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Un prix de paix pour un chef de guerre (InvestigAction)

par Elodie Descamps 4 Juin 2016, 18:10 François Hollande Chef de guerre Syrie Libye Centrafrique Mali Prix de la paix néocolonialisme Impérialisme

Un prix de paix pour un chef de guerre (InvestigAction)
Un prix de paix pour un chef de guerre
Par Elodie Descamps
InvestigAction

On l’a connu « président normal », on l’a connu amant passionné, on l’a connu chef de guerre, mais on le savait pas encore : « Homme d’état mondial de l’année 2016 » ! Et pourtant, nous pourrions être fiers, peuple français de notre François, qui se verra sacrer « the world statesman » par la fondation new-yorkaise “The Appeal of Conscience” le 19 septembre prochain. Nous pourrions être fiers... Mais nous ne le serons pas.

Incroyable mais vrai, François Hollande succède à ce titre à David Cameron, et avant lui, Nicolas Sarkozy, lauréat en 2008, ou encore l’ex président indonésien accusé d’avoir orchestré un génocide. Autant dire que la sélection est pointue. Fondée en 1965, cette fondation revendique un travail « au nom de la liberté religieuse et des droits de l’Homme partout dans le monde”(1).

Décerné annuellement, ce prix se veut honorer « les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l’Homme ». Alors, la promotion de la tolérance, d’accord. Il faut avouer que tout le monde n’aurait pas osé remettre la légion d’honneur au prince saoudien Mohammed Ben Nayef, dont le pays tue des Hommes par lapidation et compte 90 exécutions, rien que pour l’année 2016 (2). Nous savons que l’Arabie Saoudite est le plus gros client de la France en matière d’armement, mais bon pour la dignité humaine et les droits de l’Homme, il faudra repasser. Et pour ce qui est de la Paix et de la Liberté, permettez nous d’en douter.

Liberté, O Liberté ! Faut-il vraiment rappeler les violentes répressions policières qui sévissent en ce moment à travers tout le pays ? Faut-il rappeler que chaque jour, les guerres auxquelles nous participons sèment la terreur et la misère ? Difficile de l’oublier, surtout pour les populations qui les subissent. Il faut donc rendre à César ce qui est à César. Et si François Hollande se gratifie récemment d’être dans l’Histoire, et même plus : « Je fais l’Histoire », il convient de lui rappeler l’Histoire qu’il fait.

Ainsi, celui qui est passé du « chamallow » au chef de guerre en quelques mois, a le titre de président le plus interventionniste de la Ve République. Et en effet la liste est longue. Elle débute en janvier 2013 avec l’opération « Serval » au Mali, destinée à « défendre l’intégrité nationale face aux rebelles islamistes ». Celle-ci s’étendra finalement deux ans plus tard à 4 autres pays du Sahel, à savoir la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Burkina Faso. 3500 soldats au total et une armée française « au taquet » d’après le chef d’État Major Pierres de Villiers. Fin 2013, vient l’opération « Sangaris » en Centrafrique. Puis en septembre 2014, c’est au tour de l’Irak, où l’on s’engage aux côtés de l’armée nationale contre l’organisation de l’État Islamique. Enfin, en septembre 2015, la Syrie. A la suite des attentats de Paris en novembre, dans sa « déclaration de guerre », qui soit-dit-en-passant, avait déjà commencée, François Hollande avait promis aux terroristes une « France impitoyable sur tous les terrains, intérieur comme extérieur», sur ce point-là, il n’aura pas menti. Alors certains vanteront les bienfaits de ces « guerres humanitaires ». Mais la question est toujours la même: Peut-on venir en aide aux populations en bombardant leur pays ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est non. L’Irak et la Libye en sont les malheureux témoins, mais combien faudra-t-il d’exemples ? Combien encore de souffrances et de vies perdues ?

Les familles détruites sous les bombes, les enfants violés par des soldats français en Centrafrique (3), les millions de réfugiés, et toutes les victimes à qui l’on prétend venir en aide, font eux aussi partie de l’Histoire, Mr François Hollande. Ils sont l’Histoire. Oserions-nous prétendre qu’ils devraient en être reconnaissants ? A défaut d’être justes, essayons d’être honnêtes.

