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L'amère et scandaleuse agonie de la Libye : entrevue avec le cousin de Mouammar Kadhafi (Russia Today)

par RT 19 Février 2016, 14:13 Kadhafi Libye Imperialisme OTAN Destruction France USA

Dans une interview exclusive, le cousin de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Ahmed Kadhaf ad-Dam, a expliqué à RT que cinq ans après la révolution, la Libye s'était transformée en berceau du terrorisme.

« Ce jour-là [le 17 février, début de la révolution libyenne], la Libye s'est changée, du pays stable et sécurisé qu'elle était, en une nation dévastée, dont la population a dû quitter ses maisons. Les prisons sont saturées par des dizaines de milliers de prisonniers - hommes et femmes. La Libye, qui était à l'époque à l'avant-garde de tout le continent et dont l'autorité était respectée dans le monde, est devenue un pays vassalisé et humilié », a expliqué Ahmed Kadhaf ad-Dam, ancien général de l'armée libyenne.

Maintenant, d'autres pays décident de son destin, a-t-il regretté.

La révolution a-t-elle apporté les résultats auxquels tout le monde s'attendait ? D'après les dires de l'ancien général, non, pas du tout. Au contraire. Elle a privé le peuple du pouvoir. Il assure que si le colonel Kadhafi était resté au gouvernail, il n'y aurait pas eu de victimes incessantes, de crise des réfugiés et d'emprise islamiste sur une grande partie du pays.

Le pouvoir du peuple

Il en est convaincu : le pouvoir n'appartenait pas à Mouammar Kadhafi. « La Libye s'appuyait sur le pouvoir du peuple, le pouvoir des congrès et comités populaires, sorte de parlements dans chaque village, chaque quartier, chaque rue. Kadhafi était le leader de la révolution ».

Le but de l'intervention de l'OTAN était le suivant, estime-t-il : éliminer Kadhafi. Sans cela, la Libye ne se serait jamais retrouvée dans une telle situation. « La chute d'un pouvoir révolutionnaire s'appuyant sur le peuple n'aurait pas eu lieu. Il n'y avait pas de tyran », a-t-il déclaré à RT.

Mais avec quel but en tête l'Occident a-t-il décidé d'intervenir dans le pays ?

met en avant Ahmed Kadhaf ad-Dam. Et c'est pourquoi, estime-t-il, ils s'en sont pris à l'islam en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen et jusqu'à la Bosnie, jusqu'à l'Albanie, jusqu'au Nigeria. « Où sont les amis de la Libye ? Où est la démocratie, où sont les droits de l'Homme? Où sont les rêves, pour lesquels nos jeunes gens ont péri quand ils entendaient les "amis" de la Libye ? Où sont-ils ? La Libye est anéantie un peu plus chaque jour », a exprimé à regrets l'ancien général de l'armée libyenne.

Le bilan ? « La Libye s'est transformée en centre du banditisme, du vol, du pillage, de la mafia internationale et de l'extrémisme », selon le cousin de Mouammar Kadhafi.

La parole à l'ONU ?

Ahmed Kadhaf ad-Dam a appelé l'ONU à mener une enquête impartiale sur certains événements de 2011, comme les opérations militaires, qui ont d'après lui été menées en violation évidente de nombreuses résolutions, ou encore sur la zone d'exclusion aérienne qui n'était qu'une couverture pour livrer du matériel aux combattants islamistes dans le pays.

Autant de questions que se pose Ahmed Kadhaf ad-Dam mais qui restent, à l'heure actuelle, sans réponse.

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