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L'Algérie prête à s'éloigner du bloc occidental pour se rapprocher de la Russie et du bloc anti OTAN (Activist Post)

par Brandon Turbeville 29 Mai 2016, 05:25 Algérie OTAN Russie USA "Printemps arabe" Articles de Sam La Touch

Avec la crise syrienne qui s’éternise et les espoirs d’une résolution pacifique – ou tout du moins, d’un retour à une relative accalmie en Libye – qui se font très distants, l’Algérie devrait d’ores et déjà commencer à suspecter qu’elle pourrait très vite se retrouver dans les viseurs anglo-américains.

De plus en plus d’éléments indiquent que c’est précisément ce qu’elle fait.

Après avoir survécu à une tentative de déstabilisation durant les révolutions colorées dites des « printemps arabes, » d’inspiration et d’orchestration occidentale, l’Algérie fait tout ce qu’elle peut pour renforcer sa sécurité à l’intérieur, autour et sur ses frontières. C’est pourquoi elle accroît sa coopération avec son pays voisin la Tunisie, cible des terroristes soutenus par l’occident et les nations du CCG (Conseil de Coopération du Golfe, ndt).

Après avoir réagi très vite et avec une main de fer, toutes les tentatives de perturbation du gouvernement algérien ont été repoussées pendant le cours des révolutions colorées et des déstabilisations conçues par les États-Unis. Pourtant, bien que les quelques manifestations du style « printemps arabe » aient été inefficaces et qu’elles n’aient pas duré longtemps, l’Algérie ne s’est pas simplement reposée sur ses lauriers par la suite. En fait, l’Algérie a choisi de renforcer sa sécurité, d’améliorer ses capacités militaires, et de travailler en coopération avec ses voisins pour s’assurer de ne pas devenir une proie facile de futures déstabilisations et autres révolutions colorées.

L’Algérie s’attache également à approfondir ses relations avec la Russie et tous les pays qui font partie de ce bloc non-officiel mais évident, contre L’OTAN. En d’autres termes, l’Algérie se rapproche d’une adhésion à ce groupe de nations multi-polaires qui essaient d’agir comme contrepoids des puissances de L’OTAN.

On trouve deux exemples marquants du renforcement de la coopération entre l’Algérie et cette alliance anti-OTAN dans le récent approvisionnement de 40 hélicoptères d’attaque russes pour l’Algérie et la récente visite diplomatique du gouvernement algérien en Syrie.

L’hélicoptère connu sous le nom de « Night Hunter » en Russie, a la réputation d’être l’un des meilleurs mondiaux, capable d’exécuter des missions aussi bien en journée que de nuit, et dans des conditions météo des plus difficiles. L’hélicoptère est livré avec une possibilité de modification MI-28NE qui permet à l’appareil de pouvoir être piloté depuis le cockpit du pilote et le cockpit du pilote opérateur.

La livraison de ces hélicoptères russes à l’Algérie n’a rien de nouveau. En 2005-2006, la Russie avait fourni à l’Algérie 28 chasseurs Su-30MKA, 16 avions d’entraînement Yak-130 et 185 tanks T90S. En 2015, un contrat avait été signé entre les deux pays pour la livraison de 14 chasseurs Su-30MKA, prévue pour 2016-2017. Cette acquisition d’hélicoptères MI-28 est liée à un accord bilatéral entre la Russie et l’Algérie.

« Les militaires algériens sont satisfaits de la qualité des armes russes, qui ont fait leurs preuves dans les conditions très spécifiques du pays, particulièrement dans le désert avec des températures extrêmement élevées et des tempêtes de sable. Il y a donc de bonnes perspectives quant au prolongement d’une coopération rapprochée dans le domaine militaro-technique, sur une vaste gamme d’approvisionnements, » déclarait Alexandre Zolotov, l’ambassadeur russe en Algérie, dans une interview à RIA Novosti.

Bien que ces livraisons ne soient pas d’un grand intérêt médiatique en soi, le contexte dans lequel elles ont lieu mérite d’être discuté.

