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Le 11 septembre et les attentats terroristes de Paris (WSWS)

par Peter Schwartz 27 Novembre 2015, 10:15 Attentat Paris Bataclan 11 septembre Terrorisme France Service de renseignements

De nombreux organes de presse ont comparé les récentes attaques terroristes de Paris aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont détruit les tours jumelles à New York et une aile du Pentagone à Washington. Du point de vue de l’importance des attentats, la comparaison est manifestement exagérée. Si l’on examine les réactions de la classe dirigeante cependant, la comparaison est tout à fait appropriée.

Aux Etats-Unis, la classe dirigeante a réagi au 11 septembre par des années de guerres ininterrompues, des violations massives du Droit international et la mise en place du cadre d’un Etat policier.

Bien que les circonstances n’aient jamais été élucidées, les attentats servirent de prétexte à la réalisation de projets élaborés de longue date. La véritable raison de l’explosion du militarisme américain après le 11 septembre était la crise de l’impérialisme américain à l’échelle mondiale et les tensions de classe grandissantes aux Etats-Unis mêmes. Le renforcement de l’appareil militaire visait à maintenir l’hégémonie américaine sur ses rivaux et à orienter les tensions de classe internes vers un ennemi extérieur.

Il en va de même pour les attentats à Paris. Bien que les assaillants aient été bien connus des agences de renseignement, ils ont pu agir quasi librement. Leur cerveau présumé, Abdulhamid Abaaoud, 27 ans, condamné en Belgique par contumace à vingt ans de prison, fut néanmoins en mesure d’entrer en France et d’en sortir plusieurs fois.

Les services de sécurité n’ont riposté pleinement qu’après les attentats. A l’issue d’un siège de trois heures durant lequel la police a tiré 5.000 munitions, Abaaoud a été tué dans une banlieue parisienne fortement peuplée. L’Assemblée nationale a adopté à la quasi-unanimité la prolongation de l’état d’urgence de douze jours à trois mois. Dans toute la France, la police a pénétré sans mandat de perquisition dans des appartements, interpellé arbitrairement des suspects et les a assigné à résidence.

Bruxelles, la capitale belge, d’où sont originaires certains des assaillants, fut également littéralement bouclée pendant plusieurs jours par le gouvernement belge.

François Hollande, depuis longtemps le président dont la cote de confiance est la plus basse de l’histoire, s’affiche en président de guerre. Avec l’arrivée du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, la France a déployé plus de 30 avions de chasse dans le ciel syrien. Actuellement, Hollande parcourt le monde pour essayer de bricoler une coalition internationale pour la guerre.

L’escalade de la violence tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger ne peut être comprise que dans le contexte de l’aggravation des tensions sociales. Depuis des années, notamment depuis la crise économique de 2008, le niveau de vie de grandes parties de la population a décliné tandis qu’une infime minorité s’est enrichie. Le fossé social et politique qui sépare la vaste majorité de la population des partis politiques traditionnels est insurmontable.

Des forces de la pseudo-gauche comme Syriza, qui avaient promis de mettre fin à la crise sociale sans toucher aux fondements de la société capitaliste, ont brutalement viré vers la droite et se sont fortement discréditées.

L’arrivée en Europe de centaines de milliers de réfugiés venant de Syrie et d’autres pays ravagés par la guerre a polarisé encore davantage la société. Alors que les réfugiés ont été accueillis et portés par une vague de sympathie et de soutien de la part de vastes sections de la population, l’élite dirigeante a réagi en renforçant et en bouclant les frontières et en réarmant l’Etat, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme européen et international se retrouve une fois de plus dans une impasse identique à celle où il était à la veille de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, en 1914 et 1939. Les élites capitalistes dirigeantes n’ont rien à offrir en dehors de l’oppression sociale, du repli national sur soi et de la guerre. Tout dépend de la construction de nouveaux partis révolutionnaires qui donnent à la résistance de la population laborieuse une orientation socialiste internationale.

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