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La France s’invite dans la guerre entre Bouteflika et le DRS (Mondafrique)

par Louise Dimitrakis 29 Décembre 2015, 05:41 Algérie France Taubira DRS Bouteflika Françafrique Tensions

Lors de sa visite à Alger le 21 décembre, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, a réclamé « la vérité » sur l’assassinat des moines de Tibhirine. Une façon de déstabiliser les services algériens (DRS) soupçonnés d’avoir trempé dans ce dossier?

Il ne manquait que cela pour qu’Alger s’enflamme à nouveau. Alors que de nombreux observateurs du sérail algérien pensaient que la fin d’année et sa période de fêtes allait imposer un semblant de pudeur aux acteurs de cette guerre de clans qui le régime algérien, le feu vient d’être encore une fois attisé. Mais cette fois-ci, c’est la France qui a déclenché les hostilités.

L’affaire des moines remise sur le tapis

Tout commence le 21 décembre dernier. Christiane Taubira, la ministre française de la Justice se déplace à Alger. Simple visite de travail dans le cadre de la très stratégique coopération franco-algérienne ? Non, loin s’en faut. Et pour cause, contre toute attente, la ministre française arbore le fâcheux dossier des moines de Tibhirine sauvagement exécutés par les terroristes du Groupe Islamique du Salut (GIA), en mars 1996. Taubira ne se contente pas de se poser des questions. Elle va jusqu’à réclamer la « vérité ». «Il est temps que nous arrivions au terme de cette affaire», a-t-elle déclaré textuellement en arguant que «les familles des victimes expriment cette urgence d’avoir une réponse, de savoir très précisément ce qu’il s’est passé».

Les mots sont forts, très forts. Et la charge est très lourde car elle engage d’autres enjeux politiques. Et comme par hasard, l’intervention de Taubira à Alger intervient au moment même où les anciens hauts gradés du DRS sont en guerre contre le clan présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Une guerre sans merci où tous les coups sont permis. Où tous les relais médiatiques sont mobilisés dans une ultime bataille de survie. Mais la sortie de Taubira a tout changé. Les anciens officiers du DRS ne s’y attendaient pas : une ministre française qui se déplace jusqu’à Alger et réclame la vérité sur un dossier géré par leurs services pendant les années 90, les années de sang qui alimentent les cauchemars des officiers du DRS mis à la retraite depuis 2008 et 2011.

Désavoeu

Pour ces officiers, cette nouvelle déclaration officielle d’une ministre française signifie clairement un désaveu exprimé par l’Elysée vis-à-vis de leur fronde menée contre Bouteflika et son cercle. Mettre en avant et devant les médias un dossier brûlant de la décennie noire est une menace formulées en des termes à peine voilée. «Si vous n’arrêtez pas de délégitimer notre allié Abdelaziz Bouteflika, on vous balancera à la figure le dossier des moines de Tibhirine. Un dossier où de nombreux hauts gradés du DRS et à leur tête le général Toufik peuvent officiellement être inculpés par la justice française si une enquête judiciaire mis en avant le rôle controversé du DRS dans l’assassinat barbare des moines», nous confie en toute discrétion un ancien officier du DRS qui fréquente régulièrement le cercle restreint des «amis» et «alliés» du général Toufik.

Pour notre interlocuteur, il ne fait aucun doute que les propos de Taubira à Alger sont un avertissement de la diplomatie française au «clan des anciens hauts responsables du DRS». D’après une autre source très proche de ces cercles à Alger, même les diplomates français en poste dans la capitale algérienne ont changé radicalement leur comportement vis-à-vis des alliés et partisans du général Toufik. Ces derniers commencent à perdre leurs «entrées» au sein de l’ambassade de France à Alger qui abrite un haut lieu d’influence où de nombreuses tractations sont conduites entre les différents «clans» au pouvoir en Algérie.

Bouteflika, l’allié de Paris

«La France n’a pas du tout intérêt à ce que son partenaire en Algérie soit délégitimé par une féroce campagne de déstabilisation telle qu’elle est menée en ce moment par les anciens dirigeants du DRS. La France mise sur Abdelaziz Bouteflika parce qu’elle ne voit pas une autre alternative sérieuse en Algérie. Ses affaires, ses business et ses opérations politiques en Libye et au Mali dépendent d’un régime Bouteflikien fort et stable. Elle ne peut donc cautionner l’effritement de ce bloc sur lequel elle s’appuie», reconnaît un lobbyiste algérois qui loue ses services «d’émissaires» aux responsables de l’ambassade de France. «Dans la transition et la succession d’Abdelaziz Bouteflika, les français ne parient vraiment pas sur des anciens militaires et paramilitaires qui ont les mains sales et l’esprit très soviétique», détaille encore notre interlocuteur.

Comme un rappel à l’ordre, la mise au point de Taubira à Alger sur l’affaire des moines de Tibhirine a été reçue 5 sur 5 par les adversaires de Bouteflika. Mais rien n’indique encore que ces derniers vont abdiquer dans cette guerre de clans qu’ils entretiennent depuis la mise à la retraire du général Toufik. Ils ont juste compris que, pour l’heure, ils doivent changer en urgence de stratégie.

