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Vent de panique sur les bourses européennes, la santé de l’économie mondiale inquiète (Blog finance)

par Elisabeth Studer 10 Février 2016, 10:03 Crise Economie Bourse Banques Monde

Le vent vire à la tempête sur l’Europe tant au niveau climatique qu’au niveau financier. Les Bourses européennes ont ainsi fortement chuté lundi, grandement impactées par les incertitudes entourant la santé de la croissance mondiale, la baisse du prix du baril n’arrangeant rien à l’affaire et la déroute des valeurs financières ne faisant qu’accentuer la tendance.

Les investisseurs sont également dans l’expectative, s’interrogeant sur la conduite future de la Réserve fédérale américaine (Fed) en terme de politique monétaire, la publication vendredi du rapport sur l’emploi américain entretenant l’incertitude.

Certains analystes considèrent cette féroce dégringolade comme l’aboutissement d’une spirale baissière, considérant qu’aucun élément nouveau n’a pu aujourd’hui justifier à lui seul une telle chute.

Il n’en demeure pas moins que les chiffres de l’emploi US entretiennent la confusion sur la poursuite de la remontée des taux aux Etats-Unis. Vendredi, en fin de pause méridienne, le métal jaune aura même atteint 1.163,58 dollars, ce qui correspond à son plus haut depuis fin octobre. Un pic justifié selon les analystes par l’anticipation des chiffres du rapport mensuel sur l’emploi américain. Déjà en début de semaine dernière, les cours de l’or avaient été soutenus par la publication d’indicateurs en provenance de Chine, où l’activité manufacturière s’est nettement contractée en janvier, accentuant les craintes des investisseurs quant à la santé de l’économie mondiale.

Les craintes s’accentuent depuis quelques jours, la publication des données peu encourageantes en provenance des États-Unis n’arrangeant rien à l’affaire. L’indice ISM de l’activité non manufacturière a en effet fortement décliné en janvier, laissant redouter que la faiblesse observée dans le secteur industriel puisse désormais déborder sur le secteur des services, lequel s’était montré robuste jusqu’à présent.

Histoire d’enfoncer le clou, William Dudley, le président de l’antenne de New York de la banque centrale américaine a quant à lui observé mercredi « un considérable durcissement des conditions financières » depuis décembre. Ajoutant qu’en cas de maintien de la situation actuelle, la prochaine réunion monétaire de mars devrait en tenir compte.

Des propos qui ont eu pour incidence de diminuer les attentes d’une éventuelle hausse prochaine des taux d’intérêts de la Réserve fédérale américaine (FED) et par ricochet d’entraîner un affaiblissement du dollar, boostant à nouveau le cours de l’or.

Le billet vert est en effet tombé vendredi à un nouveau plus bas depuis fin octobre 2015 face à l’euro. Certes, la monnaie US tentait néanmoins de se reprendre vendredi, dopé à son tour par la publication des données du rapport mensuel sur l’emploi US, le ralentissement des créations d’emploi étant compensé par la baisse du taux de chômage, au plus bas en huit ans.

Au final , lundi la Bourse de Paris aura terminé la séance en forte baisse (-3,20%), à l’instar des principales places européennes. Le CAC 40 a ainsi perdu 134,36 points à 4.066,31 points, dans un volume d’échanges atteignant tout de même 5 milliards d’euros !

Information peu réjouissante : toutes les valeurs du CAC 40 auront terminé dans le rouge. Parmi les valeurs les plus affectées figurent des valeurs industrielles telles que Safran (-5,84% à 51,14 euros), Airbus Group (-5,42% à 51,13 euros), ArcelorMittal (-7,41% à 3,23 euros) et Renault (-5,72% à 69,22 euros).

Dans le secteur énergétique, Technip aura pour sa part perdu 3,80% à 42,67 euros tandis que Total chutait de 1,89% à 38,17 euros. A noter également l’importante baisse de CGG (8,06% à 0,57 euro), de Vallourec (4,59% à 3,95 euros) et de PSA Peugeot Citroën (-3,98% à 12,31 euros).

Parallèlement à Londres, l’indice FTSE-100 des principales valeurs aura chuté de 158,7 points ou 2,71% par rapport à la clôture de vendredi, achevant la journée à 5.689,36 points. Worldpay Group, le spécialiste des solutions de paiement, entré récemment au FTSE-100, aura perdu 8,68% de sa valeur dans la seule journée, s’échangeant désormais à 275,6 pence. Le courtier Hargreaves Lansdown aura pour sa part chuté de 7,62% à 1.127 pence, tandis que Barclays perdait 5,34% à 163,9 pence et que Royal Bank of Scotland (RBS) reculait de 4,63% à 230,7 pence.

Fait notable : les valeurs minières ont été parmi les rares à tirer leur épingle du jeu. Randgold Resources aura ainsi bondi de 13,21% à 6.000 pence, une hausse due aux réactions des marchés à la suite de la publication de ses résultats annuels.

La Bourse de Francfort a quant à elle franchi à la baisse le seuil des 9.000 points – chose qui n’avait plus été observée depuis depuis octobre 2014 – le Dax chutant de 3,30%, à 8.979,36 points. Les plus forts replis auront été enregistrés par les banques, Commerzbank perdant 9,49%, à 6,60 euros tandis que Deutsche Bank chutait de 9,50% à 13,82 euros. Parmi les fortes chutes, notons aussi celle du groupe de BTP HeidelbergCement, lequel a cédé 6,17%, à 60,94 euros.

L’indice AEX des principales valeurs de la Bourse d’Amsterdam a quant à lui clôturé en baisse de 3,22% à 400,61 points, toutes les valeurs clôturant la séance dans le rouge. Le groupe chimique OCI aura ainsi perdu 9,80% à 14,17 euros tandis qu’Altice perdait 8,89% à 11,83 euros.

A la Bourse de Milan, l’indice FTSE Mib a cédé 4,69%, à 16.441 points, soit son plus bas niveau depuis l’été 2013. Les banques figurent parmi les valeurs particulièrement affectées telles Banca popolare dell’Emilia Romagna, chutant de 11,93%, à 3,97 euros, Ubi Banca perdant 10,48%, à 3,45 euros, Carige dégringolant de 10,14%, à 0,5185 euro, BPM de 9,80%, à 0,5985 euro et Banco popolare de 9,09%, à 6,955 euros. Fiat Chrysler aura quant à lui cédé 9,88%, à 5,38 euros.

A Madrid, la Bourse a clôturé en baisse de 4,44% à 8.122 points, toutes les valeurs de l’indice Ibex-35 terminant dans le rouge. Là aussi, ce sont les banques qui auront été les plus touchées, Banco Popular perdant 7,32% à 2,17 euros, Banco Santander chutant de 6,21% à 3,52 euros.
Le secteur énergétique est également touché, Repsol perdant 5,93% à 8,95 euros.

Elisabeth Studer – 08 février 2016 – www.leblogfinance.com

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