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Sarkozy, BHL et l’OTAN sont responsables des attaques terroristes en Tunisie et au Mali (InvestigAction)

par Olivier Ndenkop 9 Décembre 2015, 09:23 OTAN France Françafrique Sarkozy BHL Libye Tunisie Mali Américafrique

Sarkozy, BHL et l’OTAN sont responsables des attaques terroristes en Tunisie et au Mali (InvestigAction)

Le mardi 24 novembre 2015, une attaque terroriste, la troisième du genre revendiquée par Daesh, a visé un bus de la garde présidentielle, faisant 12 morts en Tunisie. 24 heures après l’attaque kamikaze, le gouvernement tunisien a décidé de fermer sa frontière avec la Libye. Pour le président Béji Caïd Essebsi, les choses sont claires : les auteurs de cette barbarie, quelle que soit leur nationalité, viennent de la Libye où depuis l’assassinat de Kadhafi, ils sont des milliers à être entrainés et équipés pour aller semer la mort partout en Afrique du Nord et au-delà. Du vivant de Kadhafi, personne ne pouvait s’aventurer à installer une base d’entrainement au Jihad dans cet eldorado particulièrement sécurisé et surveillé de jour comme de nuit par une armée qui comptait parmi les plus équipées du continent. Les assassins de Kadhafi sont donc, de fait, les responsables de la montée du Jihad qui endeuille l’Afrique du Nord.

Comme toute guerre, celle contre la Libye a été vendue aux peuples comme une guerre de libération. Une guerre « juste ». Il fallait aider les Libyens à se débarrasser de la dictature de Kadhafi, nous a-t-on dit. Le Français Bernard-Henri Levy, posant avec un rebelle à Benghazi a fait croire aux lendemains qui chanteront pour les Libyens. Nicolas Sarkozy alors président français est monté au créneau pour indiquer que la paix dans le monde arabe voire dans le monde tout court passait par la neutralisation de Kadhafi présenté comme l’incarnation du diable sur terre ! Les médias du monde entier ont repris cette propagande de guerre. Pis, sans aucune vérification, les médias ont raconté que Kadhafi a bombardé sa propre population ; qu’il utilise des armes de guerre et autres bombes mortifères contre un peuple aux mains nues.

L’occasion faisant le larron, un certain Ali Zeidan s’autoproclame porte-parole de la Ligue libyenne des Droits de l’Homme. Pour retenir l’attention du public, M. Zeidan déclare que Kadhafi a bombardé son peuple, faisant six mille morts. Aucune preuve de ces allégations n’est donnée. N’empêche, les médias vont se mettre à diffuser le bilan de ces morts qui n’existent que dans la tête d’Ali Zeidan.

S’appuyant sur ces chiffres préfabriqués, la France de Sarkozy va instrumentaliser l’Organisation des nations Unies afin d’obtenir un feu vert pour tuer Kadhafi. C’est ainsi que le 26 février 2011, à la demande du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, le Conseil de sécurité de l’ONU vote la Résolution 1973 instituant une zone de non-vol au-dessus de la Libye. Paré de ce bouclier juridique, les pays de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dirigés par la France de Sarkozy a soumis intensivement bombardé la Libye, tuant son chef !

Refusant toutes les mains tendues de Kadhafi, rejetant la voie de la négociation proposée par le Gabonais Jean Ping1, président de la Commission de l’Union Africaine, l’OTAN, dominée par les impérialistes occidentaux a tué Kadhafi.

L’assassinat de Kadhafi a apporté le terrorisme et non le développement promis

Après la guerre de l’Otan contre la Libye, le pays le plus prospère de l’Afrique est devenu un cimetière géant ! Un No man’s land où on égorge des êtres humains comme des moutons de la Tabaski2 ! Le pays est devenu est repaire de djihadistes. Les écoles et les hôpitaux ont été largement détruits. Conséquences, les gens ne peuvent plus aller à l’école ni se soigner gratuitement et massivement comme à l’ère de Kadhafi. Les groupes rebelles rivaux s’y affrontent pour le contrôle des puits de pétrole. Le gouvernement de Tripoli conteste la légalité et la légitimité de celui de Tobrouk, vice-versa. L’économie du pays est à l’arrêt. En Libye, le développement a cédé la place à la misère ! Voilà comment une guerre néocoloniale, déguisée en « guerre humanitaire 3 » a éteint les espoirs de tout un peuple. Les conséquences de cette guerre néocoloniale vont plus loin et personne n’est sûr d’en être totalement à épargné, où qu’il se trouve.

