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Le capitalisme canadien et la subjugation et décimation de la population autochtone (WSWS)

par Janet Browning 4 Mai 2016, 14:34 Canada Amerindiens Colonialisme Extermination Predation

La destruction des Indiens des Plaines : Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone par James Daschuk

 

James Daschuk, un universitaire de l'Université de Regina, a mené une étude sur la santé des populations autochtones du Canada jusqu'au XIXe siècle. Son ouvrage, La destruction des Indiens des Plaines, est une condamnation dévastatrice de l'assujettissement et de la décimation des peuples autochtones (les Premières Nations) par le capitalisme canadien dans les plaines de l'Ouest canadien qui correspondent de nos jours aux provinces des Prairies du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.

L'étude de Daschuk est fondée sur une recherche approfondie des archives et vise à identifier les racines de la disparité frappante en matière de santé entre les populations autochtones et non autochtones actuelles de l'Ouest canadien. Dès le début de La destruction des Indiens des Plaines, Daschuk fait remarquer que les Canadiens autochtones meurent en moyenne cinq à huit ans plus tôt que les autres Canadiens. Il s'attelle à confirmer que la marginalisation économique et culturelle délibérée des populations autochtones par l'État capitaliste canadien est le principal facteur entravant l'amélioration de la santé des Premières Nations.

Le livre divise l'histoire de la santé des peuples autochtones en deux périodes :

1. Avant 1869, lors de la propagation des «épidémies des terres vierges» où la tuberculose, la variole, la coqueluche et la scarlatine entrainent une transformation tragique imprévue, mais en grande partie organique, déclenchée par l'expansion du commerce et la multiplication des contacts avec les Européens;

2. Après décembre 1869, quand, avec l'achat des «Terres de la baie d'Hudson» par le Dominion du Canada récemment créé, la bourgeoisie canadienne et son État mènent un effort concerté pour imposer des rapports capitalistes basés sur la propriété privée dans les Prairies canadiennes. Il s'ensuit une politique systématique de marginalisation des peuples autochtones qui se voient contraints de quitter leurs terres par la violence, les arnaques et suite à une privation délibérée de nourriture: c'est-à-dire par l'imposition de la famine.

La recherche de Daschuk révèle que, dans la première période de la colonisation, les peuples autochtones des Prairies jouissaient généralement d'une bonne santé. On a observé qu'ils étaient plus grands que les Européens lors de la période de contact initial. C'était sans doute en raison de leur régime alimentaire riche en protéines, principalement basé sur la consommation de bisons.

Les explorateurs et les commerçants européens ont apporté la variole et la rougeole. Ces maladies infectieuses, comme bien d'autres, ont eu un impact dévastateur sur la population autochtone n'ayant jamais été exposée antérieurement à elles, d'où le terme d'«épidémies des terres vierges». Alors que s'effectue la propagation du commerce sur le continent, les communautés autochtones sont ravagées par la maladie, ce qui entraine de graves perturbations de leurs modes de vie, des pénuries alimentaires, un affaiblissement de leur système immunitaire et un dépeuplement encore plus grand.

Daschuk consacre les cinq premiers chapitres de son ouvrage à traiter de la période historique allant du début du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle, notamment des guerres des fourrures du début des années 1780, puis de la période subséquente du monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson sur l'Ouest canadien des temps modernes. Les quatre autres chapitres, sur lesquels la présente critique se concentre, traitent de la période suivant la fusion des plus grandes colonies britanniques d'Amérique du Nord d'alors qui ont créé le Dominion du Canada en 1867.

Le déclin de la traite des fourrures, puis l'expansion incessante du capitalisme dans la vallée du Saint-Laurent et la région des Grands Lacs soutenue par le besoin de la Grande-Bretagne en denrées alimentaires, en bois et autres ressources, ainsi que par l'arrivée de métayers (fermiers locateurs) ruinés et d'artisans d'Europe dans le «Nouveau Monde», ont poussé à la colonisation et à l'appropriation de terres toujours plus profondément dans les territoires de chasse des peuples autochtones. Comme en Australasie, l'assujettissement et la dépossession des peuples autochtones en Amérique du Nord découlent de la logique objective de l'expansion capitaliste et de l'incompatibilité de la propriété privée capitaliste et de l'exploitation du travail salarié d'un côté avec les formes communautaires de propriété et d'organisation sociales de l'autre.