Notes:
(1) http://www.appealofconscience.org/
(2) http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Abolition-de-la-peine-de-mort/Actualites/Arabie-saoudite-deja-plus-de-90-executions-en-6-mois-18479
(3) http://www.lemonde.fr/international/article/2016/01/07/en-centrafrique-les-accusations-de-viols-d-enfants-se-multiplient-contre-les-soldats-etrangers_4843321_3210.html

On l’a connu « président normal », on l’a connu amant passionné, on l’a connu chef de guerre, mais on le savait pas encore : « Homme d’état mondial de l’année 2016 » ! Et pourtant, nous pourrions être fiers, peuple français de notre François, qui se verra sacrer « the world statesman » par la fondation new-yorkaise “The Appeal of Conscience” le 19 septembre prochain. Nous pourrions être fiers… Mais nous ne le serons pas.

Incroyable mais vrai, François Hollande succède à ce titre à David Cameron, et avant lui, Nicolas Sarkozy, lauréat en 2008, ou encore l’ex président indonésien accusé d’avoir orchestré un génocide. Autant dire que la sélection est pointue. Fondée en 1965, cette fondation revendique un travail « au nom de la liberté religieuse et des droits de l’Homme partout dans le monde”(1). Décerné annuellement, ce prix se veut honorer « les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l’Homme ».

Alors, la promotion de la tolérance, d’accord. Il faut avouer que tout le monde n’aurait pas osé remettre la légion d’honneur au prince saoudien Mohammed Ben Nayef, dont le pays tue des Hommes par lapidation et compte 90 exécutions, rien que pour l’année 2016 (2). Nous savons que l’Arabie Saoudite est le plus gros client de la France en matière d’armement, mais bon pour la dignité humaine et les droits de l’Homme, il faudra repasser. Et pour ce qui est de la Paix et de la Liberté, permettez nous d’en douter.

Liberté, O Liberté ! Faut-il vraiment rappeler les violentes répressions policières qui sévissent en ce moment à travers tout le pays ? Faut-il rappeler que chaque jour, les guerres auxquelles nous participons sèment la terreur et la misère ? Difficile de l’oublier, surtout pour les populations qui les subissent. Il faut donc rendre à César ce qui est à César. Et si François Hollande se gratifie récemment d’être dans l’Histoire, et même plus : « Je fais l’Histoire », il convient de lui rappeler l’Histoire qu’il fait.

Ainsi, celui qui est passé du « chamallow » au chef de guerre en quelques mois, a le titre de président le plus interventionniste de la Ve République. Et en effet la liste est longue. Elle débute en janvier 2013 avec l’opération « Serval » au Mali, destinée à « défendre l’intégrité nationale face aux rebelles islamistes ». Celle-ci s’étendra finalement deux ans plus tard à 4 autres pays du Sahel, à savoir la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Burkina Faso. 3500 soldats au total et une armée française « au taquet » d’après le chef d’État Major Pierres de Villiers.

Fin 2013, vient l’opération « Sangaris » en Centrafrique. Puis en septembre 2014, c’est au tour de l’Irak, où l’on s’engage aux côtés de l’armée nationale contre l’organisation de l’État Islamique. Enfin, en septembre 2015, la Syrie. A la suite des attentats de Paris en novembre, dans sa « déclaration de guerre », qui soit-dit-en-passant, avait déjà commencée, François Hollande avait promis aux terroristes une « France impitoyable sur tous les terrains, intérieur comme extérieur», sur ce point-là, il n’aura pas menti.
Alors certains vanteront les bienfaits de ces « guerres humanitaires ». Mais la question est toujours la même: Peut-on venir en aide aux populations en bombardant leur pays ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est non. L’Irak et la Libye en sont les malheureux témoins, mais combien faudra-t-il d’exemples ? Combien encore de souffrances et de vies perdues ?

Les familles détruites sous les bombes, les enfants violés par des soldats français en Centrafrique (3), les millions de réfugiés, et toutes les victimes à qui l’on prétend venir en aide, font eux aussi partie de l’Histoire, Mr François Hollande. Ils sont l’Histoire.

Oserions-nous prétendre qu’ils devraient en être reconnaissants ? A défaut d’être justes, essayons d’être honnêtes.

Notes:

(1) http://www.appealofconscience.org/

(2) http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Abolition-de-la-peine-de-mort/Actualites/Arabie-saoudite-deja-plus-de-90-executions-en-6-mois-18479

(3) http://www.lemonde.fr/international/article/2016/01/07/en-centrafrique-les-accusations-de-viols-d-enfants-se-multiplient-contre-les-soldats-etrangers_4843321_3210.html

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