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Ce que révèlent les documents de la fuite «#DaeshLeaks» (20 Minutes)

par 20 minutes 20 Avril 2016, 17:29 EI Syrie DaeshLeaks

La fuite, massive, avait été révélée le mois dernier par Sky News. Mais de nombreux doutes planaient sur les documents de « # DaeshLeaks », qui comprennent des renseignements sur plus de 4.600 recrues étrangères de l'organisation terroriste. Lundi, des chercheurs du Combating Terrorism Center (CTC) de l'école militaire américaine de West Point ont estimé dans un long rapport qu'ils étaient bien authentiques. Voici ce qu'il faut en retenir en cinq points.

La fuite, massive, avait été révélée le mois dernier par Sky News. Mais de nombreux doutes planaient sur les documents de « # DaeshLeaks », qui comprennent des renseignements sur plus de 4.600 recrues étrangères de l'organisation terroriste. Lundi, des chercheurs du Combating Terrorism Center (CTC) de l'école militaire américaine de West Point ont estimé dans un long rapport qu'ils étaient bien authentiques. Voici ce qu'il faut en retenir en cinq points.

1. L'authenticité des documents confirmée

Le CTC a passé au crible les formulaires remplis lors de leur arrivée en Syrie par plus de 4.600 candidats au djihad et validé leur authenticité malgré certains détails contradictoires. Selon le directeur du CTC, Brian Dodwell, « 98 % des documents ont pu être corroborés. » Le chiffre a été révisé de 22.000 à 4.600 car il y avait « de nombreux doublons ».

Selon la chaîne NBC, les documents lui ont été transmis par un « djihadiste repenti » identifié comme Abou Mohammed. Certains experts n'excluent cependant pas que Daesh soit à l'origine de la fuite afin d'empêcher les combattants étrangers de rentrer dans leur pays. La période s'étale entre le début 2013 et la fin 2014. Selon le CTC, le chiffre représente environ 30 % des combattants qui ont rejoint Daesh en Syrie sur cette période.

2. La France en 9e position des pays d'origine

Selon le rapport du CTC, il n'y a que 49 Français, mais 128 combattants sont partis de France, potentiellement avec une double nationalité. Si les documents ne représentent qu'un tiers des recrues, cela donnerait au total un chiffre de 150 Français et 400 personnes parties de France, ce qui s'approche des estimations du ministère de l'Intérieur (500).

3. Un niveau d'éducation relativement élevé

Le rapport confirme la diversité démographique des recrues, en provenance de 70 pays. La plus jeune a 12 ans et la plus vieille 70 ans, pour une moyenne d'âge de 26-27 ans. Le niveau d'éducation est plutôt élevé, avec 1.371 personnes assurant avoir une éducation secondaire, et supérieure pour 1.028 d'entre elles, soit des niveaux supérieurs à ceux de leurs classes d'âges dans leurs pays d'origine.

Le CTC note cependant qu'une majorité occupe des emplois peu qualifiés, ce qui pourrait indiquer « que les recrues sont motivées par leur frustration » économique. Daesh recherche des combattants, mais aussi des talents particuliers. « Important : il a une expérience de chimiste », « Il était un sniper dans l'armée », lit-on dans deux notes.

4. Seulement 12 % prêts à mener un attentat-suicide

A une écrasante majorité (89 %), les recrues candidatent pour une position de « combattant ». Seulement 12 % se disent prêts à mener une attaque suicide, comme Mohamed Belkaïd, soupçonné d'avoir apporté un soutien logistique dans les attentats du 13 novembre, et tué par la police lors d'une perquisition à Forest (Belgique) le 15 mars.

12%, c'est beaucoup plus faible que les 56 % qui se disaient prêts à donner leur vie parmi les recrues d'Al-Qaida en Irak, en 2007. Daesh, qui a proclamé un califat en juin 2014, « cherche à étendre et à contrôler son territoire » et a besoin « de combattants, mais aussi de cadres administratifs pour constituer un gouvernement », estime le CTC.

5. Abou Mohammed al-Adnani, recruteur numéro 1

Abou Mohammed al-Adnani (Abu Muhammad al-Shimali en anglais) est de très loin le premier recruteur de Daesh. Il a facilité à lui seul le passage à la frontière d'un tiers des recrues étrangères (31,3 %). Selon la presse britannique, il pourrait être le véritable cerveau des attentats de Paris et aurait organisé le passage de la cellule terroriste d'Abdelhamid Abaaoud à travers toute l'Europe.

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