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Ankara convoque l'ambassadeur russe en raison de frappes près de sa frontière (L'Orient Le jour)

par OLJ 20 Novembre 2015, 21:12 Turquie Russie Syrie Bombardements

Les raids aériens de Moscou ont tué plus de 1.300 personnes ; nouveaux tirs de missiles balistiques depuis la mer Caspienne.

La Turquie a convoqué l'ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov, après des frappes de l'aviation russe près de sa frontière avec la Syrie et l'a mis en garde contre les "sérieuses conséquences" de l'opération, a annoncé vendredi son ministère des Affaires étrangères.

La Turquie a dénoncé des bombardements russes qui "visent des villages de civils turkmènes" (minorité turcophone en Syrie, NDLR) et demandé "l'arrêt immédiat de cette opération", a ajouté le ministère dans un communiqué.

Le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a pour sa part indiqué devant la presse que "40 villageois turkmènes ont été blessés" par les frappes russes et insisté sur "la sensibilité" d'Ankara au sujet de cette ethnie qui vit dans des hameaux situés à la frontière turco-syrienne.

La Turquie a dénoncé à plusieurs reprises l'intervention militaire de la Russie en Syrie qui a débuté le 30 septembre. L'ambassadeur russe a été déjà été convoqué à la suite d'incursions d'avions russes dans l'espace aérien turc. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est attendu la semaine prochaine en Turquie pour évoquer, entre autres, le dossier syrien.

La Russie et la Turquie s'opposent sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011. Ankara exige le départ du président syrien Bachar el-Assad, qui continue contre vents et marées à bénéficier du soutien indéfectible de Moscou. Dans la foulée des attentats de Paris, la Turquie et les États-Unis, alliés de l'Otan, ont annoncé qu'ils renforceraient leurs opérations prochainement pour chasser les jihadistes du groupe État islamique (EI) présents à la frontière turque dans le nord de la Syrie, secteur où les Turcs souhaitent de longue date établir une "zone de sécurité".

Vendredi, Moscou a de nouveau bombardé des positions en Syrie à l'aide de missiles de croisière tirés depuis des navires en mer Caspienne, faisant également intervenir ses bombardiers stratégiques, a annoncé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. "Le 20 novembre, les navires de la flottille de la Caspienne ont tiré 18 missiles de croisière sur 7 cibles dans les provinces de Raqqa (nord-est), d'Idleb (nord-ouest) et d'Alep (nord-ouest). Toutes les cibles ont été détruites", a indiqué M. Choïgou lors d'une réunion avec le président Vladimir Poutine.

C'est la deuxième fois que des missiles de croisière tirés depuis la mer Caspienne sont utilisés par la Russie. "Les groupes armés subissent des pertes considérables. Rien qu'avec un tir de missile de croisière sur une seule cible dans la province de Deir el-Zor, plus de 600 combattants ont été tués", a assuré M. Choïgou, sans donner davantage de détails.

Certaines bombes russes larguées portaient les inscriptions "Pour notre peuple" et "Pour Paris" selon le ministère russe de la Défense et des images de la télévision russe.

(Lire aussi : Comment venir à bout de l'État islamique ?)

Plus de 1.300 personnes tués par les frappes russes

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.300 personnes, dont les deux tiers sont des combattants, ont été tuées depuis le début des frappes russes en Syrie. Le bilan des victimes a doublé en comparaison de celui donné il y a trois semaines par l'ONG. Cette organisation, basée en Grande-Bretagne et qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, fait état de 1.331 morts par les frappes russes, en majorité des rebelles opposés au régime du président Assad ainsi que des jihadistes de l'EI. Selon son décompte, 381 combattants du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, et d'autres forces rebelles ainsi que 547 membres de l'EI ont péri. En outre, 403 civils ont trouvé la mort, dont 97 enfants, selon la même source.

Le dernier bilan de l'OSDH, le 29 octobre, faisait état au total de près de 600 morts, dont deux tiers étaient des combattants.

La Russie a assuré que sa campagne aérienne visait l'EI et d'autres "groupes terroristes" mais les rebelles accusent Moscou de frapper surtout les insurgés modérés ou islamistes plutôt que l'EI. Plusieurs organisations ont aussi accusé la Russie d'avoir visé des hôpitaux et des cliniques de campagne.

Selon l'Observatoire, les frappes de la coalition, conduite par les États-Unis et qui ont commencé en septembre 2014 ont tué 3.649 personnes dont seulement 6% de civils. Fin octobre, l'OSDH avait décompté la mort de 3.276 jihadistes de l'EI, 147 d'el-Qaëda et de ses alliés islamistes ainsi que 226 civils.

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