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Alep. Violents combats entre le régime syrien et l'EI, des dizaines de morts (AFP)

par AFP/OLJ 16 Janvier 2016, 18:42 Alep EI Syrie Combats Terrorisme Lutte

Selon l'OSDH, les forces du régime ont un plan précis pour couper le territoire que contrôle l'EI dans la province d'Alep de celui qu'il contrôle à Raqqa.

De violents combats se déroulaient samedi dans le nord et l'est de la Syrie où les forces du régime, soutenues par les frappes russes, affrontent le groupe État islamique (EI), qui a tué au moins 35 combattants progouvernementaux.

Dans la province d'Alep (nord), au moins 16 combattants de l'EI ont été tués dans une attaque avortée contre une position du régime près de la ville d'al-Bab, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La télévision d'État a également rapporté que les forces du régime avaient repoussé une offensive dans la région.

Selon l'OSDH qui dispose d'un large réseau d'informateurs en Syrie, des avions russes effectuaient des frappes dans la région entre l'aéroport militaire de Koueiris, contrôlé par le régime, et al-Bab, dans le nord-est de la province. Au cours des derniers jours, les forces prorégime ont progressé vers al-Bab, un bastion de l'EI, en reprenant plusieurs villages aux alentours. Elles se trouvent désormais à moins de dix kilomètres de cette ville, une distance qu'elles n'avaient plus atteinte depuis 2012. Située à 30 km au sud de la frontière turque, al-Bab est tombée aux mains des rebelles en juillet 2012 puis de l'EI en novembre 2013.

Les combattants prorégime tentent notamment de couper l'accès des rebelles à Alep, la deuxième ville de Syrie, qui est divisée entre quartiers ouest contrôlés par le gouvernement et quartiers est sous contrôle rebelle. "A travers cette opération, l'armée tente d'élargir sa zone de sécurité autour de la ville" d'Alep, et d'empêcher les rebelles de se réapprovisionner depuis les environs, a expliqué à l'AFP une source de sécurité. Selon un commandant des forces progouvernementales, le régime se bat actuellement sur sept fronts différents dans la province d'Alep.

Le régime espère aussi affaiblir l'EI qui contrôle une partie de la province, voisine de celle de Raqqa, dont le chef-lieu est la capitale de facto du groupe jihadiste. "Les forces du régime ont un plan précis pour couper le territoire que contrôle l'EI dans (la province d')Alep de celui qu'il contrôle à Raqqa", souligne Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

( Lire aussi : L’EI sur le déclin ? Pas vraiment... )

'Lourdes pertes'
En difficulté l'été dernier, les forces de Bachar el-Assad ont repris l'offensive depuis le début le 30 septembre de l'intervention de la Russie, fidèle allié de Damas, qui a depuis mené des milliers de frappes aériennes.

Certaines opérations ont rencontré un réel succès, à l'image de la prise de Salma, quartier général des rebelles islamistes et du Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, dans les montagnes de Lattaquié (nord-ouest). Mais l'EI reste capable d'infliger des défaites au régime et a tué samedi 35 soldats et combattants de milices progouvernementales dans une offensive sur plusieurs fronts dans la ville de Deir ez-Zor (est), selon l'OSDH.

L'ONG affirme que l'organisation jihadiste a avancé dans le nord de la capitale divisée de la province pétrolière du même nom et s'est emparée d'une banlieue de la ville, al-Baghaliyeh, lui permettant ainsi de contrôler désormais environ 60% de l'agglomération.

L'agence officielle syrienne Sana a de son côté affirmé que les troupes du régime avaient repoussé une attaque de l'EI dans la zone autour d'al-Baghaliyeh et imposé "de lourdes pertes" au groupe. Le régime contrôle toujours des portions de la capitale provinciale ainsi qu'un aéroport militaire à proximité, malgré les attaques répétées de l'EI.

Depuis le début en mars 2011 de la guerre civile en Syrie, devenue de plus en plus complexe avec une multiplication des acteurs, 260.000 personnes sont mortes et des millions ont été poussées à la fuite.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a réclamé vendredi la levée des sièges des villes qu'il a qualifiés de "tactique barbare" et de "violation grave du droit international". Après des mois d'attente désespérée, les habitants de Madaya, ville assiégée près de Damas, ont reçu cette semaine une aide humanitaire d'urgence fournie par les agences de l'Onu, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant rouge syrien (SARC).

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