Sous l'œil vigilant d'un membre de la Police montée du Nord-Ouest, un groupe d'Indiens pieds-noirs posant près de Gleichen, dans les Territoires du Nord-Ouest (territoire faisant partie de l'Alberta actuelle). Photo reproduite avec l'autorisation de la bibliothèque de Vancouver

Ces forces objectives ont trouvé leur expression dans la direction politique du nouveau Dominion. Les recherches de Daschuk montrent que Sir John A. Macdonald, le premier Premier ministre du Canada et principal artisan de l'union des colonies britanniques en Amérique du Nord, dirigeait un régime engagé dans un processus de colonisation dont la logique même a entrainé l'expulsion des Indiens des Plaines de leurs terres ancestrales et leur quasi-extermination. Dans le quart de siècle qui a suivi l'achat par le Canada d'un «titre juridique» sur les Terres de la baie d'Hudson, l'État canadien a subjugué par la force et dépossédé les peuples autochtones des plaines pour permettre la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique avec pour triple objectif la consolidation du contrôle de la bourgeoisie canadienne sur la partie septentrionale de l'Amérique du Nord, l'ouverture des Prairies canadiennes à l'agriculture commerciale et, du coup, la création d'un marché pour les manufacturiers de l'est du Canada.

Bien qu'il soit difficile de déterminer le nombre exact d'Autochtones morts au cours de cette période à la suite des gestes posés par les autorités canadiennes et des omissions de celles-ci, Daschuk fournit plusieurs chiffres qui donnent une idée de l'ampleur de la catastrophe. En 1876, un fonctionnaire du gouvernement a estimé que la population autochtone totale dans les plaines de l'Ouest s'élevait à 26.000. En 1891, elle n'était plus que de 15.000, avec notamment une baisse d'un tiers sur une période de six ans à partir du milieu des années 1880.

Les traités et la famine organisée par l'État

Au milieu des années 1870, la population des bisons, ces animaux sur lesquels les Indiens des Plaines avaient compté pendant des siècles pour leur alimentation et leur habillement, était en forte baisse. La plupart des chefs héréditaires ont alors compris que leur peuple n'avait d'autre choix que d'abandonner le mode de vie semi-nomade des chasseurs-cueilleurs pour adopter l'agriculture. Par conséquent, ils ont déposé des requêtes à Ottawa pour conclure des traités par lesquels ils espéraient obtenir l'aide du gouvernement canadien dans leur transition vers l'agriculture. Avides de développement économique et craignant les conflits armés, les responsables du Dominion ont vu le processus des traités comme un bon moyen de renforcer l'État, de marginaliser la population autochtone et d'obtenir un contrôle absolu sur des terres de premier ordre.

Daschuk fait remarquer que la plupart des Cris qui ont assisté aux pourparlers du Traité 6 à Fort Carlton à la fin de l'été de 1876 avaient reconnu la futilité d'organiser la résistance armée à l'autorité du Dominion. Les Cris ont négocié avec succès trois innovations dans le Traité 6: une assistance supplémentaire pour leur conversion à l'agriculture, des secours en cas de famine ou de peste et une «armoire à médecine». Cette dernière clause impliquait la promesse de maintenir un ensemble de fournitures médicales de base pour les Autochtones dans la maison du représentant local du ministère des Affaires indiennes.

Moins d'un an après la signature du Traité 6, une famine à grande échelle survient, décrite par Daschuk comme un «testament de l'indifférence du Dominion».