Il est évident de constater que tous les voisins de la Libye (Tunisie, Algerie, Niger, Tchad et Soudan) sombrent progressivement dans l’insécurité. Chacun de ces cinq pays a déjà été au moins une fois victime d’attaque terroriste. Le pays de Kadhafi occupe une place importante au sein de l’international terroriste pour trois raisons au moins : 1- la Libye est une grande pourvoyeuse de fonds au terrorisme (argent issu de la vente de pétrole et autres trafics dans les zones contrôlées par les barbus). 2-base de recrutement et d’entrainement. 3-base de repli.

Le cercle des Etats victimes de l’insécurité en Libye est bien plus grand. Pour déstabiliser la République centrafricaine en décembre 2013, la Séléka de Michel Djotodia mettait ainsi en application un projet franco-tchadien avec des armes venues entre autres de… Libye. Les spécialistes des questions sécuritaires expliquent que Boko Haram doit aussi sa force dans une large mesure au chaos libyen qui permet au groupe terroriste d’obtenir des financements et des armes sans grande surveillance. Les islamistes qui ont semé le bordelle au Mali se sont approvisionné à peu de frais dans les arsenaux libyens. Ainsi, des attaques de Tombouctou, de Gao ou de Bamako, vous trouverez que la Libye a contribué en endoctrinement, en entrainement, en financement et/ou en armement.

Pour parvenir à déstructurer la Libye, les Etasuniens reconnaissent avoir largué plus de 192 missiles BGM-109 tomahawk. La France se vante d’avoir effectué 2.225 frappes aériennes dont 11 missiles de croisière. Bien plus, au plus fort de la guerre contre Kadhafi, la France a armé les terroristes pour combattre et tuer un dirigeant en poste. Comme le confirme Tony Cartalucci, l’organisation terroriste qui combattait le régime de Kadhafi en 2011 a bénéficié du soutien direct de l’OTAN « qui a entraîné ses membres, leur a fourni des armes, des forces spéciales et même des aéronefs pour les aider à renverser le gouvernement libyen 4 ». Y aura-t-il un Tribunal de Nuremberg pour ces gens-là un jour ?

Curieusement, lorsque les spécialistes, parfois de circonstance nous expliquent la montée du terrorisme en Afrique après le Journal télé de 20h, ils se gardent tous de nous dire pourquoi ce qui ce qui arrive, arrive avec tant de facilité et de récurrence. Comme si la loi de la causalité selon laquelle il n’y a jamais d’effet sans cause était devenue subitement inopérante. Vous aurez remarqué qu’aucun de cette armée de « spécialistes de l’Afrique » qui ont défilé sur votre petit écran pour « expliquer » l’attaque de l’hôtel Radisson Blu de Bamako n’a cru utile de vous dire que le fameux Mokhtar Belmokhtar qui a revendiqué l’attaque de cet établissement hôtelier est un pur produit de la CIA qui l’a recruté, formé, armé et utilisé sur plusieurs « fronts ».

Libye de Kadhafi : la vérité des chiffres

Au-delà de la propagande menée par les impérialistes et leurs médias sur la Libye, il est important de dire ce qu’a fait Kadhafi pour son pays et pour l’Afrique, avec les limites inhérentes à la nature humaine.

La Libye accède à l’indépendance le 24 décembre 1951 après une guerre contre les colons italiens. Appuyé par les Anglais et les Etasuniens, le Roi Idriss, chef de la confrérie religieuse des Senoussi devient président de la jeune République. En cette année 1951, le pétrole libyen n’est pas encore découvert et encore moins exploité.

Mais l’Angleterre et les USA ont installé des bases militaires dans ce pays qui leur permettent de contrôler la mer Rouge et la mer Méditerranée. En 1954, Nelson Bunker Hunt, un riche Texan découvre le pétrole dans ce pays5.