L’Algérie est bien sûr de plus en plus préoccupée par l’accumulation des méfaits de l’EI dans la région, notamment en Libye et en Tunisie, et elle se concentre sur la sécurité de ses frontières avec les deux pays touchés mais aussi avec le Niger et le Mali pour les mêmes raisons. Le gouvernement algérien, qui a su réagir rapidement aux menaces terroristes pas le passé, craint peut-être que l’EI puisse perpétrer d’éventuelles attaques à l’intérieur de ses frontières, en lien avec le positionnement futur de l’Occident contre la structure gouvernementale du pays.

En février, l’Algérie et la Russie se sont engagées dans un plan de renforcement de la coopération sur les plans militaire et économique.

Concernant la Syrie, le lundi 25 avril 2016 marque la première visite officielle de responsables algériens dans le pays depuis 2011, signalant également une tendance au resserrement des liens et de la coopération avec le pays en conflit, malgré les pleurs et les cris des États-Unis et de l’OTAN. Plus tôt, en mars, le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mu’allem avait rendu visite à la capitale algérienne avec pour but déclaré d’approfondir et de renforcer les relations économiques entre les deux pays.

Ainsi le décrit Ulson Gunnar dans son article intitulé, « Washington’s Fake War on ISIS ‘Moves’ To Libya » – (La Fausse Guerre de Washington contre l’EI se "déplace" en Libye, ndt) :

« L’EI n’est non seulement plus en sécurité en Syrie, mais le pays est devenu pour eux un cimetière dans lequel ils sont enterrés vivants. Et ce n’est pas grâce à une campagne anti-terreur menée par Washington et ses alliés, mais grâce aux opérations rapides et efficaces de Moscou, Téhéran et leurs alliés à Damas. En effet, avec la coupure des voies d’approvisionnement de l’EI vers leurs sources en Turquie et le refoulement de leurs troupes qui sont repoussées à travers le territoire syrien, la liquidation de leurs forces en Syrie est en très bonne voie. De la même façon en Irak, les simulacres d’opérations US pour stopper l’EI ont ouvert la voie à des coopérations plus importantes entre Baghdad, Téhéran et Damas.

Ce qui se voulait être une tentative de division et de destruction de l’aire d’influence iranienne à travers la région, se révèle être en fait ce qui va la galvaniser.

Exfiltrer les groupes de mercenaires de l’EI en dehors de la région est important pour s’assurer qu’ils puissent vivre et participer à d’autres combats. En les déplaçant en Libye, Washington et ses alliés espèrent qu’ils seront suffisamment hors de portée de la coalition montante qui les affronte réellement dans la région du Levant. Plus encore, les mobiliser en Libye permet à d’autres « projets » laissés en reste suite aux « printenmps arabes » d’être revisités, comme la déstabilisation et la destruction de l’Algérie, de la Tunisie et peut-être même en vue d’une nouvelle tentative pour déstabilser et détruire l’Egypte.

La présence de l’EI en Libye pourrait également être utilisée comme un prétexte pour une intervention militaire bien plus large et illimitée des forces U.S. et européennes avec leurs alliés du golfe persique, à travers toute l’Afrique. Comme les États-Unis l’ont fait en Syrie, en conduisant des opérations pendant plus d’un an et demi complètement en vain, mais qui ont permis d’installer des forces sous proxy pour continuer d’affaiblir et de menacer les nations ciblées, ils pourraient procéder de la même manière avec l’EI en Libye avec une propagation inévitable et prévisible vers l’extérieur. »

En effet, Gunnar résume en somme ce que l’Algérie sait et craint vis à vis de l’EI et des plans Anglo-américain/OTAN pour l’hégémonie mondiale. Cela explique pourquoi l’Algérie se prépare pour un potentiel repositionnement sur l’Occident en terme de zones de combat, qui se déplace de la Syrie vers la Libye et plus encore vers l’ouest.

Bien que ce ne soit pas une nouvelle renversante, l’affection croissante de l’Algérie pour le bloc de nations lié à la Russie est un nouveau signe de la perte d’influence de Washington à travers le monde et de la faillite de plus en plus grande de la position tenue par les U.S.A et l’OTAN.

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