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Le Centre islamique de Genève, une affaire de famille pour les Ramadan (Mondafrique)

par Ian Hamel 5 Avril 2016, 17:13 Ramadan Geneve Suisse Centre islamique

 

 
 

Depuis les années 1950, la famille Ramadan garde jalousement la main sur le Centre islamique de Genève

En août 1958, Saïd Ramadan débarque à Genève. Né en 1926, il est le gendre d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans en Egypte, assassiné en 1949. Il a épousé sa fille aînée Wafa. C’est un homme pourchassé par le régime égyptien. Réfugié en Arabie saoudite, en Syrie, puis au Liban, il vient fonder le Centre islamique, dans le quartier des Eaux-Vives, proche du lac Léman.

C’est le premier du genre en Europe. Saïd Ramadan est le précurseur de l’islamisme en Europe. Dans sa thèse universitaire, intitulée « La sharî’a. Le droit islamique, son envergure et son équité » (« Islamic law : its scope and equity »), passée à l’université de Cologne, en Allemagne, il est présenté comme le « pionnier de la renaissance mondiale de l’islam et principal porte-parole de l’idéologie de l’organisation des Frères musulmans ».

Pour subvenir à ses besoins, Saïd Ramadan peut compter sur les pays arabes : il est logé à Genève dans une villa mise à sa disposition par l’émir du Qatar. La Jordanie en fait son représentant à l’ONU, et surtout l’Arabie saoudite lui alloue un revenu de 12 000 francs suisses par mois comme ambassadeur de la Ligue musulmane mondiale. Une somme considérable à l’époque, qui sert notamment à financer la publication du magazine Al-Mouslimoun. Une publication anti-occidentale, et parfois antisémite.

Saïd Ramadan, agent de la CIA

 

Malgré tout, les Suisses préfèrent fermer les yeux sur les activités de Saïd Ramadan. Les ennemis de mes amis ne sont-ils pas mes amis ? En clair, le responsable des Frères musulmans en Europe n’est-il pas un adversaire de Nasser et de son principal allié, l’URSS ? Une note des services secrets helvétiques, datant du 29 juin 1967, déclassifiée aux archives fédérales à Berne, souligne : « Je suis persuadé que Saïd Ramadan est, entre autre, un agent d’informations des Anglais et des Américains.

De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO ». La BUPO étant à l’époque la police fédérale helvétique. Ce qui expliquerait que Saïd Ramadan fasse « l’objet d’une présence tolérée » en Suisse, alors qu’il ne possédait pas de permis de résident, « B » ou « C ». Quand ces révélations ont été publiées pour la première fois dans le quotidien suisse Le Temps, en octobre 2004, la famille Ramadan a menacé de déposer plainte. Mais elle s’en est bien gardée, tant les archives fédérales sont accablantes quant aux preuves concernant le rôle de Saïd Ramadan comme agent de la CIA. Informations confirmées par le livre de Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, intitulé Une Mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en occident (1).

Une entreprise strictement familiale

Durant tout ce temps, le Centre islamique de Genève est resté une affaire strictement familiale. Il ne fallait surtout pas que d’autres puissent fourrer leur nez dans le business avec les Saoudiens. Lorsque Saïd Ramadan décède en 1995, le nouveau Conseil de direction de la mosquée (voir le document ci-dessous) ne comprend que des membres de la famille.

C’est vraisemblablement un cas pratiquement unique dans le monde musulman. Le président étant Aymen, le fils aîné. Brillant chirurgien dans la cité de Calvin, c’est lui qui est en contact direct avec les riches contribuables du Golfe.

Vient ensuite Hani Ramadan, toujours directeur du Centre islamique en 2016. Les autres membres étant Wafa, la mère, veuve de Saïd Ramadan, et fille d’Hassan al-Banna, Arwa, sa seule fille, et ses trois autres fils Yasser, Bilal, et Tariq. Alors que Hani Ramadan n’a jamais caché son appartenance avec la confrérie, Tariq continue de prétendre qu’il n’a aucun lien avec les Frères musulmans. Le dernier registre du commerce du canton de Genève, datant du 19 décembre 2013, indique que la composition du Conseil de direction n’a pas changé.

 

CEntre islamique
La liste du conseil de direction de la Mosquée

 

  • (1) JC Lattès, 382 pages, 2011.

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