe. Ses moyens d’observations et de tirs lui permettent de frapper partout où ils le souhaitent. En revanche les dirigeants européens s’exposent à de sérieux problèmes politiques et éthiques. Cameron s’en rend compte. « Puisqu’il n’y a pas de résolution, pas de cadre légal qui vous a autorisé à tuer sans notre aval », disent les députes au parlement ?

Mais surtout les critiques montent sur un autre point moral:

« Vous avez tué des concitoyens a priori, avant qu’ils n’agissent », objectent certains députés. Ils sont djihadistes soit ; ils se battent en Syrie soit ; mais vous Premier ministre britannique, vous avez éliminé des Britanniques avant même qu’ils n’entrent sur notre territoire. La question se posera à François Hollande si des djihadistes français sont tués dans ces opérations, ce qui ne manquera pas d’arriver. Même s’ils ont basculé dans le djihadisme, ces Français méritent-ils d’être tués par leur président a priori, comme une sorte de peine de mort préventive ? Pour le justifier le président de la République devra se fendre d’une explication plus longue et argumentée que celle donnée lundi dernier. On a beau parler de terrorisme, vous voyez que sur les principes et le droit, François Hollande s’aventure sur un terrain glissant.

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