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Déchéance de nationalité: la farce nationale (Mediapart)

par Mathieu Magnaudeix 4 Février 2016, 08:05 Decheance nationalite France François Hollande Valls Le Foll Parlement Farce

L’affaire de la déchéance de nationalité pour les binationaux vire au n’importe quoi. Depuis deux mois et demi, le gouvernement n’a cessé de s’enliser et de changer d’avis. L'Assemblée nationale examine la révision constitutionnelle à partir de vendredi 5 février.

Il faut regarder cette séquence d’un peu plus de cinq minutes, disponible sur le site de l’Élysée. On y voit le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, répondre aux questions des journalistes à l’issue du conseil des ministres de ce mercredi 3 février où a été présentée, entre autres, la loi précisant les dispositions pratiques de la déchéance de nationalité pour les terroristes prévue dans la réforme constitutionnelle qui sera débattue à l’Assemblée à partir de vendredi. On y voit un Le Foll gêné, s’asphyxier peu à peu face aux questions insistantes des journalistes. Et finalement, leur recommander, excédé, de ne plus poser de questions et de n’écrire que ce qu’il dit. « N’écrivez pas, la meilleure solution, c’est d’écrire tout ce que je vous ai dit, et il y a déjà beaucoup de choses. »

À elle seule, cette vidéo résume tragiquement les impasses du débat, si l’on peut donner ce nom à la discussion pénible autour de la déchéance de nationalité pour les auteurs d’actes terroristes. Elle dit l’agacement de ministres qui, comme Le Foll (pourtant proche de Hollande), sont hostiles à la mesure proposée par le président de la République – et ils sont plusieurs au gouvernement, réduits au silence pour ne pas contredire la ligne présidentielle. Mais ce qui frappera sans doute quelqu’un qui ne suivrait pas au quotidien les épisodes de cette farce qui s’étire depuis le 16 novembre, c’est le côté parfaitement ésotérique de la séquence. Il y est question de droit, d’apatrides, de convention de 1961, de binationaux, d’avant-projet de loi. Les journalistes posent des questions, précises, techniques, nécessaires d’ailleurs, mais absconses et sans doute incompréhensibles pour qui ne connaît pas le sujet. Le Foll, lui, se braque et s’énerve. Le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur n’y voit qu’une chose : l’incroyable absurdité d’un débat inutile qui finit par tourner en rond, jusqu’à ne plus rien signifier...

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