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Pourquoi el Gueddafi a été assassiné? Encore une fois la rapine des puissants (L'Expression.dz)

par Chems Eddine CHITOUR 14 Janvier 2016, 11:49 Libye Kadhafi Assassinat Sarkozy David Cameron Hillary Clinton Crimes contre l'humanité OTAN Françafrique

«Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques vient précisément de l’exploitation du continent africain.» Jacques Chirac ancien président de la République française

L’actualité ces jours-ci a remis sur le devant de la scène un dossier récurrent, celui des causes de la mort du leader libyen Mouammar El Gueddafi. On aura tout dit sur les conditions abjectes de sa mort et comment l’impunité mondiale fait que les assassins sont dans la nature et les commanditaires pas inquiétés. C’est dire si la Cour Pénale Internationale est défaillante et au final n’est véritablement conçue que pour juger les faibles de ce monde.

Les causes de l’invasion de la Libye et du meurtre d’El Gueddafi

On sait que les médias main stream nous servent en boucle une version soft celle de l’humanisme des pays occidentaux vis-à-vis de la barbarie d’El Gueddafi envers son peuple. Qu’en est-il exactement? C’est un fait qu’El Gueddafi n’était pas un enfant de coeur, il a dû éliminer ses opposants pour asseoir un pouvoir sans partage de 40 ans en pensant le léguer à ses enfants. Une sorte de Jamahiriya dynastique. Mais le peuple profond était-il malheureux? Mangeait-il à sa faim? La Libye avait le deuxième niveau de vie en Afrique. Une nouvelle monnaie unique africaine serait la véritable cause de l’intervention française en Libye. En effet, d’après les éléments trouvés dans les lettres de Hillary Clinton déclassifiées le 31 décembre, la vraie raison de l’intervention en Libye était l’or qui aurait pu empêcher les plans de Nicolas Sarkozy de répandre son influence dans la région.
La correspondance de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a montré qu’en 2011, Mouammar El Gueddafi possédait 143 tonnes d’or et 143 tonnes d’argent avec lesquels il souhaitait créer une nouvelle monnaie unique pour l’Afrique et fournir aux pays francophones africains «une alternative au Franc CFA». «L’or avait été rassemblé avant la révolte actuelle et devait être utilisé pour la création d’une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen», lit-on dans le courriel de l’ex-secrétaire d’Etat américain, le courriel confidentiel d’Hillary Clinton sur les vraies raisons de l’engagement français en Libye: au total, la valeur de ces réserves s’élevait à près de 7 milliards de dollars.(1) (2)
D’après le même document, le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que cette nouvelle monnaie permette à l’Afrique du Nord d’acquérir une indépendance économique, qui n’aurait pas fait les affaires de la France et de toute l’Europe. L’intervention militaire en Libye a commencé en 2011 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies et s’est déroulée entre le 19 mars et le 31 octobre 2011 pour mettre en oeuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité pour ^protéger les populations libyennes.» (1)
Pour Nicolas Sarkozy: «Pas question de laisser les colonies françaises d’Afrique avoir leurs propres monnaies!» Apparemment, l’ancien président de la République française s’est à nouveau illustré dans des propos choquants. Lors d’une interview à BFMTV, Il aurait dit que le meilleur moyen de préserver la bonne sante de l’économie française, c’était de maintenir le FCFA comme la seule monnaie utilisable dans les colonies françaises en Afrique. (2)

Les menaces que constituent le pétrole et l’or libyens face aux intérêts français

On prêtait à El Gueddafi outre son rôle de mécène et d’aide sans contrepartie aux pays africains au point d’avoir pu stabiliser dans une certaine mesure l’immigration sahélienne, le désir de doter les Etats «CFA3 d’une nouvelle monnaie. C’est sans doute cela qui a dû signer son arrêt de mort. «Un e-mail envoyé à Hillary Clinton en avril 2011 avec pour objet «les clients de la France et l’or de Kadhafi» révèle des ambitions beaucoup moins nobles. L’e-mail identifie le président français Nicolas Sarkozy en tant que leader de l’attaque sur la Libye avec cinq objectifs précis en tête: obtenir le pétrole libyen, assurer l’influence française dans la région, accroître la réputation de Sarkozy au niveau national, affirmer la puissance militaire française, et éviter l’influence d’El Gueddafi dans ce qui est considéré comme «l’Afrique francophone». Le plus étonnant est la longue section relatant l’énorme menace que l’or et l’argent des réserves d’El Gueddafi, estimées à «143 tonnes d’or, et un montant similaire en argent» pourraient poser au «franc français» (CFA) en circulation comme monnaie africaine en Afrique francophone. Ce plan a été conçu pour fournir aux pays africains francophones une alternative au franc (CFA).
On sait qu’en Afrique, les zones francs constituent des espaces monétaires et économiques sur le territoire de plusieurs Etats de l’ancien Empire colonial français. Après l’accession à l’indépendance, la plupart de ces nouveaux Etats sont restés dans la sphère française. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que cette nouvelle monnaie permettre à l’Afrique du Nord d’acquérir une indépendance économique, qui n’aurait pas fait les affaires de la France. Ces données seraient l’«un des facteurs qui a amené l’intervention en Libye et jusqu’à l’élimination inhumaine d’El Gueddafi pour qu’il ne parle pas au vu des secrets qu’il détenait, notamment la campagne pour la présidentielle française qu’il aurait sponsorisée.