En 1877, le Traité 7 est négocié à la hâte pour désamorcer une situation de plus en plus tendue dans le sud de l'Alberta du fait de conflits armés, juste au sud de la frontière américaine. En deux ans, les bisons avaient disparu et la population autochtone avait été réinstallée sur de petites réserves isolées d'où il leur était interdit de sortir, même pour travailler sur des fermes privées comme ouvriers.

À ce stade, explique Daschuk, Macdonald voit l'avantage et omet délibérément de faire parvenir de la nourriture à ces populations affamées et complètement dépendantes de façon à les soumettre à l'État canadien et à les forcer à ce qu'elles se conforment au nouvel ordre capitaliste. Et si des Indiens récalcitrants mouraient pendant ce processus, c'était vu comme encore mieux.

Sir John A. Macdonald, principal «père de la Confédération» et architecte en chef de la politique génocidaire du Canada envers les Indiens des Plaines

Comme le fait remarquer Daschuk, «alors que les Indiens sont affamés et meurent dans bien des cas, les autorités retiennent la nourriture qui était disponible. La famine dans les plaines est plus qu'une simple équation malthusienne de trop de gens et trop peu de bisons.»

Cette politique est encore plus criminelle puisque les recherches de Daschuk révèlent qu'Ottawa était bien au courant de la crise alimentaire imminente. Dès 1874-1875, un document interne prédisait en effet la disparition du bison dans la décennie. En mai 1878, le lieutenant-gouverneur du gouvernement territorial du Dominion avait mis en garde le ministre de l'Intérieur, David Mills, que le gouvernement aurait à choisir entre trois options : «aider les Indiens à cultiver la terre et à élever du bétail, les nourrir ou les combattre».

La famine a entrainé des cas d'exploitation sexuelle des Indiens par des agents fédéraux qui donnaient de la nourriture en échange de faveurs sexuelles de femmes et d'enfants autochtones. Elle a aussi créé des conditions de vie de promiscuité qui ont entraîné une épidémie de tuberculose dans les communautés autochtones, et finalement, la mort de nombreux Autochtones en raison de la famine.

«La souffrance à Battleford, en Saskatchewan, était tellement omniprésente, écrit Daschuk, qu'elle en était rendue banale. Dans sa rubrique des objets perdus, sous le titre "Lost and Found", le Saskatchewan Herald publia l'annonce suivante, le 16 décembre 1878: "Trouvée là où les Indiens meurent de faim, une jument blanche dans les environs du 1er octobre. Le propriétaire peut récupérer sa bête contre preuve de propriété et paiement de mes frais". »

Daschuk poursuit : «Même P.G. Laurier, le rédacteur en chef antipathique du Saskatchewan Herald, est remué par le sort des affamés : "la condition de ces Indiens est déplorable à l'extrême. Accoutumés toute leur vie à un régime alimentaire composé en grande partie de gibier, les rations de farine et de thé qu'ils reçoivent ici leur permettent tout juste de subsister, au bord de la famine." Laurier rapporte que Dickieson, le surintendant des Indiens par intérim à Battleford, devait "s'occuper de mille Indiens affamés", sans la moindre viande ou possibilité d'en réquisitionner auprès de ses supérieurs.»

À Edmonton, écrit Daschuk, «l'agent des Indiens James Stewart écrit dans son rapport sur la crise: "... Je n'ai jamais rien vu de tel dans toute la longue période où j'ai été dans ce pays. Non seulement il n'y a plus de bisons, mais tout le monde semble avoir déserté le pays; même les poissons sont rares... Les pauvres étaient nus, et le froid était intense, et ce temps froid a persisté tout l'hiver; dans ces circonstances, ils se sont bien comportés, et aucun raid n'a été mené sur quoi que ce soit ici. Ils ont mangé beaucoup de leurs chevaux, et tous les chiens ont été tués pour être mangés..."»

