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DSK tente encore une fois le diable au Congo auprès du dictateur Sassou Nguesso (Congo-Liberty)

par Rigobert OSSEBI 26 Mai 2016, 17:35 Strauss-Kahn Sassou Nguesso Congo-Brazzaville Dictature France Françafrique

DSK

 Depuis cinq années, un mauvais sort s’acharne sur Dominique Strauss Kahn. Les casseroles  se succèdent les unes aux autres dans un ballet qui ne semble pas près de s’interrompre.  Avec son récent séjour au Congo Brazzaville, auprès du dictatueur Sassou Nguesso, l’ancien « General manager » du FMI est allé encore une fois tenter le diable. Face au président congolais, il n’en aura jamais été aussi près.

 

 

Il était arrivé à Pointe Noire dès le 21 mai par un vol Air France, et il y avait passé une nuit à l’Hôtel Madiba, avant un transfert par un des jets présidentiels qui assurent la navette, (parfois plusieurs fois par jour, entre Ollombo/Oyo et Brazzaville – Pointe Noire) pour se rendre auprès du tyran.

Rien n’est absolument sûr concernant le motif réel de ce déplacement. Sassou, de son côté, a toujours eu besoin de personnalités reconnues, souvent dévaluées, destinées à intégrer son premier cercle. Il a toujours été prêt à payer très cher pour cela[i]. Dès le début des années 80, il avait eu la main heureuse avec Albin Chalandon, qui après avoir quitté la présidence d’ELF, était devenu son Conseiller personnel aux hydrocarbures. Lors de la première cohabitation Mitterrand-Chirac en 1986, le même Chalandon se retrouva Garde des Sceaux. Il inaugurait ainsi une longue lignée de ministres de la Justice qui ont été favorables aux dérives congolaises ; Rachida Dati, par voie de conséquence, et Christiane Taubira, la précieuse amie.

Il y eut également Jacques Attali, qui pour un juteux contrat, après avoir été le « sherpa » de Mitterrand, accepta de devenir le Conseiller d’un putschiste-chef de guerre civile le 8 mai 1998.

Peut-être qu’il n’y avait pas eu de rencontre précédente entre DSK et DSN. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont été longtemps en relations très étroites… Par des personnes de confiance interposées, alors que DSK était au sommet du monde, à la tête du Fonds Monétaire International et Sassou, le grand corrupteur, pendu à sa décision : celle d’accéder au programme PPTE (Pays Pauvre Très Endetté).

Le Congo était tout sauf pauvre ! DSK s’était prêté, avec le FMI qu’il dirigeait, à une escroquerie institutionnelle en faveur d’une république bananière et kleptocrate.

Grâce à de faux rapports qui avaient été rédigés par un personnel qui lui était proche, dont Monsieur Reza Moghadam qui était également son directeur de cabinet[ii], et le sulfureux Yaya  Moussa, Représentant résident du FMI à Brazzaville de 2005 à 2009, il accorda le Point d’achèvement,  accord ultime et décisif tant espéré, à  Denis Sassou Nguesso  en janvier 2010.

D’autres relais avaient été nécessaires notamment avec les banques d’affaires du Congo, dont la banque Lazare dirigée par un neveu du Directeur des Dépêches de Brazzaville, Jean Paul Pigasse.

Dominique Strauss Kahn, qui est au cœur d’une enquête judiciaire sur la faillite du Fonds d’Investissements LSK dans lequel il était associé, ne risque absolument rien dans la faillite de l’Etat congolais pour laquelle il a été un facteur déclenchant et déterminant ; bénéficiant de l’immunité qui lui était conférée dans les fonctions qu’il occupait au FMI, il ne saurait être poursuivi.

« Jamais l’effacement de la dette n’aurait dû être accordé au Congo ! » Cette affirmation péremptoire avait été lancée au début de l’année 2014, à l’Elysée, par un proche conseiller de François Hollande à un Avocat d’un important créancier du Congo.

Cet accord de Monsieur Strauss Kahn, sans aucune contrepartie démocratique, ni  renforcement de la lutte contre la corruption, a été la cause principale de la situation financière catastrophique dans laquelle le pays se trouve actuellement. Cet effacement de la dette congolaise, qui se situait alors à 5 milliards de dollars, par des pays européens et principalement de la France, a alors permis le déblocage de crédits de fournisseurs chinois qui purent s’engouffrer dans un Congo largement désendetté.

