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Un homme d'affaires belgo-étatsunien soupçonné de trafic de diamants et d'esclavage au Sierra Leone (AFP)

par AFP 1 Septembre 2015, 08:23 Sierra Leone Esclavage Trafic Diamants

Des prospecteurs de diamants à Koidu en Sierra Leone, le 28 avril 2012 | AFP/Archives | Issouf Sanogo

Des prospecteurs de diamants à Koidu en Sierra Leone, le 28 avril 2012 | AFP/Archives | Issouf Sanogo

Un homme d'affaires belgo-américain accusé d'esclavage et de trafic de diamants pendant la guerre civile au Sierra Leone va être extradé vers la Belgique, a annoncé lundi la justice espagnole.

Michel Desaedeleer, 64 ans, avait été interpellé vendredi à l'aéroport de Malaga au sud de l'Espagne, alors qu'il s'apprêtait à partir aux Etats-Unis, où il réside. Il ne s'est pas opposé à son extradition, a annoncé un porte-parole du tribunal devant lequel il a été présenté.

La justice belge le recherche depuis une plainte déposée contre lui à Bruxelles en janvier 2011 par cinq anciens forçats des mines de diamants au Sierra Leone.

Ces diamants ont financé la guerre civile qui a ensanglanté ce pays d'Afrique de l'ouest de 1991 à 2002.

"C'est la toute première fois qu'un homme d'affaires est arrêté pour son implication dans les deux crimes internationaux de pillage de 'diamants de sang' et d'esclavage de civils", a souligné l'ONG suisse Civitas Maxima, chargée de défendre les victimes de crimes de guerre et qui a constitué un dossier contre M. Desaedeleer.

Les "diamants de guerre" ou "de sang", qui représentent 4% de la production mondiale selon Amnesty International, ont servi à financer des guerres civiles ayant déchiré le continent africain dans les années 1990.

Michel Desaedeleer "est suspecté d'avoir participé, avec l'ex-président libérien Charles Taylor et avec les rebelles sierra-léonais du Front Révolutionnaire Uni (RUF) à la réduction en esclavage, un crime contre l'humanité, et au pillage des 'diamants de sang', un crime de guerre, dans le district de Kono dans l'est du Sierra Leone, entre 1999 et 2001", précise l'ONG suisse.

Charles Taylor soutenait le RUF qui avait recours au travail forcé de civils afin d'exploiter des mines de diamant.

"Dans un climat de terreur, ces 'esclaves' travaillaient jusqu'à 15 heures par jour, menacés par des armes", a souligné Alain Werner, avocat et fondateur de Civitas Maxima.

-Cité dans un rapport de l'ONU en 2000-

Le nom de M. Desaedeleer avait été mentionné dès 2000 dans un rapport de l'ONU sur le trafic de diamants au Sierra Leone.

Il indique que l'homme d'affaires belge avait signé en 1999 un accord avec le RUF, dirigé par Foday Sankoh, lui permettant d'exploiter les mines sierra-léonaises et de revendre les diamants à l'étranger --à Anvers notamment-- en les faisant transiter par Monrovia, au Libéria.

Interrogé par un journaliste de la revue américaine Newsweek en 2000, M. Desaedeleer a insisté sur la légalité de ce contrat.

Cette arrestation "va contribuer à la prise de conscience du rôle-clé des acteurs financiers dans le trafic de ressources minières, qui financent les conflits armés en Afrique et ailleurs dans le monde", a estimé M. Werner.

Charles Taylor, ancien président du Libéria, avait été condamné en appel à 50 ans de prison pour des crimes contre l'humanité, le 26 septembre 2013.

La guerre civile en Sierra Leone a été une des plus meurtrières de l'histoire africaine récente, avec 120.000 morts et l'utilisation d'enfants-soldats.

Des compagnies minières internationales rivalisaient alors pour le contrôle des diamants.

Ce commerce illégal et sanglant a été rendu célèbre par le film américain "Blood Diamonds" (2006), inspiré d'une histoire vraie romancée par l'auteur Greg Campbell, qui fait justement allusion à M. Desaedeleer dans son livre.

n homme d'affaires belgo-américain accusé d'esclavage et de trafic de diamants pendant la guerre civile au Sierra Leone va être extradé vers la Belgique, a annoncé lundi la justice espagnole.

Michel Desaedeleer, 64 ans, avait été interpellé vendredi à l'aéroport de Malaga au sud de l'Espagne, alors qu'il s'apprêtait à partir aux Etats-Unis, où il réside. Il ne s'est pas opposé à son extradition, a annoncé un porte-parole du tribunal devant lequel il a été présenté.

La justice belge le recherche depuis une plainte déposée contre lui à Bruxelles en janvier 2011 par cinq anciens forçats des mines de diamants au Sierra Leone.

Ces diamants ont financé la guerre civile qui a ensanglanté ce pays d'Afrique de l'ouest de 1991 à 2002.

"C'est la toute première fois qu'un homme d'affaires est arrêté pour son implication dans les deux crimes internationaux de pillage de 'diamants de sang' et d'esclavage de civils", a souligné l'ONG suisse Civitas Maxima, chargée de défendre les victimes de crimes de guerre et qui a constitué un dossier contre M. Desaedeleer.

Les "diamants de guerre" ou "de sang", qui représentent 4% de la production mondiale selon Amnesty International, ont servi à financer des guerres civiles ayant déchiré le continent africain dans les années 1990.

Michel Desaedeleer "est suspecté d'avoir participé, avec l'ex-président libérien Charles Taylor et avec les rebelles sierra-léonais du Front Révolutionnaire Uni (RUF) à la réduction en esclavage, un crime contre l'humanité, et au pillage des 'diamants de sang', un crime de guerre, dans le district de Kono dans l'est du Sierra Leone, entre 1999 et 2001", précise l'ONG suisse.

Charles Taylor soutenait le RUF qui avait recours au travail forcé de civils afin d'exploiter des mines de diamant.

"Dans un climat de terreur, ces 'esclaves' travaillaient jusqu'à 15 heures par jour, menacés par des armes", a souligné Alain Werner, avocat et fondateur de Civitas Maxima.

-Cité dans un rapport de l'ONU en 2000-

Le nom de M. Desaedeleer avait été mentionné dès 2000 dans un rapport de l'ONU sur le trafic de diamants au Sierra Leone.

Il indique que l'homme d'affaires belge avait signé en 1999 un accord avec le RUF, dirigé par Foday Sankoh, lui permettant d'exploiter les mines sierra-léonaises et de revendre les diamants à l'étranger --à Anvers notamment-- en les faisant transiter par Monrovia, au Libéria.

Interrogé par un journaliste de la revue américaine Newsweek en 2000, M. Desaedeleer a insisté sur la légalité de ce contrat.

Cette arrestation "va contribuer à la prise de conscience du rôle-clé des acteurs financiers dans le trafic de ressources minières, qui financent les conflits armés en Afrique et ailleurs dans le monde", a estimé M. Werner.

Charles Taylor, ancien président du Libéria, avait été condamné en appel à 50 ans de prison pour des crimes contre l'humanité, le 26 septembre 2013.

La guerre civile en Sierra Leone a été une des plus meurtrières de l'histoire africaine récente, avec 120.000 morts et l'utilisation d'enfants-soldats.

Des compagnies minières internationales rivalisaient alors pour le contrôle des diamants.

Ce commerce illégal et sanglant a été rendu célèbre par le film américain "Blood Diamonds" (2006), inspiré d'une histoire vraie romancée par l'auteur Greg Campbell, qui fait justement allusion à M. Desaedeleer dans son livre.

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