Les rapports des autres régions montrent comment la répartition des maigres rations a été utilisée par les responsables gouvernementaux comme une arme, ce qui a eu des conséquences terribles. On découvre combien étaient désastreux les résultats des gestes du gouvernement lorsqu'on voit que les quelques Premières Nations qui n'avaient pas encore conclu de traités avec l'État canadien étaient en meilleure santé. Comme le fait remarquer Daschuk, «Les communautés qui ont conclu des traités s'attendaient à ce que l'État canadien les protège de la famine et de la catastrophe socio-économique, mais en moins d'une décennie, les "protections" offertes par les traités sont devenues les moyens par lesquels l'État subjuguait la population indienne ayant conclu des traités. Un indice de l'oppression de la population autochtone des Prairies par le Dominion est l'explosion de la tuberculose. Les Sioux Dakota cependant n'ont pas succombé à l'épidémie du début des années 1880 parce qu'ils étaient relativement libres de la gestion oppressive du ministère des Affaires indiennes et pouvaient participer à l'économie commerciale de la région; en d'autres termes, ils étaient libres de traité.»

En plus de mettre en œuvre les politiques brutales du gouvernement fédéral, les fonctionnaires corrompus essayaient souvent de promouvoir leurs intérêts personnels. Daschuk cite le cas d'Edward Dewdney, le lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest pendant la majeure partie des années 1880. Dewdney avait des liens étroits avec la société de grain I.G. Baker du Montana de laquelle le gouvernement canadien achetait la farine pour alimenter les réserves, rapporte Daschuk.

«Le 6 novembre 1883, F. X. Girard, médecin du Traité 7, a rapporté que la farine fournie par la société (du Montana) était "impropre à la consommation" et avait été responsable de nombreux décès. En 1883, W.W. Gibson, un colon dont la terre était adjacente à la réserve Piapot en Saskatchewan, a déclaré que 130 personnes avaient trouvé la mort après avoir reçu du bacon rance pour leur travail. Le chef Long Lodge s'est plaint au surintendant des Affaires indiennes que son peuple ne pouvait pas manger le bacon fourni par la société I.G. Baker, auquel Dewdney lui a répondu : "Mais que les Indiens mangent le bacon ou qu'ils crèvent, on s'en fout!" »

Le lieutenant-gouverneur Edward Dewdney a déclaré: «Mais que les Indiens mangent le bacon (rance) ou qu'ils crèvent, on s'en fout!»

Selon un député libéral fédéral, la position ferme de Dewdney sur cette question de bacon venait du fait «qu'un ami entrepreneur dans la même association agricole que lui devait se débarrasser de 90.000 livres de bacon pourri.» Un autre député libéral a déclaré que les Cris confinés à la réserve Piapot ont été nourris de viande pourrie «achetée à Chicago à 1,5 cent la livre et vendue ensuite au gouvernement pour 19 cents», une part des bénéfices étant allée au lieutenant-gouverneur. «De façon prévisible, écrit Daschuk, le Premier ministre a rejeté les accusations qu'il y avait un lien entre Dewdney, la consommation de lard pourri et la hausse soudaine du nombre de décès sur les réserves de Indian Head.»

Le rôle du gouvernement conservateur de Macdonald

L'étude de Daschuk porte principalement sur la santé des peuples autochtones, et accorde moins d'attention aux discussions qui ont lieu au sein de l'establishment politique à l'époque. Néanmoins, son compte rendu démontre que l'élite politique, notamment les conservateurs sous Macdonald, voyait la population autochtone comme un obstacle à l'expansion capitaliste à l'ouest. «Le plan de Macdonald d'affamer les Indiens non coopératifs dans des réserves afin de les soumettre était certes cruel, dit Daschuk, mais certainement efficace.»