Sassou Nguesso et son clan familial mafieux se sont alors employés à signer des contrats avec eux pour des infrastructures à l’utilité contestable, dans des conditions obscures, pendant que Denis Christel Sassou Nguesso, au pétrole, et le corrompu Gilbert Ondongo, aux finances, détournaient les revenus du pays. Le résultat est que le Congo est endetté maintenant sérieusement envers la Chine, qui n’effacera jamais sa dette, pour des montants au moins doubles de celui dont DSK avait permis l’effacement ; sûrement une bonne dizaine de milliards de dollars (5000 milliards de FCFA).

La sphère d’influence de Monsieur Strauss Kahn depuis n’a jamais été absente de ce pays livré aux vols et aux détournements de toutes sortes. Celui qui fut son dévoué Représentant Résident Yaya Moussa est devenu un personnage clé dans le blanchiment et le recyclage des sommes colossales détournées par le gang mafieux.

Après une année au prestigieux et très coûteux MIT pour l’obtention d’un MBA (environ 200.000 dollars) l’ancien fonctionnaire international  s’est retrouvé à la tête d’une chaine de Télévision dédiée à la propagande de Denis Sassou Nguesso ; il s’est également impliqué dans le lobbying en faveur de Denis Christel Sassou Nguesso aux Etats-Unis et, depuis lors, ils ne se sont plus quittés. Pour le compte de ce dernier, très sûrement, il s’est retrouvé à la tête de la BAIC (Banque Africaine pour l’Industrie et le Commerce) créée avec José Veiga, à Cotonou, avec la bénédiction de Boni Yayi.

Hier, ce dernier était présent à Brazzaville auprès de Denis Christel Sassou Nguesso. Etait-il venu percevoir sa part de dividendes ? La BAIC dont l’ex-président du Bénin avait permis l’installation à Cotonou, devait s’intégrer dans un réseau bancaire de blanchiment pour lequel le Congolo-Portugais Veiga est emprisonné préventivement au Portugal.

Christel Nguesso et Boni Yayi

Christel Nguesso et Boni Yayi

Yaya Moussa, le même ex-collaborateur de DSK, a créé une compagnie financière à Washington, Kontinent Llc, destinée à prendre des participations dans des gisements pétroliers en Afrique.

« AVEC QUEL ARGENT ? »                                  

Ce  fut le cas récemment avec les accords de renouvellement des permis Tchendo II, Tchibouela II, Tchibeli-Litanzi II opérés par TOTAL en partenariat avec ENI, sur lesquels Yaya Moussa obtint une participation de 10% sans que les compagnies pétrolières et leur comité d’Ethique aient trouvé à redire ; tout comme celui du FMI, dirigé maintenant par Madame Lagarde[iii], ne se soit ému des dérives de l’ex-employé dans l’exécution de sa mission. Il est vrai que l’institution est particulièrement clémente avec son personnel. Ce n’est pas un Alex Segura qui s’en plaindra…[iv]

Le plus troublant, concernant cette affaire de prises de participations par Kontinent se situe au niveau de l’Administration américaine. Tout se passe sous son nez et il semble bien que Yaya Moussa bénéficie à son tour d’une forme d’immunité ; comme tous les Nguesso, descendants de pseudo-révolutionnaires marxistes formés à Moscou et convertis au grand banditisme financier, qui ont fait des USA leur terre favorite pour l’investissement des fortunes volées au Congo. Miami Beach est surnommée « OYOLAND » par le gang mafieux qui y a acheté de nombreux biens immobiliers et commerciaux.

Tous les Congolais se sont plaints de la lenteur de l’instruction de l’affaire des BMA à Paris. Elle a au moins le mérite d’exister, même si l’affaire José Veiga est allée beaucoup plus loin et tellement plus rapidement au Portugal. Mais qui sait ? Peut-être aurons-nous bientôt une surprise à la faveur de cette nouvelle union DSN-DSK…

Rigobert Ossebi

Diffusé le 26 mai 2016, par www.congo-liberty.com

[i] Pour une photo avec Bill Clinton il avait été prêt à payer 650.000 dollars

[ii] Il fut nommé par Christine Lagarde Directeur de la zone Europe et occupe maintenant un poste de vice-Président chez Morgan Stanley.

[iii] Elle était Ministre des finances de la France au moment de l’effacement de la dette. Le Club de Paris, domicilié à son ministère à Bercy étant sous sa tutelle…

[iv] 25 septembre 2009, le Représentant du FMI au Sénégal avait été intercepté avec une valise pleine de billets. Classé sans suite par le comité d’éthique du FMI

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