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BENIN : Après la victoire sur la recolonisation, seule la poursuite des luttes du peuple imposera la rupture avec la gouvernance de l’impunité et du pacte colonial (La Flamme.org)

par Parti Communiste du Bénin 20 Mai 2016, 16:40 Colonialisme Anticolonialisme Benin Lutte Resistance

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB) 01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin) Tél. : 21 30 03 22/97 98 35 65 – Site :www.la-flamme.org

​Le 20 Mars 2016, dans une Union patriotique sacrée, notre peuple a, par un vote désormais historique, rejeté la recolonisation, la FrançAfrique et l’impunité, faisant ainsi honneur à nos illustres ancêtres qui par leurs combats héroïques, n’ont pas hésité à verser leur sang pour que vive la patrie. Le Candidat Patrice Talon, perçu comme l’anti-recolonisation et la rupture d’avec la gouvernance mafieuse de YAYI Boni a été élu Président de la République.

​Un mois après l’avènement au pouvoir de Patrice TALON, le peuple fait son bilan, et ce qui en ressort, c’est l’insatisfaction et l’inquiétude. ​Le peuple qui s’est mobilisé tout au long de l’année 2015 et au début de 2016 pour faire partir Boni YAYI et son cortège de scandales financiers, politiques et de crimes de sang, s’étonne de constater qu’un mois après avril 2016, ses attentes tardent à se réaliser.

​Le peuple manque d’eau et les voleurs du PPEA le narguent et se pavanent, ensemble avec les responsables des scandales des machines agricoles et les détrousseurs de la LEPI et se font appeler « honorables ». Le délestage est revenu plus pesant, faisant souffrir salariés, artisans, enseignants et élèves, professionnels libéraux… pendant que ceux qui ont créé Maria Gléta pour s’enrichir courent toujours et ont de nouveaux grades. Chaque conseil des ministres, plutôt que d’apporter de la lumière ajoute plus d’obscurité sur les affaires du passé. Les contrats bizarres signés entre YAYI et des opérateurs économiques nationaux et étrangers ont toujours cours sans que le peuple ne sache ce qu’ils contiennent vraiment. Comme naguère FAWAZ à Natitingou, on tire à balles réelles sur les enfants du peuple à Bantè, simplement parce qu’ils manifestaient contre la cupidité légendaire et impunie de nombre de responsables d’établissements d’enseignement publics. Et le ministre de l’intérieur a pu dire, tranquillement, que manifester sur la voie publique sans autorisation est une violation de la loi, oubliant que ce sont ces manifestations qui lui ont permis de revenir au pouvoir. L’arbitraire dans les nominations pointe de nouveau son nez, alors que le peuple sait que c’est le clientélisme qui crée la corruption que protègent l’impunité et la répression policière. Pendant que le peuple est à peine écouté, les messieurs VALLINI et Robert BOURGI (réseau FOCCART et FrançAfrique) font leur ballet à la Présidence de la République et à la télé. Et ils ont raison. Comme les rats, ils sont à la recherche des grains abandonnés ou négligés.

​Il y a suffisamment d’actes pour que le peuple s’inquiète. Pour lui, au plan politique, il y a comme de la part des nouveaux dirigeants, une volonté de liquider le plus rapidement possible la conscience anti-impérialiste française exprimée à travers le vote du 20 mars et renforcer la domination française sur le Bénin. Les gouvernements du Bénin et de la France y vont au pas de charge, comme pressés de resserrer l’étau autour du cou du Bénin avant qu’il n’ait le temps de se réveiller, comme pressés d’effacer de la mémoire du peuple du Bénin sa victoire sur la re colonisation.

​Au plan économique et social, l’inquiétude est grande que le partenariat Public-Privé prenne l’allure de partenariat Privé-Privé. Tant les informations circulent sur la libéralisation et la privatisation prochaines d’importants secteurs stratégiques de notre économie avec les risques de manque à gagner pour l’Etat, d’augmentation des prix et tarifs et donc de cherté de vie que cela entraine pour les plus pauvres. ​Car, il n’y aura pas de miracle. La misère de la majorité de la population s’accentuera tant qu’une minorité de nationaux volera impunément à son profit les richesses nationales et que les ressources naturelles ainsi que les secteurs vitaux de l’économie seront bradés à l’étranger. Il faut fermer les deux vannes. Il faut donner au peuple le pouvoir de contrôle sur ses élus, ses dirigeants et une visibilité sur tous les contrats. Autrement, la rupture risque de n’être que la carrosserie repeinte de la refondation dont les chantres sont aux commandes.

