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Mort mystérieuse du patron du plus secret des services secrets russes (Courrier international)

par Ekaterina Dvinina 8 Janvier 2016, 18:54 Russie Disparition Igor Sergoun Mystere Services secrets russes Alexandre Chouchoukine

Des informations contradictoires sur la disparition, début janvier, du général Igor Sergoun, qui dirigeait les services secrets de l’armée russe (GRU), alimentent des rumeurs sur un possible nettoyage au sein de l’état-major.

Il existe désormais deux versions de la mort d’Igor Sergoun, le patron de la Direction centrale du renseignement de l’état-major de l’armée russe (GRU), à l’âge de 58 ans, en ce début janvier.

Selon la version officielle, le numéro un des services secrets de l’armée, en poste depuis 2011, aurait succombé le 4 janvier (le 3 janvier selon certaines sources) à une crise cardiaque dans les environs de Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a adressé à la famille du défunt un message de condoléances, dans lequel il saluait “un commandant compétent” et“un véritable patriote”, rapportait le même jour le journal Moskovski Komsomolets. La chaîne de télévision pro-Kremlin LifeNews indiquait de son côté, en citant une source anonyme dans le milieu médical, que sa mort aurait été causée par le“surmenage” : “Trop de travail, le manque de sommeil, et d’autres symptômes liés à sa fonction.”

A Moscou… ou au Liban ?

Mais, le 6 janvier, l’agence privée américaine spécialisée dans le renseignement Stratfor, créée en 1996 par des anciens des services secrets américains, a contredit cette version, affirmant que le directeur de la GRUétait “décédé non pas le 3 janvier dans la banlieue de Moscou, mais le 1er janvier au Liban”, écrit le site d’information russe Grani.ru.

Lire également : Terrorisme : le fiasco du FSB


Relayée par de nombreux journaux russes, Stratfor s’interroge notamment sur “les raisons de la présence de Sergoun dans ce pays réputé être un foyer pour les services secrets du monde entier”, ainsi que sur les raisons qui ont poussé le Kremlin à “dissimuler le fait qu’il était mort à l’étranger”. De même, l’agence désigne Igor Sergoun comme étant l’un des principaux “architecte[s] de la guerre hybride [menée par la Russie] dans l’est de l’Ukraine”.

“Précédemment, Kiev avait pointé à plusieurs reprises l’implication de la GRU dans les opérations militaires se déroulant dans le sud-est de l’Ukraine, information que Moscou a démentie”, relève sur son site le quotidien RBC Daily. En outre, Igor Sergoun figurait depuis 2014 sur la liste noire des Etats-Unis et de l’Union européenne, en raison de “l’activité des officiers de la GRU dans l’est de l’Ukraine”, ajoute le journal.

Une autre disparition suspecte


Quelques jours plus tôt, l’état-major russe perdait un autre haut gradé, le général Alexandre Chouchoukine, qui a succombé à un arrêt cardiaque, le 27 décembre 2015. Ces deux disparitions rapprochées ont suscité les conjectures les plus audacieuses, en Russie comme en Ukraine, sur un possible nettoyage qui viserait les militaires responsables de l’annexion de la Crimée. L’expert militaire russe Pavel Felguenghauer, interrogé par le site ukrainien Novoïé Vremia, ne voit“aucun lien entre ces deux morts” et privilégie la thèse d’un banal abus d’alcool à l’occasion des fêtes de fin d’année.

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