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La signification politique de la campagne de boycott actif au référendum sur le Brexit (WSWS)

par Chris Marsden 19 Avril 2016, 17:09 Boycott Brexit UE Grande-Bretagne

La campagne pour le référendum du 23 juin sur l’adhésion ou non de la Grande-Bretagne à l’Union européenne a officiellement débuté vendredi. Le SEP (Parti de l’égalité socialiste – Grande-Bretagne) appelle à un boycott actif du référendum en opposition au nationalisme réactionnaire des deux camps officiels. Nous appelons instamment à rejeter tant les défenseurs de l’UE que les défenseurs chauvins d’une sortie britannique, les deux campagnes officielles du « Rester » et du « Sortir ».

L’électorat britannique est invité à choisir entre quitter l’UE ou y rester sur la base de concessions réactionnaires négociées par le premier ministre conservateur David Cameron. Ceux-ci comprennent: un « frein d’urgence » imposé aux migrants en provenance de l’UE touchant des prestations liées à l’emploi ainsi que des restrictions de leurs allocations familiales, et le droit pour le Royaume-Uni d’imposer un arrêt temporaire à la règlementation financière ayant un impact sur la Bourse de Londres.

Il n’y a aucun mécanisme dans ce référendum pour que les travailleurs puissent marquer leur opposition à l’austérité et à la haine nationale attisée par l’ensemble de l’établissement politique britannique.

Voter « Rester » c’est approuver tant l’UE – bloc impérialiste voué à l’austérité, au militarisme et à la guerre – que l’agenda pro-patronal du xénophobe gouvernement Cameron. Voter « Sortir » signifie soutenir les adversaires de Cameron à l’aile droite de son parti conservateur et le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Ils font valoir que les mesures obtenues par Cameron pour réprimer les migrants ne vont pas assez loin. Leur position est que la législation de l’UE réduit la capacité de la Bourse de Londres d’agir en tant que plaque tournante mondiale du parasitisme financier et empêche les entreprises britanniques d’accélérer l’exploitation des travailleurs.

Que le résultat du référendum soit sortir de l’UE ou y rester, la politique bourgeoise en sera déplacée encore plus sur la droite et les tensions nationales seront intensifiées. Face à la propagation du nationalisme et du militarisme par les classes dirigeantes d’Europe et le danger croissant de guerre entre puissances nucléaires, le SEP préconise un boycott actif pour armer les luttes à venir de la classe ouvrière d’une perspective socialiste et internationaliste révolutionnaire.

La semaine dernière, le dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn s’est engagé à soutenir le camp du Rester, affirmant que l’UE pouvait être réformée dans l’intérêt de la classe ouvrière. Son approbation de l’UE est une tentative de sauver le capitalisme britannique de la menace représentée pour ses intérêts par un possible Brexit, dans des conditions où le gouvernement Cameron est largement décrié et intérieurement divisé sur l’Europe.

Le caractère réactionnaire de l’UE a été souligné par l’annonce le lendemain du discours de Corbyn que le président Barack Obama se rendrait au Royaume-Uni pour solidariser les États-Unis avec la campagne du « Rester ». Cette approbation au sommet indique la fonction essentielle de l’UE comme rempart militaire au sein de l’OTAN; les puissances européennes sont actuellement engagées non seulement dans des missions de bombardement en Syrie, mais aussi dans des manœuvres militaires dans tous les États et eaux internationales bordant la Russie.

Outre faire la guerre, deux autres préoccupations majeures de l’UE sont l’imposition continue d’une austérité brutale et la surveillance policière des frontières de la « forteresse Europe ». Les créanciers de la Grèce envisageraient 3 milliards d’euros de réductions supplémentaires à rajouter au paquet de 5 milliards d’euros d’augmentations d’impôts et des réductions de dépenses déjà en cours de négociation. Ce mois-ci, le gouvernement Syriza en Grèce a commencé à expulser des centaines de migrants vers la Turquie en vertu de l’accord signé en mars entre Bruxelles et Ankara. Les milliers d’autres devant encore être déportés seront maintenus dans des camps de concentration, gardés par les forces de Frontex, en même temps que patrouillent dans la mer Égée les navires de guerre.

Dans leur opposition au camp du « Rester », les travailleurs et les jeunes ne peuvent donner aucun soutien à la campagne du « Sortir ». Dans les conditions d’un mouvement de masse de la classe ouvrière contre l’UE, avec des grèves et des appels à la solidarité transfrontalière avec la classe ouvrière grecque et les autres victimes de l’austérité de l’UE, un vote pour quitter l’UE pourrait acquérir un caractère anti-capitaliste. Dans les conditions actuelles cependant, un vote « Sortir » ne ferait que favoriser les forces les plus ouvertement réactionnaires de la politique britannique.

Un vote « Sortir » accélérerait l’éclatement de l’Union européenne sous la pression croissante d’antagonismes nationaux entre puissances européennes et renforcerait les forces d’extrême-droite à travers le continent. Le Front national néo-fasciste en France est seulement l’un des nombreux partis qui cherchent à exploiter l’hostilité populaire à l’UE et à la canaliser dans une direction nationaliste et anti-migrants – incarnée par une Marine Le Pen qui se qualifie de « Madame Frexit. »

Le plus grand danger pour la classe ouvrière vient de ceux qui s’alignent sur la campagne du « Sortir » sur la base d’un nationalisme de « gauche » et qui disent qu’un Etat souverain britannique serait la base de politiques progressistes et anti-austérité. Ce sont ces mêmes forces qui ont salué l’élection de Syriza et sa perspective de réformer l’UE et ont défendu le gouvernement Syriza alors qu’il imposait des mesures d’austérité encore plus drastiques. Maintenant, ils appellent à « Sortir à gauche » (Lexit), une couverture élimée pour une alliance politique avec les partis d’extrême-droite.

En exhortant au rejet des deux camps nationalistes, le SEP oriente sa politique au mécontentement social explosif qui monte parmi les masses des travailleurs et des jeunes en Grande-Bretagne et en Europe, et se bat pour armer ce mécontentement d’une perspective socialiste révolutionnaire.

Comme le démontre les manifestations de masse en France contre le gouvernement du Parti socialiste de François Hollande, il y a un désir croissant parmi des millions de travailleurs et de jeunes à travers l’Europe de riposter à l’austérité, au militarisme et à la guerre. Mais cela doit trouver une expression politique indépendante.

L’appel du SEP à un boycott actif est le moyen par lequel l’opposition des travailleurs au gouvernement Cameron au Royaume-Uni peut s’articuler et établir le lien avec le mouvement naissant de la classe ouvrière sur tout le continent. Il fera avancer la lutte pour construire le SEP en Grande-Bretagne et le Comité international de la Quatrième Internationale en Europe, la direction nécessaire pour faire avancer la lutte pour un mouvement authentiquement socialiste et internationaliste contre l’UE et ses gouvernements constitutifs.

(Article paru d’abord en anglais le 18 avril 2016)

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