Le potentiel est énorme, 44 milliards de barils. Et la qualité y est. Pendant une décennie, le Roi Idriss va vendre le pétrole libyen à 30% du prix mondial. Le peu d’argent obtenu sert essentiellement à l’enrichissement personnel du Roi et ses proches. Le 1er septembre 1969 un jeune officier militaire de moins de 30 ans accède au pouvoir après un coup d’Etat contre le Roi Idriss. Son nom ? Mouammar Kadhafi. Comme première décision, Kadhafi décide de fermer les bases militaires étrangères dans son pays. Il augmente le prix du pétrole libyen qu’il a tôt fait de nationaliser. Les importantes sommes d’argent générées par la vente du pétrole désormais mieux vendu sont investies pour développer la Libye.

Sous Kadhafi, le taux d’alphabétisation est passé de 10% en 1969 à 88% en 2011. L’espérance de vie à la naissance a progressé de 57 ans en 1969 à 74 ans en 2010. Avant son assassinat, Kadhafi avait porté le PIB de la Libye à 12 062 dollars US par habitant. Les Libyens bénéficiaient d’un crédit de 20 ans sans intérêts pour construire leur maison. Les nouveaux mariés recevaient 64 000 dollars pour acheter leur appartement conjugal. L’Etat accordait une aide financière de 20 000 dollars aux Libyens qui lancent une activité privée susceptible d’impacter positivement sur l’économie du pays…

Sur le plan africain, Kadhafi a permis au continent d’avoir son tout premier satellite en déboursant la somme de 300 millions de dollars en 2006 pour permettre à l’Afrique de disposer d’un satellite, nécessaire pour la téléphonie bon marché et pour la télévision à large échelle. Il ne s’arrête pas en si bon chemin. Kadhafi constitue une réserve de 30 milliards de dollars pour financer la Banque centrale africaine (Nigéria), la Banque africaine d’Investissements (Syrte) et le Fonds monétaire africain (Yaoundé).

Pourquoi a-t-on tué un homme malgré son bilan largement positif ?

La guerre déclenchée le 19 mars 2011 contre Kadhafi avait un seul objectif : arrêter le développement de la Libye et la libération de l’Afrique courageusement portés par le Guide libyen.

Précision importante : avant le premier satellite africain financé au ¾ par Kadhafi, l’Afrique déboursait chaque année la somme de 500 millions de dollars pour louer les satellites occidentaux. Ce qui veut dire que Kadhafi a privé les capitalo-impérialistes d’une rente de 500 millions de dollars par an.

En dotant l’Afrique des institutions financières telles que la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain et la Banque africaine d’Investissements, le capitalisme financier international était menacé de mort. Car ces institutions purement africaines allaient entraîner trois conséquences fatales pour les impérialistes 1) Fin du service de la dette qui génère des intérêts astronomiques au FMI et à la Banque mondiale. 2) L’Euro et le dollar perdraient leur pouvoir de monnaie hégémoniste, incontournable dans les échanges Nord-Sud et parfois Sud-Sud (la Banque centrale africaine avait charge de battre une monnaie africaine). 3) Renforcement de la coopération Sud-Sud, préalable au développement du continent.

Notes :

1. Jean Ping a publié en 2014 un livre sous le titre : Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadhafi ? En regrettant que les Etats impérialistes aient refusé toute solution négociée dans la crise libyenne, il tient ces derniers responsables du chaos qui règne actuellement dans ce pays.

2. L’image des 20 Egyptiens coptes égorgés en Libye par les terroristes a fait le tour du monde.

3. Pour mieux comprendre la guerre de l’OTAN contre la Libye, lire le livre de Michel Collon intitulé : Libye, OTAN et Médiamensonges. Manuel de contre propagande, Investig’Action-Couleur livres, 2011.

4. The Geopolitical Reordering of Africa : US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, Global Research, janvier 2013.

5. Michel Collon, Grégoire Lalieu, La stratégie du chaos. Impérialisme et islam. Entretien avec Mohamed Hassan, Investig’Action-Couleur livres, Bruxelles, 2011, P.203.

Source : Investig’Action

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