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Rwanda : un officier français témoigne du rôle trouble de l'opération Turquoise (Afrikarabia)

par Afrikarabia 18 Mars 2016, 21:17 Operation turquoise France Rwanda Genocide Françafrique

Un soldat français le 26 juin 1994 à Ginsenye au Rwanda. © AFP/Pascal Guyot

Un soldat français le 26 juin 1994 à Ginsenye au Rwanda. © AFP/Pascal Guyot

En juin 1994 au Rwanda, l’armée française avait pour mission moins d’arrêter le génocide des Tutsi que de stopper l’avancée du FPR. Guillaume Ancel était capitaine dans l’armée française, chargé de guider les frappes aériennes lorsqu'il fut envoyé au Rwanda dans le cadre de l’opération Turquoise. Son témoignage, de terrain, est dévastateur pour la thèse avancée par Paris d’une opération d’abord « humanitaire ». L’histoire officielle est belle : alors que depuis trois mois la communauté internationale observait sans réagir le génocide des Tutsi du Rwanda, la France « pays-des-droits-de-l’homme » voulait montrer l’exemple. Elle enverrait dans l’urgence ses Forces spéciales pour arrêter l’horreur, pour stopper les génocidaires.

Mais l’histoire officielle est un conte à dormir debout. Vingt-et-un ans plus tard, la spectaculaire intervention « militaro-humanitaire » Turquoise au Rwanda suscite toujours plus de questions et d’accusations. S’agissait-il vraiment de sauver huit à dix mille survivants tutsi de l’est du Rwanda alors que depuis le 6 avril, plus de huit cent mille avaient été exterminés sans que l’Elysée s’en émeuve vraiment ? Cette gesticulation militaire n’était-elle pas d’abord destinée à occulter l’aveuglement de l’Elysée (de 1990 à 1993, le régime du général Habyarimanana ne survécut que grâce à la présence des militaires français, ce qui lui laissa le temps de préparer le génocide des Tutsi) ?

Environ 2 000 rescapés le 27 juin…

Guillaume Ancel était officier , spécialiste du guidage des frappes aériennes. En juin 1994, dès le lancement de l’opération « Turquoise », il est détaché au 2e Régiment étranger d’infanterie (REI), une unité d’élite de l’armée française. Le 28 juin, il se trouve en face du poste de commandement (PC) des forces spéciales, sur le tarmac de Bukavu, au Zaïre (actuelle RDC), à la frontière du Rwanda. Il ne sait rien de Bisesero, une succession de collines boisées, où quelque 50 000 Tutsis ont cru trouver refuge depuis la mi-avril pour échapper au génocide. Isolés, ils résistent secrètement aux tueurs avec des armes traditionnelles, des pierres… Jour après jour leur nombre s’amenuise. Il reste environ 2000 rescapés le 27 juin, lorsqu’une petite équipe de militaires français conduite par le lieutenant-colonel Jean-Rémy Duval les découvre par hasard. Duval n’a pas suffisamment d’hommes pour les sécuriser. Il rend compte à l’état major : « Nous avons rencontré une centaine de Tutsi… Ils seraient 2 000 cachés dans les bois… Ils sont dans un état de dénuement nutritionnel, sanitaire et médical extrême… Ils espéraient notre protection immédiate. »

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