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France: après les attentats, poussée des néo-fascistes dans les sondages pour les élections régionales (WSWS)

par Kumaran Ira 4 Décembre 2015, 19:44 France Elections Neofasciste FN Politique

Depuis les attentats terroristes du 13 novembre à Paris, le Front national néo-fasciste (FN) apparaît comme le principal bénéficiaire de l'hystérie sécuritaire et des mesures draconiennes d'Etat policier du gouvernement PS (Parti socialiste). Le FN est en tête des sondages pour les élections régionales des 6 et 13 décembre.

Selon un sondage Ipsos, il obtiendrait 30 pour cent des voix au premier tour, le 6 décembre, battant le PS et les conservateurs, Les républicains (LR).

Un sondage BVA du 29 novembre donnait le FN gagnant confortable de la région Provence-Alpes Côte d'Azur (PACA) et de celle de Nord Pas-de-Calais Picardie. Il pourrait également remporter la région Bourgogne Franche-Comté. Ce sondage attribuait au FN des gains substantiels dans toutes les 13 régions de la France métropolitaine.

La montée du FN est le produit de la faillite du PS et de l'escalade de la crise du capitalisme français. Des millions de personnes sont au chômage et le PS continue à réduire les dépenses publiques par des mesures d'austérité draconiennes qui minent l'économie. Les élections régionales se déroulent surtout dans une atmosphère d'hystérie sécuritaire massive créée par le gouvernement suite à l'attaque terroriste du 13 novembre qui a tué 130 personnes.

Sous couvert de «guerre contre le terrorisme» le PS impose des mesures d'Etat policier sans précédent et l’abolition de droits démocratiques fondamentaux. Après les attaques du 13 novembre, il a imposé un état d'urgence de trois mois permettant à l'État d'interdire et de réprimer les manifestations et d'assigner à résidence sans procès des individus qui selon la police sont une menace potentielle pour l'ordre public. Le PS a promis de modifier la Constitution pour accorder au président l'autorité d'exercer les pouvoirs d'urgence indéfiniment, convertissant de fait la France en état policier.

Mardi, le premier ministre Manuel Valls a justifié ces mesures draconiennes et suggéré qu'elles pourraient être étendues au delà du 26 février 2016, date où l'état d'urgence actuel se termine de par la loi adoptée après les attentats de Paris. Il a dit sur la radio Europe1, « Il ne faut pas écarter cette possibilité, bien évidemment, en fonction de la menace, et il faudra agir avec beaucoup de responsabilité ».

Valls s'est vanté de la répression policière massive et des nombreuses décisions extrajudiciaires d'assigner des gens à résidence après l'attaque du 13 novembre. Selon lui, « Depuis les attentats, plus de 2 000 perquisitions administratives (sans contrôle d'un juge) ont été menées et plus de 210 personnes placées en garde à vue, dans le cadre de l'état d'urgence ».

La veille de la conférence climatique COP21 commencée lundi, le gouvernement a interdit les manifestations écologistes et ordonné aux forces de police de réprimer les manifestations à Paris. Celles-ci ont interpellé et détenu plus de 300 manifestants.

L'effort concerté du gouvernement PS et de tout l'establishment politique de détruire les droits démocratiques fondamentaux renforce le FN qui fait campagne sur la base d'appels à des mesures dures de maintien de l'ordre et dirigées contre les immigrés.

Après les attaques du 13 novembre, le président François Hollande a invité la présidente du FN Marine Le Pen à l'Elysée au nom de «l'unité nationale». Soutenant la prolongation de trois mois de l'état d'urgence, dirigé jusqu'ici surtout contre les banlieues ouvrières des grandes villes françaises, Le Pen a demandé que l'état d'urgence « soit utilisé pour aller désarmer les banlieues ».

Le Pen a également appelé à « la cessation immédiate» de l'immigration en France. Elle a approuvé la proposition du vice-président du FN Florian Philippot de déporter tous les demandeurs d'asile actuellement en France.

Les médias commencent aussi à discuter la possibilité que le FN sorte renforcé de manière significative au niveau national de prochaines élections et la possibilité qu’il gagne dans un an et demi la prochaine grande élection, la présidentielle de mai 2017.

« Les attentats vont-ils profiter au FN lors des régionales?" demande Libération, citant des responsables du FN disant: «La gauche [c'est à dire le PS] et nous, pouvons être bénéficiaires. Ils ont fait des annonces et nous, nos solutions sont validées. La droite, elle, est en étau.»

Ce qui se dessine de plus en plus nettement c’est la faillite de l'ensemble de l'élite dirigeante. Depuis qu'il est arrivé au pouvoir en 2012 avec le soutien des satellites pseudo de gauche du PS, tels le Parti communiste français (PCF) stalinien et le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Hollande a intensifié l'austérité, remettant des dizaines de milliards d'euros à la grande entreprise et il a lancé plusieurs guerres en Afrique et au Moyen-Orient.

Dans des conditions où les syndicats et la pseudo-gauche bloquent l'expression de la vaste opposition qui existe dans la classe ouvrière à la politique de Hollande, le PS appelle à plus d'austérité et de guerres et à des politiques d'Etat policier plus sévères, ce qui ne fait que renforcer le FN. La vaste majorité de la population étant profondément désillusionnée tant envers le PS que LR, celui-ci a remporté des succès électoraux importants lors d’élections européennes et locales.

La région Nord Pas-de-Calais Picardie où le FN est donné gagnant mais que le PS et le PCF ont dominé pendant des décennies illustre bien l'effondrement socio-économique du capitalisme français. Frappée par la désindustrialisation et la fermeture des mines de charbon, elle a un taux de chômage de 12,5 pour cent et l'un des taux de pauvreté les plus élevés en France. Selon l'organisme public de statistiques INSEE, « 1 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en Nord Pas-de-Calais Picardie, sur un total de 6 millions d’habitants ».

La classe dirigeante n'a pas de solution à ces problèmes sinon la répression et l’imposition d’un régime autoritaire. L’affirmation par le FN que le PS adopte sa politique contient cette part de vérité: la promotion ouverte du chauvinisme anti-immigrés, des mesures autoritaires, de l'austérité et de la guerre impérialiste, qui autrefois aurait été l’apanage du FN, est maintenant la politique bourgeoise conventionnelle.

Depuis son arrivée au pouvoir, le PS a présidé à la construction d'un vaste appareil d'Etat policier, à la légalisation de l'espionnage domestique de masse par les agences de renseignement et au déploiement de l'armée à l'intérieur du pays en tant que force de police.

La perspective existe réellement que, dans moins de deux ans, cet appareil se trouve aux mains du FN, un parti d'extrême droite dont les membres ont publiquement défendu le régime de Vichy, de collaboration avec les nazis, nié l'Holocauste et justifié le colonialisme français en Algérie. Cela souligne le fait que, même si elles sont expliquées par une lutte ostensible contre le terrorisme, les mesures d'Etat policier adoptées après le 13 novembre mettent en danger l'ensemble de la classe ouvrière.

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