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Assad reste et l'Arabie saoudite ? (Irib)

par Irib 20 Janvier 2016, 19:45 Syrie Conference Assad Arabie Saoudite USA Russie

Ainsi, Washington a accepté le maintien du président Bachar Assad au pouvoir jusqu’à mars 2017. C’est ce qu’on indique dans un document divulgué probablement d’une manière préméditée.Et lorsque la diplomatie américaine a voulu calmer les inquiétudes des adversaires d’Assad face à cette fuite, elle a eu l'effet inverse en proclamant : «le timing du départ d’Assad n’est pas fixé d'après la vision américaine».Washington a négligé d'anciennes déclarations dans lesquelles il affirmait, il y a cinq ans, l’inéluctabilité du départ d’Assad comme condition préalable à toute solution.La solution aura lieu ainsi en présence du président syrien au pouvoir, alors que son départ sera abordé plus tard.Le nom d’Assad n'a pas figuré dans le document relatif à la solution internationale en Vienne. Alors que le report des élections pour une durée de 18 mois, vise à faire passer le reste du mandat de Barack Obama. Y-a-t-il de plus clair pour dire qu’Obama a abandonné le dossier syrien pour son homologue implacable Vladimir Poutine ? Pas de réponse plus claire.De fait, avec la reconnaissance internationale du maintien d’Assad au pouvoir pour une durée précise officiellement et non précise dans les coulisses, l’Arabie saoudite aurait perdue, même temporairement, une des principales arènes de concurrence avec l’Iran. Un autre fait a amplifié sa perte. La mort de son homme militaire en Syrie, le chef de l’Armée de l’Islam, Zahran Allouch. Des assassinats de ce genre ont lieu d’habitude lorsque débutent les compromis entre les puissants. Deux possibilités sont posées dans ce contexte : ou bien les Etats-Unis ont accepté d’affaiblir l’Arabie (en Syrie, au Yémen, en Irak et puis au Liban), dans le but de soumettre la nouvelle génération des gouverneurs en Arabie et de produire un nouveau trône qui serve plus ses intérêts (ce qui est possible) ou qu’ils sont désormais dans l’incapacité d’agir, (ce qui est peu probable). Mais dans les deux cas, ils ne toléreront pas l’effondrement du royaume.Ouvrons des parenthèses pour rappeler que lors de la visite du chef de la Rencontre démocratique, Walid Joumblat, à la Maison blanche en 2007, durant le mandat du fameux prédicateur du bien et du mal, Georges w Bush qui a tué tout comme Tony Blair plus d’un million et demi d’Irakiens, le président américain est intervenu durant la réunion de Joumblat avec le conseiller de la Sécurité nationale, Stephen Hadley et ses deux adjoints pour les affaires du Moyen Orient, Michael Durant et Elliot Abrams (cet homme ayant joué un rôle dans toutes les catastrophes arabes). En ce moment et dans le contexte des espoirs d’une partie libanaise sur la chute inéluctable du régime syrien, Bush a indiqué qu’il ne voulait pas renverser le régime, mais plutôt «améliorer sa conduite», comme a voulu Obama plus tard « améliorer la conduite» de l’Iran.Ce serait peut-être ce que veut faire Washington à l’heure actuelle à l’égard de l’Arabie, qui constitue en une certaine mesure un fardeau, notamment depuis ses objections contre l’accord nucléaire entre l’Iran et l’Occident et sa tentative de l’entraverEt puis pour avoir ouvert ses marchés aux usines d’armes françaises.Cette charge s’est d’ailleurs alourdie récemment, à la suite des tentatives militaires, politiques et économiques menées par l’émir Mohammad Ben Salman dans l’espoir de redresser un projet arabe sunnite contre «l’extension farsi iranienne chiite», comme on indique dans les fuites.Ces tentatives menées par l’émir Mohammad Ben Salman, en tant que ministre de la Défense, placent les alliés occidentaux dans une position délicate. Ceux-là estiment que toute faiblesse de l’Arabie signifie une augmentation du pouvoir de l’Iran. Il faut donc redresser les faits puisque l’objectif était de faire de l’Iran un partenaire effectif et acceptable dans le contexte de la lutte antiterrorisme, de garantir les intérêts occidentaux et de maintenir l’Arabie comme un acteur en action.Rappelons-nous que les Etats-Unis ont abandonné leur allié égyptien, Hosni Moubarak, lorsqu’il ne fut plus en mesure de garantir leurs intérêts et d’assurer la stabilité intérieure. Ils ont aussi abandonné leur allié tunisien pour les mêmes raisons. Mais ils n’ont jamais pensé à abandonner l’Egypte ou la Tunisie, comment serait alors le cas avec un pays de la taille de l’Arabie et de son rôle, important pour Washington, les pays de l’Otan et la région.Que veut donc l’administration américaine de l’Arabie ?- On connait que les décideurs américains, préféraient et préfèrent toujours le prince héritier, l’émir Mohammad Ben Nayef, à l’émir Mohammad Ben Salman, second prince héritier.

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