Le discours prémonitoire d’El Gueddafi

On prête à El Gueddafi des propos prémonitoires d’une rare lucidité: «Chacun de nous peut être pendu par les Etats-Unis comme l’a été Saddam Hussein, ancien président d’Irak», a prévenu le défunt colonel Mouammar El Gueddafi lors de son discours prémonitoire au sommet de la Ligue des États arabes en 2008. ´´Une puissance étrangère vient chez nous, occupe un pays arabe, pend son président et nous tous, simplement, le regardons de l’extérieur. Pourquoi n’a-t-on pas fait d’enquête sur l’exécution de Saddam Hussein? Comment peut-on pendre un prisonnier de guerre, un président d’un pays arabe qui fait partie de cette même Ligue des États arabes?´´, a-t-il fustigé.
«Chacun de vous peut être le suivant´´, a prévenu M.Kadhafi. Il a rappelé que les Etats-Unis avaient lutté contre l’ancien guide de la Révolution de l’Iran Rouhollah Khomeini avec Saddam Hussein, qu’ils qualifiaient alors d’ami. M.Hussein était lié d’amitié avec l’ancien vice-président des États-Unis Dick Cheney et l’ancien secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld. ´´Finalement, ils l’ont trahi et ils l’ont pendu. Vous êtes amis de l’Amérique. D’accord, pas ´´vous´´ mais ´´nous´´ – mais un jour l’Amérique peut nous pendre, nous aussi´´.
Dans son discours M.Kadhafi s’adresse également aux Etats-Unis pour les interpeller sur le pourquoi de l’intervention précisément en Irak. ´´Où est la raison de l’occupation de l’Irak? Ben Laden est citoyen d’Irak? Non. Ceux qui ont fait l’attentat à New-York étaient-ils irakiens? Non. Ceux qui ont attaqué le Pentagone étaient-ils irakiens? Non. Est-ce que l’Irak possédait des armes de destruction massive? Non. Même s’il y en avait…L’Inde, le Pakistan, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont des bombes nucléaires. Faut-il détruire tous ces Etats?´´, s’est-il exclamé.
Ces propos étaient prémonitoires pour Mouammar El Gueddafi lui-même, car il trouva la mort 3 ans après ce discours. En Libye c’est actuellement le chaos. Avec plus de 55 morts cette semaine dans deux attentats, début janvier 2016 la Libye s’enfonce de plus en plus dans les affres d’un État failli. Ingouvernable avec ses deux gouvernements qui s’opposent, le vide politique profite aux partisans de l’État Islamique (EI) qui cherchent à s’implanter durablement aux portes de l’Europe. Le nombre de morts libyens se compte désormais par dizaines de milliers, sans compter les centaines de milliers de réfugiés et de blessés.»

14 pays africains contraints par la France à payer l’impôt colonial

On sait qu’après les indépendances, la France a imposé à ses ancienens colonies d’Afrique le monopole sur les finances de ces pays à travers la monnaie créée, le CFA «Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, trouva une solution susceptible de calmer les Français: ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte de colonisation proposé par De Gaulle, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française. Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays. Le 13 Janvier 1963, trois jours après, qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante: Olympio fut exécuté par un ex-légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission. (..) Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’Etat mené par un…» (5)
En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups d’Etat qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d’Etat en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises. (…) 14 pays africains sont obligés par la France, à travers le pacte colonial, de mettre 85% de leurs réserves à la Banque centrale de France sous le contrôle du ministère des Finances français. Jusqu’à maintenant, en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. (… La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la Banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de changes dans un «compte d’opérations» tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20% pour couvrir les passifs financiers. (..) En bref, plus de 80% des réserves de changes de ces pays africains sont déposées dans les «comptes d’opérations» contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement. La France leur permet d’accéder à seulement 15% de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argent détenu au Trésor français.(5)
La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.» (5).