​Face à ces appréhensions et inquiétudes du peuple, d’aucuns se demandent comment en un mois le peuple peut déjà juger de l’action du nouveau gouvernement. Mais il n’est pas besoin de trois mois pour savoir si un véhicule qui a pris la direction de Lomé vous amène ou non à Porto-Novo. D’autres se demandent si c’est dans les rues que s’apprécie un gouvernement. Oui. C’est dans les rues, sur les marchés, dans les ateliers, les champs, les écoles que le bilan de YAYI et du Renouveau a été fait ; c’est en ces lieux que s’est décidé le combat contre la recolonisation et pour la rupture d’avec la FrançAfrique, la mal gouvernance et l’impunité.

​Quand on a un Président dont on ne sait pas s’il écoute son peuple mais qui a pour conseillers M. VALLINI et M. Robert BOURGI, on doit s’inquiéter pour la souveraineté nationale. Quand on a comme ministres ceux dont les hauts faits pour la République par le passé ont consisté à démembrer et vendre ou s’approprier le patrimoine national, on ne peut espérer qu’un Etat dépouillé au profit des individus ; quand on a pour légiférer, ceux qui ont toujours été les conseillers, maîtres à penser et soutiens des autocrates combattus et vaincus, ils ne peuvent légiférer que contre les droits des travailleurs. ​On peut payer des journalistes pour écrire des pages d’articles laudateurs ou organiser des émissions louangeuses, le peuple n’en pense pas moins, car c’est lui qui a balayé et nettoyé la place GOHO des souillures qu’y ont apporté le gouverneur et ses alliés traîtres à la Nation ; c’est lui qui a chanté le « gniboukoukou zin pimpan dè » ; c’est lui qui a marché d’Agla à l’Etoile Rouge pour que la recolonisation ne triomphe jamais, c’est lui qui a affronté la police à Parakou pour une rupture. La rupture d’avec la FrançAfrique et le pacte colonial, c’est lui qui en connaît le contenu et s’est battu pour. ​C’est le peuple qui sait où il veut aller et il a raison de s’inquiéter en voyant la direction prise par le navire. Le peuple constate qu’il est absent là où l’on décide de son sort et de son avenir. Il sait que sans son intervention, ils feront pour lui des lois qui suppriment de fait aux travailleurs le droit de grève, aux citoyens la liberté ; ils relègueront nos intellectuels traditionnels aux rôles d’objets décoratifs et touristiques, ils braderont nos richesses contre des pourboires, ils continueront de faire des nominations de placements clientélistes, etc.

Au peuple déçu ou fâché qui murmure, nous disons : ​Tu as raison : plus énergiquement tu te battras, plus tu auras de chance de forger des dirigeants à ton image. D’autres peuples sont passés par là et, à force de ténacité et d’endurance, ils ont réussi à rattraper et juger des criminels quarante ans après. D’autres peuples sont passés par là, et, à force de ténacité, ont réussi à faire rapatrier les milliards volés et enfermés en Suisse ; d’autres sont passés par là et ont réussi à faire rapatrier et juger leur Président en fuite. ​D’autres peuples sont sortis de catastrophes plus grands et ils ont cessé de geindre ; ils ont regardé les dégâts, ils ont arrêté de quémander, ils se sont ceints les reins et ont compté sur leurs bras pour transformer leurs ressources en richesses.

​Tu t’es levé en 1989, tu as vaincu l’autocratie ; tu t’es levé en 2006, tu as empêché KEREKOU de s’octroyer un troisième mandat ; tu t’es levé en 2016, tu as brisé le rêve insensé de te recoloniser. Les autres fois, tu as cru, tu as espéré en un messie et tu as arrêté tes propres efforts. Cette fois-ci, tu as commencé, tu remportes des combats ; arme-toi de ténacité, tu remporteras la victoire. Tu enfanteras un monde nouveau et, avec, des hommes à cette hauteur. ​C’est pour cela que Parti Communiste du Bénin te dit : « Peuple béninois, par ton patriotisme, tu as rejeté la recolonisation, la FrançAfrique et l’impunité. C’est seule avec la poursuite de tes luttes que tu imposeras la rupture d’avec la gouvernance de l’impunité et du pacte colonial ». Que vive le peuple debout et souverain !

Cotonou, le 17 mai 2016. Le Parti Communiste du Bénin 1

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