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Poutine évoque l’aide occidentale aux terroristes, l’avenir de l’économie et la phobie de Merkel (RT)

par Russia Today 11 Janvier 2016, 16:00 Poutine Merkel Economie Ukraine

Dans un interview au quotidien allemand Bild, le président russe a abordé plusieurs questions actuelles de politique internationale, telles le terrorisme international, les sanctions et le malentendu entre l’Occident et la Russie.

Le président russe parle souvent à la presse occidentale. Cette fois, ce sont des journalistes du quotidien allemand Bild qui ont été invités à Sotchi pour l'interviewer.

Le monde ferme les yeux sur le fait que certains Etats fournissent un soutien aux terroristes

Pour Vladimir Poutine, la plus grande faute de la Russie au XXème siècle a été de ne pas avoir «réussi à faire valoir ses intérêts nationaux alors que la Russie aurait dû le faire dès le départ. Le monde entier aurait alors être plus équilibré».

Sur de nombreux problèmes, notamment le terrorisme, le crime organisé, le trafic d’êtres humains, la lutte pour la préservation de l’environnement, qui concernent le monde entier, le président russe a rappelé ses propositions de travail commun. Mais en parlant de coopération, Vladimir Poutine a précisé que la Russie n’était pas obligée d’être d’accord avec tout le monde sur telle ou telle question, car elle devait défendre ses propres intérêts.

«Chaque fois que quelqu’un est en désaccord avec notre position, ce n’est pas la meilleure attitude que de nous déclarer ennemis», a-t-il expliqué.

«C’est par ailleurs un fait évident à nos yeux, que le terrorisme international est également utilisé contre la Russie, alors que tout le monde ferme les yeux sur ce fait ou fournit un soutien aux terroristes. Je fais référence au soutien politique, informationnel, financier, ou même armé dans certains cas, fourni à ceux qui luttent contre l’Etat russe. Véritablement, nous avons réalisé à ce moment-là, que les discussions et les intérêts géopolitiques étaient deux choses complétement différentes», a-t-il souligné.

Sur l’avenir de l’économie russe

D’après Vladimir Poutine, les sanctions imposées par l’Occident ne sont «qu’un théâtre d’absurdité» car elles empêchent le développement des deux côtés.

«Les sanctions occidentales ne visent pas à aider l’Ukraine mais leur but est de repousser la Russie en arrière. Elles sont bizarres et aggravent la situation dans tous les pays», a déploré Vladimir Poutine.

Même si les possibilités russes sur les marchés financiers internationaux ont été réduites et si les prix de l’énergie ont chuté de façon spectaculaire, causant de grandes pertes à l’industrie pétro-gazière, l’économie de la Russie se stabilise peu à peu, estime le président russe.

«La balance commerciale est positive. Pour la première fois depuis plusieurs années, la Russie exporte plus de produits à forte valeur ajoutée et nous avons plus de 300 milliards de dollars de réserves d’or», a fait savoir le président russe.

Sur les deux Vladimir Poutine

Dans les médias occidentaux, il existe une théorie selon laquelle il y a deux Poutine, le jeune avant 2007, qui déclarait sa solidarité avec les Américains, mais après 2007, un autre Poutine serait apparu. Le journaliste de Bild a directement demandé au président : «Quand aurons-nous l’ancien Poutine ?» et reçu une réponse tout aussi directe, «Je n’ai jamais changé».

«Mais les relations internationales entre les Etats sont différentes pour le moment. Je ne suis ni un ami, ni un fiancé, ni un serviteur. Je suis le président de 146 millions de Russes et je dois protéger leurs intérêts. Nous sommes prêts à le faire sans conflit et à chercher des compromis sur la base du droit international», a encore précisé Vladimir Poutine.

Sur Angela Merkel et le labrador Coni à Sotchi

Lors de l’interview, le journaliste de Bild a rappelé la rencontre du président russe et de la chancelière allemande, Angela Merkel, à Sotchi, en 2007 quand, dans un salon de la résidence présidentielle d’été, l’entretien des deux dirigeants avait été interrompu par le labrador Coni, qui s’était assis aux pieds de la chancelière. On a alors réalisé qu’Angela Merkel avait une peur profonde des chiens car elle a été mordue dans son enfance. Contrairement aux déclarations des médias occidentaux, Vladimir Poutine n’avait pas recouru à des «méthodes psychologiques».

Lors de l’interview, le président russe a précisé qu’il n’avait pas connaissance de cette phobie de la chancelière. «Je voulais lui faire plaisir. Quand j’ai compris qu’elle n’aimait pas les chiens, je me suis excusé».

Sur la situation en Ukraine

Le monde occidental dit souvent que la Russie empêche la réalisation des accords de Minsk-2. En réponse, le président russe a cité le paragraphe 11 de ces accords, d’après lequel «la réforme constitutionnelle devait accorder l’autonomie à l’est de l’Ukraine et être adoptée vers la fin de l’année 2015».

«Cela ne s’est pas passé, l’année est finie. Mais ce n’est pas la faute de la Russie», a conclu le président russe.

Sur la construction de «nouveaux murs» dans les relations internationales

«Il y a 25 ans, le mur du Berlin est tombé mais la division de l’Europe n’a pas été surmontée, un mur invisible s’est simplement déplacé vers l’Est», a commenté Vladimir Poutine en réponse à la question des relations entre la Russie et le reste du monde.

D’après le président russe, ce «mur invisible» crée une «base pour des reproches mutuels, pour des malentendus et des crises à venir», tandis qu’il aurait été mieux, comme le disait le coordinateur fédéral du Parti social-démocrate d'Allemagne (1976-1981), Egon Bahr, de radicalement changer de format et d'abandonner l’époque de la Guerre froide. «Mais, on n’a rien fait», et préféré élargir l'OTAN.

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