La Russie casse le monopole de Wall Street sur la cotation du pétrole

Le problème de la monnaie est en fait consubstantiel de l’hégémonie des puissances occidentales. A côté du sooft power britannique à travers le Commonwealth, de la brutalité de la méthode de la francafrique pour maintenir l’esprit de l’Empire, nous avons le dollar qui règle les pulsations du monde. Depuis Bretton Woods jusqu’en 1971 date à laquelle il est désindexé de l’or.
Depuis les pays émergents, notamment ceux du Bric devant les convulsions économiques et financières ont décidé de s’en affranchir. C’est ainsi que la Chine a pu imposer sa monnaie même dans le panier des monnaies du FMI. La Russie a la même tentation: sortir du dollar: «La Russie écrit F. William Engdahl a tout simplement pris d’importantes mesures qui, au moins pour une énorme partie du marché pétrolier mondial, briseront le monopole actuel de Wall Street sur la cotation du pétrole. (…) Cela fait partie de la démarche de dé-dollarisation discrètement lancée par la Russie, la Chine et un nombre croissant d’autres pays.
La cotation standard du pétrole est au coeur de la méthode utilisée par les grandes banques de Wall Street pour contrôler les prix mondiaux du pétrole. Depuis août 1971, le rôle du dollar première monnaie de réserve a essentiellement permis au régime US d’entretenir un déficit budgétaire apparemment infini, (..) En fait, cela a permis à Washington de créer sans grand souci une dette fédérale de 18.600 milliards de dollars. Aujourd’hui, la dette du régime US se monte à 111% de son PIB.
La capacité de Washington à maintenir le dollar dans le rôle de première monnaie de réserve, une priorité stratégique pour Washington et Wall Street, est liée avant tout à la cotation des prix pétroliers mondiaux.» (6)
«(…) La Russie étant le plus grand producteur pétrolier mondial, la création d’un standard pétrolier russe indépendant du dollar est importante, pour ne pas en dire plus. (…)La démarche des Russes visant à coter en roubles, au St. Petersburg International Mercantile Exchange, le prix des grandes exportations de pétrole vers les marchés mondiaux, en particulier vers l’Europe occidentale, et de plus en plus vers la Chine Comme le russe, le standard chinois ne sera pas libellé en dollars, mais en yuans chinois. Il sera coté au Shanghai InternationalEnergy Exchange. Étape après étape, la Russie, la Chine et d’autres économies émergentes prennent des mesures pour réduire leur dépendance au dollar US, pour se «dé-dollariser». (…)Peut-être que cela ouvrirait la porte à des idées plus pacifiques, du genre dépenser l’argent du contribuable pour reconstruire l’infrastructure économique de base horriblement détériorée aux USA» (6)
La «dé-dollarisation» des transactions pétrolières entamée en son temps par Saddam Hussein, et envisagée par Mouammar El Gueddafi leur a coûté la vie, ainsi que la destruction de leurs pays respectifs revenus à l’âge de pierre… De fait, les dirigeants occidentaux ont toujours eu la volonté de bien faire comprendre que la destinée de l’Afrique, comme à l’époque de la Conférence de Berlin et du partage de l’Afrique en 1885, se décidait encore de nos jours dans les capitales occidentales. la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première est sur les rails. La Libye va être de nouveau ré-envahie par des forces spéciales Sas -rapporte le Daily Mirror- qui sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1000 soldats britanniques. L’opération -«dans un accord Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie»- impliquera 6000 soldats et marines états-uniens et européens avec l’objectif de «bloquer environ 5000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères…) le but réel est l’occupation des zones côtières économiquement et stratégiquement les plus importantes. Guerre qui, comme en 2011, sera présentée comme «opération de maintien de la paix humanitaire». (7)

1.Département d’État américain affaire F-2014-20439
Doc. No. C05779612 Date 31/12/2015. publication de la partie B6
2..http://francais.rt.com/france/13476-hillary-clinton-intervention-france-libye [RTF bookmark start: forum121599][RTF bookmark end: forum121599]
3.http://levantreport.com/2016/01/04/new-hillary-emails-reveal-propaganda-executions-coveting-libyan-oil-and-gold/
4.http://fr.sputniknews.com/international/20150916/1018206938.html#ixzz3wlt4eTKe
5.Mawuna http://www.mondialisation.ca/le-saviez-vous-14-pays-africains-contrain…
6.http://reseauinternational.net/la-russie-casse-le-monopole-de-wall-street-sur-la-cotation-du-petrole/
6.FWilliam Engdahl journal-neo.org/2016/01/09/russia-breaking-wall-st-oil-price-monopoly/
7.Manlio Dinucci http://www.mondialisation.ca/libye-le-plan-de-la-
conquete/5500899

Pr Chems Eddine CHITOUR

source: http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/233349-encore-une-fois-la-rapine-des-puissants.html

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