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L’Iran recrute des milliers de réfugiés afghans pour combattre en Syrie aux côtés d’Assad (MEE)

par Middle East Eye 13 Novembre 2015, 22:23 Syrie Iran Afghanistan Recrutement Combattants

L’Iran recrute des milliers de réfugiés afghans pour combattre en Syrie aux côtés d’Assad
Middle East Eye*
Traduction de l'anglais (original) par Françoise Arvieu.

Des réfugiés afghans vont se battre en Syrie pour le compte de l’Iran, en contrepartie d’un salaire mensuel et d’un permis de résidence permanent.

Des Iraniens endeuillés portent le cercueil d’Abdollah Bagheri, un membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique, tué au combat en Syrie (AFP)

Des Iraniens endeuillés portent le cercueil d’Abdollah Bagheri, un membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique, tué au combat en Syrie (AFP)

Pour protéger son allié, le Président Bashar al-Assad, l’Iran a recruté des milliers de réfugiés afghans vivant dans la République islamique pour aller faire la guerre de religion en Syrie.

Le Guardian a signalé la semaine dernière que les autorités iraniennes ont incité une partie des trois millions de réfugiés afghans qui vivent dans le pays, à aller combattre en Syrie en leur offrant un salaire régulier et un permis de résider permanent en Iran.

L’Iran a dit aux recrues afghanes chiites qu’ils allaient se battre pour défendre les lieux de culte à Damas, la capitale syrienne.

L’unité militaire afghane appelée Fatemioun a été mise sur pied en Iran en 2011, lorsque la guerre civile a éclaté en Syrie. C’est maintenant la deuxième plus grande force étrangère à se battre pour le Président Assad, derrière la milice libanaise Hezbollah, a rapporté le Guardian.

Le recrutement quotidien de réfugiés afghans a lieu dans les villes iraniennes de Machhad et Qom, qui d’après le Guardian comptent la plus forte population d’Afghans.

Les jeunes afghans de moins de 18 ans peuvent aussi aller se battre si leurs parents leur accordent l’autorisation. Au moins un jeune de 16 ans a été tué en Syrie cette année dans la terrible guerre civile.

Plus de 200 combattants de Fatemioun ont été tués en Syrie, ont rapporté en mai des médias iraniens.

Les réfugiés afghans ne peuvent pas officialiser facilement leur résidence en Iran et connaissent des difficultés pour ouvrir des comptes bancaires, pour accéder à l’éducation et pour circuler librement à l’intérieur et hors du pays.

Mujtaba Jalali, un réfugié afghan d’origine iranienne qui s’est exilé en Europe, a déclaré au Guardian que le recrutement de réfugiés pour aller combattre en Syrie s’apparente à de l’exploitation.

« Voilà la guerre que mène l’Iran, au détriment de quelqu’un d’autre », a déclaré Mujtaba Jalali, qui a assisté à au moins dix funérailles dans la ville de Machhad, d’Afghans tués en Syrie.

« Ce sont les réfugiés afghans en Iran qui paient le prix du soutien de Téhéran à Assad et on leur ment quant aux véritables motifs. Ce n’est pas religieux, c’est politique. Au lieu de protéger ses réfugiés, l’Iran les utilise. »

L’Iran évoque les combattants tués en Syrie comme des « défenseurs du sanctuaire » alors que d’après Mujtaba Jalali les réfugiés afghans ne se battent pas en Syrie pour des raisons religieuses, mais y vont en raison du salaire et de la résidence promise par l’Iran.

On ignore combien d’Afghans ont été recrutés par l’Iran pour combattre en Syrie. Cependant, l’unité Fatemioun, de simple brigade est devenue division militaire au cours de l’année, selon le Guardian, ce qui signifie qu’elle compte probablement 10 000 à 12 000 membres.

L’Iran a déclaré à plusieurs reprises qu’il apportait son soutien à son allié, le Président Assad, uniquement au moyen de commandants pour diriger les opérations militaires, mais de hauts membres des Gardes révolutionnaires iraniens ont récemment été tués au combat en Syrie.

Mujtaba Jalali a déclaré au Guardian qu’un réfugié afghan qui avait combattu en Syrie pour le compte de l’Iran avait révélé que « les morgues de Téhéran sont remplies de cadavres tués en Syrie ».

Traduction de l'anglais (original) par Françoise Arvieu.

* Site d'information britannique portant sur les relations internationales et l'actualité au Proche et Moyen Orient

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