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Congo : la justice ordonne l'arrestation du général Mokoko, candidat à la présidentielle (Oeil d'Afrique)

par Oeil d'Afrique 20 Février 2016, 06:36 Mokoko Congo-Brazzaville Arrestation Elections Sassou Nguesso

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, le 7 mai 2014, à Bangui. |© ISSOUF SANOGO / AFP

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, le 7 mai 2014, à Bangui. |© ISSOUF SANOGO / AFP

Dans une déclaration lue vendredi à la télévision nationale, le Procureur de la République du Congo, Oko Ngakala n'a pas digéré le refus du général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d'état-major et conseiller du président Denis Sassou Nguesso de répondre à la Convocation à lui adressée par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

En effet, selon le procureur, des informations parvenues à mon parquet font état de la circulation sur la place de Brazzaville et même au niveau national, de déclarations largement relayées par la rue et par les réseaux sociaux de M. Jean-Marie Michel Mokoko relatives à la vie de la nation.

« Ces informations, si elles étaient avérées mettaient gravement les institutions de l'Etat et les fondements même de la Nation ainsi que la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat », déclare Oko Ngakala.

Le procureur dit avoir prescrit le 17 févier 2016, en application des articles 12 nouveau et 29 du code de procédure pénal, l'arrestation immédiat de M. Jean-Marie Michel Mokoko et de procéder sans délais à son interrogatoire ainsi que de tout sachant.

M. Ngakala a déclaré avoir également demandé de déférer à son parquet le ou les concernés après enquêtes ajoutant que l'enquête se fera dans le respect du principe de la présomption d'innocence et dans celui des droits du ou des mis en cause.

« Je tiens à signaler que conformément aux règles de procédure pénale, tout individu faisant l'objet d'une enquête doit obligatoirement se présenter en personne et non se faire représenter par un avocat ou par un tiers », précise le procureur.

Allusion faite au général Jean-Marie Michel Mokoko qui n'a pas répondu à la convocation de la Direction générale de la surveillance du territoire. L'homme avait envoyé son aide de camp.

Le procureur Ngakala indique dans son communiqué que le Congo est un Etat de droit et que nul n'est au-dessus de la loi et par conséquent, la loi s'appliquera dans toute sa rigueur.

En clair, la justice menace d'arrêter le général, désormais en désaccord avec Denis Sassou Nguessou et qui a d'ailleurs annoncé sa candidature pour l'élection présidentielle de mars prochain. Le général Mokoko, considéré comme un adversaire de taille pour le président congolais qui totalise plus de 30 ans de pouvoir, menace les plans du pouvoir de Brazzaville qui a, apparemment trouvé le moyen de l'éliminer de la course au Palais.

Depuis le 13 février, suite à la première réunion politique publique du général à Brazzaville, circule sur internet une vidéo datant du début des années 2000. Le document montre une discussion entre un homme et le général Mokoko semblaient fomenter un plan visant à chasser Sassou Nguesso du pouvoir. A la fin de la vidéo, le général apparaît de face dans une séquence présentée comme destinée à être diffusée à la télévision congolaise.

Pour l'équipe de campagne du général Mokoko, cette vidéo n'est rien d'autre qu'une « manipulation grossière ».

Ancien chef d'état-major (1987-1993), le général Mokoko était jusque début février représentant spécial de la présidente de la Commission de l'Union africaine(UA) en Centrafrique et conseiller de Denis Sassou Nguesso pour les questions de sécurité.

Alain Serge

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