Le retour au pouvoir d'un gouvernement conservateur dirigé par Macdonald en 1878 après un interrègne libéral de cinq ans, s'est accompagné d'une nouvelle approche en matière de politique indienne explique Daschuk. Cette nouvelle approche est liée à la mise en œuvre de la politique nationale des conservateurs, qui comptait parmi ses objectifs centraux l'«ouverture» des Prairies à la colonisation à grande échelle et à l'exploitation capitaliste. «La gestion de la situation alimentaire de plus en plus grave et des affaires indiennes est alors passée règle générale de l'"ignorance relative" sous les libéraux à la malveillance délibérée sous le régime Macdonald.» Pour veiller à ce que les Indiens soient «pacifiés» et les plaines de l'Ouest prêtes pour la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique et la colonisation, Macdonald décide d'assumer personnellement la responsabilité de la tâche en se nommant surintendant général des Affaires indiennes.

Même si les recherches de Daschuk démontrent que l'État canadien a combiné l'utilisation délibérée de la famine comme arme politique à une indifférence criminelle impitoyable, rendant du coup celui-ci directement responsable d'une chute catastrophique de la population autochtone, l'auteur se garde bien de l'accuser de génocide.

«Cette étude, écrit-il, démontre que le déclin de la santé des Premières Nations a été le résultat direct de leur suppression économique et culturelle. Les effets de l'attaque parrainée par l'État sur les communautés autochtones qui a commencé dans les années 1880 nous hantent encore en tant que pays. Il poursuit: l'identification des forces qui ont entravé le développement des communautés autochtones peut fournir des informations précieuses sur ce qui est nécessaire pour combler le fossé entre les communautés des Premières Nations et le reste du Canada aujourd'hui.»

Cela n'équivaut à rien de plus qu'espérer. Comme le fait remarquer Daschuk lui-même, dans la deuxième décennie du XXIe siècle, des conditions s'apparentant à celles du tiers monde continuent de prévaloir dans la plupart des réserves. En outre, les conditions de vie des membres des Premières Nations qui ont migré vers les villes ne sont guère plus reluisantes. Comme dans les dernières décennies du XIXe siècle, la grande majorité des peuples autochtones du Canada est aux prises avec une pauvreté désespérée, l'insécurité alimentaire et la faim, le manque d'eau potable, un taux élevé de chômage et un risque accru d'être victime de crime violent.

Le capitalisme canadien et son État se sont consolidés par la dépossession et l'assujettissement des peuples autochtones, la saisie de leurs terres, la destruction de leurs relations de propriété communale, et, dans le cadre du «système des traités», le déplacement des peuples autochtones sur des réserves où ils se sont vus refuser les ressources de base et ont été soumis à toutes sortes de contrôles intrusifs de l'État. Ce processus, comme Daschuk l'illustre si graphiquement, même s'il évite l'utilisation du terme, implique la poursuite d'une politique génocidaire envers les Indiens des Plaines.

Au XXe siècle, de connivence avec les sociétés minières, pétrolières, forestières et les compagnies d'électricité, l'État canadien a continué de déposséder les peuples autochtones, en plus de parrainer un système d'«écoles résidentielles» dirigé par l'Église et où les enfants autochtones étaient systématiquement maltraités et humiliés. L'année dernière, la Commission vérité et réconciliation créée par le gouvernement s'est sentie obligée de désigner la politique des pensionnats comme un «génocide culturel».

Un groupe d'enfants de l'école Saint-Paul à Cardston, en Alberta: Pendant plus d'un siècle, l'État canadien a parrainé un programme dans lequel les enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles et envoyés dans des pensionnats dirigés par l'Église, où ils étaient maltraités et humiliés.

L'oppression des peuples autochtones jusqu'à ce jour a été inextricablement liée à l'émergence et à l'expansion du capitalisme canadien. Rien d'autre n'y mettra fin qu'un mouvement unissant la classe ouvrière autochtone et non autochtone dans la lutte contre l'ordre social capitaliste.

En produisant un livre bien documenté qui jette la lumière sur les moyens brutaux par lesquels la bourgeoisie canadienne a consolidé son État et le legs persistant de ce crime, Daschuk contribue à une meilleure compréhension d'une période historique importante qui reste largement inconnue. La destruction des Indiens des Plaines mérite un vaste lectorat.

(Article paru d’abord en anglais le 23 avril 2016)

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[13 juin 2015]

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