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Au Maroc, scènes de racisme ordinaire contre les noirs (Le Monde)

par Aïsha Dème 30 Juillet 2016, 08:37 Maroc Racisme

Crédits : Alexandre Baron 2 via Flickr CC
Crédits : Alexandre Baron 2 via Flickr CC

J'ai toujours rêvé de visiter le Maroc, ce pays pas très loin de chez moi qui m'a toujours fascinée. Pourtant cela m'a pris du temps. J'ai souvent eu un pincement au cœur en passant par l'aéroport de Casablanca pour aller à Paris, regrettant de ne pas m'y arrêter (et me promettant que pour les prochaines vacances…)

Cette année, le Maroc m'a appelée de la façon la plus naturelle, à l'occasion de la 4ème Conférence sur l'Économie créative en Afrique (ACEC), en novembre 2014, à Rabat. Il s'agit d'une rencontre annuelle du réseau panafricain Arterial Network.

Me voilà donc à Rabat, euphorique, avide de découvertes et de rencontres. Mon euphorie prend vite pris une belle gifle. Le racisme (oui, appelons le chat par son nom et allons droit au but)!

Dès mon arrivée, il s'est dressé, là, sous mes yeux: prétentieux, stupide et terriblement ignorant. Bien sûr, il était loin de la conférence, ce magnifique bouillonnement culturel qui regroupe des gens de tous les horizons, où créativité, projets innovants, échanges et belles rencontres sont au rendez-vous.

Non, le racisme est dehors, comme chez ces chauffeurs de taxi qui refusent de me prendre, moi, jeune femme noire, et s'arrêtent devant la dame à cinq mètres de moi. Ne voulant pas être paranoïaque, j'ai patienté. Au bout d'une heure et d'une dizaine de taxis-vides-qui-ne-s'arrêtent-pas, je suis rentrée à l'hôtel pour en faire appeler un. L'hôtel ne proposait pas ce service. Alors, je suis retournée patiemment sur le champ de bataille.

Cette fois, je n'ai compté ni le temps ni le nombre de voitures. J'ai juste attendu, terriblement déçue. Puis le miracle est arrivé... un miracle qui ne parlait pas français et ne pouvait répondre à toutes ces questions qui bourdonnaient dans ma tête, particulièrement l'incontournable pourquoi? Terriblement déçue donc, j'ai conté ma mésaventure à mes amis. Ils m'ont alors expliqué que, quant à eux, un groupe de jeunes les avaient pointés du doigt dans la rue en criant "EBOLA!"...

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