Lors de sa visite à Alger le 21 décembre, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, a réclamé « la vérité » sur l’assassinat des moines de Tibhirine. Une façon de déstabiliser les services algériens (DRS) soupçonnés d’avoir trempé dans ce dossier?

Il ne manquait que cela pour qu’Alger s’enflamme à nouveau. Alors que de nombreux observateurs du sérail algérien pensaient que la fin d’année et sa période de fêtes allait imposer un semblant de pudeur aux acteurs de cette guerre de clans qui le régime algérien, le feu vient d’être encore une fois attisé. Mais cette fois-ci, c’est la France qui a déclenché les hostilités.

L’affaire des moines remise sur le tapis

Tout commence le 21 décembre dernier. Christiane Taubira, la ministre française de la Justice se déplace à Alger. Simple visite de travail dans le cadre de la très stratégique coopération franco-algérienne ? Non, loin s’en faut. Et pour cause, contre toute attente, la ministre française arbore le fâcheux dossier des moines de Tibhirine sauvagement exécutés par les terroristes du Groupe Islamique du Salut (GIA), en mars 1996. Taubira ne se contente pas de se poser des questions. Elle va jusqu’à réclamer la « vérité ». «Il est temps que nous arrivions au terme de cette affaire», a-t-elle déclaré textuellement en arguant que «les familles des victimes expriment cette urgence d’avoir une réponse, de savoir très précisément ce qu’il s’est passé».

Les mots sont forts, très forts. Et la charge est très lourde car elle engage d’autres enjeux politiques. Et comme par hasard, l’intervention de Taubira à Alger intervient au moment même où les anciens hauts gradés du DRS sont en guerre contre le clan présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Une guerre sans merci où tous les coups sont permis. Où tous les relais médiatiques sont mobilisés dans une ultime bataille de survie. Mais la sortie de Taubira a tout changé. Les anciens officiers du DRS ne s’y attendaient pas : une ministre française qui se déplace jusqu’à Alger et réclame la vérité sur un dossier géré par leurs services pendant les années 90, les années de sang qui alimentent les cauchemars des officiers du DRS mis à la retraite depuis 2008 et 2011.

Désavoeu

Pour ces officiers, cette nouvelle déclaration officielle d’une ministre française signifie clairement un désaveu exprimé par l’Elysée vis-à-vis de leur fronde menée contre Bouteflika et son cercle. Mettre en avant et devant les médias un dossier brûlant de la décennie noire est une menace formulées en des termes à peine voilée. «Si vous n’arrêtez pas de délégitimer notre allié Abdelaziz Bouteflika, on vous balancera à la figure le dossier des moines de Tibhirine. Un dossier où de nombreux hauts gradés du DRS et à leur tête le général Toufik peuvent officiellement être inculpés par la justice française si une enquête judiciaire mis en avant le rôle controversé du DRS dans l’assassinat barbare des moines», nous confie en toute discrétion un ancien officier du DRS qui fréquente régulièrement le cercle restreint des «amis» et «alliés» du général Toufik.

Pour notre interlocuteur, il ne fait aucun doute que les propos de Taubira à Alger sont un avertissement de la diplomatie française au «clan des anciens hauts responsables du DRS». D’après une autre source très proche de ces cercles à Alger, même les diplomates français en poste dans la capitale algérienne ont changé radicalement leur comportement vis-à-vis des alliés et partisans du général Toufik. Ces derniers commencent à perdre leurs «entrées» au sein de l’ambassade de France à Alger qui abrite un haut lieu d’influence où de nombreuses tractations sont conduites entre les différents «clans» au pouvoir en Algérie.

Bouteflika, l’allié de Paris

«La France n’a pas du tout intérêt à ce que son partenaire en Algérie soit délégitimé par une féroce campagne de déstabilisation telle qu’elle est menée en ce moment par les anciens dirigeants du DRS. La France mise sur Abdelaziz Bouteflika parce qu’elle ne voit pas une autre alternative sérieuse en Algérie. Ses affaires, ses business et ses opérations politiques en Libye et au Mali dépendent d’un régime Bouteflikien fort et stable. Elle ne peut donc cautionner l’effritement de ce bloc sur lequel elle s’appuie», reconnaît un lobbyiste algérois qui loue ses services «d’émissaires» aux responsables de l’ambassade de France. «Dans la transition et la succession d’Abdelaziz Bouteflika, les français ne parient vraiment pas sur des anciens militaires et paramilitaires qui ont les mains sales et l’esprit très soviétique», détaille encore notre interlocuteur.

Comme un rappel à l’ordre, la mise au point de Taubira à Alger sur l’affaire des moines de Tibhirine a été reçue 5 sur 5 par les adversaires de Bouteflika. Mais rien n’indique encore que ces derniers vont abdiquer dans cette guerre de clans qu’ils entretiennent depuis la mise à la retraire du général Toufik. Ils ont juste compris que, pour l’heure, ils doivent changer en urgence de stratégie.

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