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L’association de plus en plus étroite entre l’Arabie Saoudite et Israël : des noces barbares (Alternet.org)

par Alli McCracken, Raed Jarrar 9 Mai 2016, 07:44 Israël Arabie Saoudite Collaboration Accord nucleaire

arabie - israel

L’accord sur le nucléaire est en train de redessiner la carte politique du Moyen Orient.

Depuis des dizaines d’années, l’Arabie Saoudite a été un vigoureux avocat du droit à l’existence d’un État Palestinien et un critique mordant de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza par les Israéliens. L’engagement de l’Arabie Saoudite à l’égard de la Palestine définit les contours géopolitiques du Moyen Orient depuis des décennies. Mais, à présent que l’accord avec l’Iran sur le nucléaire est chose faite et tandis que la guerre fait rage en Syrie, ces contours politiques sont en train d’être redessinés et de réunir un couple étrange : l’Arabie Saoudite et Israël.

Vendu comme « un dialogue révolutionnaire entre les dirigeants des deux organes de sécurité nationaux de deux vieux adversaires », ce 5 mai verra une rencontre au sommet, à Washington D.C., d’officiels de haut grade d’Arabie Saoudite et d’Israël. Le prince Turki bin Faisal, ex-chef des services secrets d’Arabie Saoudite et ex-ambassadeur à Washington, et le major-général à la retraite des Forces de Défernse Israéliennes (IDF) Yaakov Amidror, ex-conseiller du premier ministre Benjamin Netanyahou en matière de sécurité nationale, s’entretiendront à l’Institut pour la Politique du Moyen-Orient de Washington, une organisation pro-israélienne subventionnée par l’AIPAC, dont le personnel est recruté et payé par l’AIPAC et logée dans l’immeuble qui abrite le Quartier Général de l’AIPAC.

L’Arabie Saoudite n’a jamais entretenu de relations diplomatiques avec Israël depuis la Nakba en 1948 et a même, à un moment donné dirigé le boyott de l’État d’Israël. Et, quoique cette rencontre ne soit pas la première du genre (l’Arabie Saoudite et Israël se sont déjà parlé officiellement par le biais d’un panel, au Conseil des Relations Extérieures l’an dernier), c’est réellement une rencontre au plus haut niveau qui est en cours.

Bien que voir s’acoquiner et se rencontrer officiellement des violeuirs de droits humains tels que l’Arabie Saoudite et Israël ne soit pas  tout à fait une surprise pour la plupart d’entre nous, cet événement est quand même une mauvaise nouvelle, parce qu’il signifie que le sponsor officiel de l’Initiative Arabe pour la Paix entre dans une ère nouvelle de normalisation.

L’Initiative Arabe pour la Paix, également connue comme « Initiative Saoudienne » est une proposition en dix points pour mettre fin au conflit  israélo-palestinien. Elle a été approuvée par la Ligue Arabe en 2002 et réapprouvée en 2007, et elle est appuyée par toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas. L’initiative appelle à une normalisation des relations entre le monde arabe et Israël, en échange d’un retrait complet d’Israël de tous les territoires occupés (Jérusalem Est inclus). Jusqu’à présent, cette proposition a été le projet le plus viable pour une solution à deux états. Elle abordait aussi la question des réfugiés palestiniens et en appelait à un « règlement juste », fondé sur la résolution 194 de l’ONU.

Donc, en ce moment politique où Netanyahou ne montre aucune intention de se retirer des Territoires Palestiniens Occupés et où, même, certains de ses ministres réclament officiellement l’occupation de la Cisjordanie, l’Arabie Saoudite semble abandonner ses engagements historiques. En normalisant ses relations avec  Israël sans exiger en contrepartie une solution juste au conflit israélo-palestinien, l’Arabie Saoudite diminue le poids qu’elle pouvait avoir dans les négociations pour une solution à deux états.

D’une certaine manière, cette rencontre officialise la mort de l’Initiative Arabe pour la Paix, mais plus encore, en tant que dernier mécanisme en vue d’une solution régionale négociée, elle montre que la solution à deux états est, elle aussi, officiellement morte.

Alli McCracken, Raed Jarrar – May 5, 2016

Ali McCracken est  co-directrice du groupe faminin anti-guerre CODEPINK, dont le siège est à Washington D.C. – Raed Jarrar est un militant politique arabo-américain de Washington D .C.

 

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