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Les rebelles d'Alep menacés d'être totalement assiégés (AFP)

par AFP 4 Février 2016, 18:15 Syrie Alep Encerclement Rebelles Armée syrienne

La foule et les soldats brandissant les portraits du président syrien Bachar el-Assad, de son père Hafez et celui du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, vendredi dans la localité chiite de Nebbol. AFP / GEORGE OURFALIAN

La foule et les soldats brandissant les portraits du président syrien Bachar el-Assad, de son père Hafez et celui du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, vendredi dans la localité chiite de Nebbol. AFP / GEORGE OURFALIAN

Les troupes du régime syrien menacent désormais d'assiéger totalement les quartiers rebelles à Alep, deuxième ville du pays, après avoir réussi à couper leur principale route d'approvisionnement.
Cette avancée est la plus importante depuis le début des combats à Alep en 2012 et représente aussi la principale victoire du régime de Bachar el-Assad depuis que la Russie a lancé sa campagne aérienne en Syrie en septembre.

Ces développements militaires coïncident avec le fiasco des efforts diplomatiques puisque les nouveaux pourparlers de paix à Genève ont été suspendus jusqu'au 25 février.
Ils menacent parallèlement d'aggraver encore la crise humanitaire en Syrie. Près de 40.000 civils ont pris la fuite depuis le début de cette offensive sur Alep en début de semaine, a rapporté jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces gouvernementales sont désormais plus proches que jamais d'assiéger totalement les rebelles qui contrôlent les quartiers est de l'ex-capitale économique du pays depuis 2012.
Trois jours après avoir lancé leur vaste offensive, elles sont parvenues à briser mercredi le siège imposé depuis 2012 par les rebelles à deux localités chiites dans la province, Nebbol et Zahra. Cette victoire leur permet de couper la principale route d'approvisionnement des insurgés avec la Turquie.

Les rebelles d'Alep risquent ainsi de se retrouver totalement assiégés, souligne le directeur de l'OSDH, qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.
"A moins qu'ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie, cela pourrait marquer le début de la fin pour eux", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Avec la perte de cet axe, la seule route d'approvisionnement qui reste est longue et compliquée et sera la prochaine cible" du régime, a-t-il ajouté, en référence à la route dite du Castello, au nord-ouest de la ville.
"Si les rebelles la perdent, le siège sera total", a précisé M. Abdel Rahmane.

(Lire aussi : "Les forces du régime ont accompli en trois jours ce qu'elles avaient échoué à faire en trois ans")

"Percée importante"
Selon lui, au moins 5.000 miliciens chiites de Nebbol et Zahra pourraient se joindre à l'armée syrienne, qui a désormais bon moral après la victoire de mercredi.
"Le régime a pu en 72 heures remporter une victoire qui lui a échappé au cours des trois dernières années", a également souligné M. Abdel Rahmane. Il a bénéficié pour cela des centaines de frappes menées par les avions russes contre les positions rebelles.

A Nebbol et Zahra, ses troupes ont été accueillies par une foule en liesse qui ont lancé du riz et des fleurs en guise de célébration, selon les médias officiels syriens. La chaîne du Hezbollah Al-Manar a également montré la foule et les soldats brandissant le drapeau syrien et celui du mouvement chiite libanais qui combat aux côtés de l'armée de Bachar el-Assad. "Dieu, Syrie, Bachar, c'est tout", ont-ils scandé.

Près de 100 rebelles et 64 combattants pro-régime ont été tués depuis le début de l'offensive lundi, d'après l'OSDH. Les insurgés, dont des islamistes et des combattants du Front al-Nosra (branche d'el-Qaëda en Syrie) "souffrent d'un manque d'armes et de munitions".

Pour les experts Faysal Itani et Hossam Abouzahr du Atlantic Council, l'avancée du régime est un "coup dur" pour les rebelles et démontre à quel point l'intervention russe a changé la donne pour le pouvoir à Damas. "En comparaison avec ses revers il y a tout juste cinq mois, le régime est aujourd'hui bien placé pour diviser, isoler et avancer sur les positions de l'opposition dans plusieurs secteurs clés", écrivent-ils sur le site de l'Atlantic Council.
Il s'agit d'une "percée importante" pour le régime, renchérit Karim Bitar, de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Elle "pourrait être la phase finale d'un plan qui a commencé avec l'intervention russe. Le contrôle de Bachar el-Assad sur +la Syrie utile+ n'est plus menacé", affirme cet expert.

A Londres, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a de nouveau réclamé jeudi l'arrêt des bombardements russes en Syrie, accusant implicitement Moscou d'avoir torpillé les négociations de paix de Genève.

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