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Rossignol dérape sur les "nègres", puis évoque une "faute de langage" (Le Point)

par Le Point 1 Avril 2016, 03:12 Rossignol Derapage "Negres" Islamophobie Racisme

La ministre des Droits des femmes a fait un parallèle entre les femmes qui portent des vêtements islamiques et les "nègres". Une formulation malheureuse.

Ce mercredi, Laurence Rossignol a fait un parallèle entre les femmes qui choisissent de porter des vêtements islamiques et les « nègres » qui étaient favorables à l'esclavage, avant de finalement reconnaître une « faute de langage ». La ministre des Droits des femmes dénonçait au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFM TV le développement, par certaines marques et enseignes de distribution, de vêtements adaptés aux traditions musulmanes comme le « burkini » (maillot de bain intégral) ou le hijab (foulard islamique). Alors que le journaliste lui faisait remarquer que certaines femmes « choisissent » de porter ces vêtements, la ministre a répondu : « Mais bien sûr. Il y a des femmes qui choisissent, il y avait des nègres afr..., des nègres américains qui étaient pour l'esclavage. »

Interrogée par l'Agence France-Presse, la ministre a reconnu une « faute de langage » sur l'emploi du mot « nègre », en soulignant qu'elle n'employait jamais ce terme « sauf quand on évoque l'esclavage et les négriers ». « J'ai employé le motnègre dans le seul usage qu'on puisse en faire pour parler de l'esclavage en Amérique et des négriers. Mais je n'ai pas mesuré la perception la plus répandue. Et qu'on ne dit pas nègre même quand c'est autorisé à propos de l'esclavage. En dehors de cette faute de langage, je ne retire pas un mot de ce que j'ai dit » sur les lignes de vêtements, a déclaré Laurence Rossignol.

Déchaînement sur les réseaux sociaux

L'utilisation de ce terme avait déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et sur Internet. « En fait, c'est pas de sa faute, @laurossignol a juste raté la formation du gouvernement contre le racisme... » a ironisé Widad.K (@widadk).

« Non, décidément, le racisme anti-noir n'est pas l'apanage des opposants au mariage pour tous, lorsqu'ils insultaient Christiane Taubira en la traitant de guenonou de Banania », ont réagi Mehdi Thomas Allal, maître de conférence à Sciences Po, et Asif Arif, avocat, dans une tribune publiée par liberation.fr. Interrogé par l'Agence France-Presse, l'entourage de Laurence Rossignol a affirmé qu'« il n'y a pas de provocation de la part de la ministre ni de volonté de choquer ». « Le mot nègre est un mot péjoratif qui ne s'emploie plus que pour évoquer l'esclavage, en référence à l'ouvrage abolitionniste De l'esclavage des nègres de Montesquieu », a-t-on ajouté de même source. « C'est un mot que la ministre n'emploie en aucune autre circonstance que par rapport à cette référence. Elle a sous-estimé que la référence n'était peut-être pas évidente. »

Le Point

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