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La gaffe de Valls sur le Gabon provoque un incident diplomatique (Ouest-France)

par Ouest France 19 Janvier 2016, 15:26 Valls Ali Bongo ONPC Gabon France Françafrique Jeremy Ferrari

Le Gabon n'a pas apprécié les propos du Premier ministre, Manuel Valls, tenus samedi soir dans l'émission de Laurent Ruquier. Le pays a décidé de rappeler son ambassadeur.

Les propos de Manuel Valls sur l'élection du président du Gabon, en 2009, lors de son passage samedi soir dans l'émission de Laurent Ruquier, n'ont visiblement pas plu à Ali Bongo. En réaction aux propos tenus par le Premier ministre français, le Gabon a annoncé le rappel de son ambassadeur en France.

Invité de l'émission de Laurent Ruquier, le chef du gouvernement français, prié de dire par un de ses interlocuteurs si le président gabonais avait été élu démocratiquement, a répondu: « Non, pas comme on l'entend. » Une sortie qui a surpris les autorités gabonaises.

Le Gabon « surpris et choqué »

Sur l'antenne de la télévision nationale, le ministre de l'Intérieur, Pacome Moubelet Boubeya, a déclaré tard dimanche soir que Libreville demanderait des clarifications.

Le ministre s'est dit « surpris et choqué » par les propos de Manuel Valls « quand nos deux pays entretiennent d'excellentes relations ».

« Un malentendu » pour le ministère des Affaires étrangères

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a pareillement rappelé les « relations amicales et confiantes » qui existent entre les deux pays et évoqué un « malentendu ». « Le Gabon est pour la France un partenaire proche dans de nombreux domaines », a souligné le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, lors d'un point de presse.

« Pour dissiper tout malentendu, ce (lundi) matin notre ambassadeur à Libreville a été reçu par la secrétaire générale du ministère gabonais des Affaires étrangères, de la Francophonie et de l'Intégration régionale et l'ambassadeur du Gabon à Paris est reçu aujourd'hui même à Matignon. »

Des précédents

En 2009, l'opposition gabonaise avait contesté la régularité de l'élection d'Ali Bongo à la présidence à la suite du décès de son père, Omar Bongo, qui gouvernait l'ancienne colonie française depuis 1967. Le président sortant devrait briguer un deuxième septennat à l'occasion de la présidentielle prévue en août prochain.

Ce n'est pas la première fois que les autorités gabonaises, qui voient d'un mauvais œil l'enquête judiciaire sur les présumés « biens mal acquis » de la famille Bongo en France, rappelle son ambassadeur à Paris. À deux reprises déjà ces dernières années, Germain Ngoyo Moussavou a été rappelé. À chaque fois, il a repris ses fonctions.

100 entreprises françaises implantées

La France reste un acteur central de l'économie du Gabon, où plus de 100 entreprises françaises sont implantées, dont la compagnie pétrolière Total.

L'armée française dispose aussi d'une base à Libreville où sont stationnés plus de 400 soldats français.

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