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Même à Paris, les opposants congolais ne sont pas en sécurité (Slate Afrique)

par Camille Belsoeur 16 Novembre 2015, 14:07 France Congo-Brazzaville Opposition Sassou Nguesso Ferdinand Mbaou Tentative d'homicide

A l'heure où le coup de force constitutionnelle du président congolais Sassou Nguesso, qui lui permet de briguer un nouveau mandat en 2016, cristallise les tensions au Congo, un fait-divers jette une ombre sur l'opposition en exil – nombreuse à Paris.

Le général Ferdinand Mbaou, farouche opposant au président Sassou Nguesso, a été victime d'une tentative d'homicide mardi 10 novembre à proximité de son domicile à Bessancourt, en banlieue parisienne, comme le rapporte le journal Le Parisien. Peu avant 15h, mardi, il «quitte son pavillon modeste de la rue des Beaux Lieux, emprunte le chemin qui coupe à travers les pavillons afin de prendre le train pour Paris. Mais il est attendu par son agresseur qui connaissait manifestement ses habitudes», note Le Parisien.

Un voisin raconte avoir entendu une détonation puis un homme crier. Par chance, la balle a atteint Ferdinand Mbaou au niveau de l'omoplate, et s'il a été transporté à l'hôpital dans un état sérieux, ses joueurs ne sont pas en sérieux selon Le Parisien.

Le procureur de Pontoise a déclaré qu'aucune revendication politique n'a eu lieu pour le moment. La police judiciaire de Versailles a été chargée de l'enquête.

«Le régime est aux abois»

Mais ce geste inquiète la communauté congolaise de Paris. «On se sent de plus en plus menacé», dit à Slate Afrique l'opposant Andrea Ngombet installé dans la capitale française et coordinateur du collectif Sassoufit, un mouvement d'opposition. «Mais les menaces sont le plus souvent des pressions sur nos familles et nos proches au Congo. En France, il y a peu de menaces directes, même si il y a des lieux que j'évite par exemple à Paris car on y rencontre des partisans de Sassou Nguesso».

Selon lui, les menaces se font plus pressantes depuis la réforme constitutionnelle très contestée du président Sassou, qui cumule 30 ans de pouvoir à Brazzaville. «Le régime est aux abois. Ma mère reçoit des appels où on lui demande de me convaincre de me taire, mais ça ne fait que renforcer nos convictions.»

Fin octobre, dans les jouers précédents le référendum constitutionnel, de violents affrontements avaient éclaté entre les forces de l'ordre congolaises et des opposants. Des réfugiés congolais avaient également occupé l'espace de quelques heures les locaux de l'ambassade congolaise située dans le XVIe arrondissement à Paris, pour protester contre la tenue du référendum.

Dans son rapport 2014/2015 de la situation des droits humains dans le monde, Amnesty International dresse un panorama très sombre du Congo.

«La liberté d'expression, y compris la liberté de la presse, a fait l'objet de restrictions sévères, notamment au sujet des projets de modification de la Constitution visant à permettre au président Nguesso de briguer un troisième mandat. Des journalistes ont été victimes de manœuvres de harcèlement et d'intimidation de la part de la police et des autorités locales. Craignant pour leur [propre?] sécurité, les défenseurs des droits humains hésitent à dénoncer les atteintes aux droits humains impliquant des fonctionnaires haut placés», peut-on lire dans le rapport d'Amnesty International.

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