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Sécurité à Nice : pour étayer ses accusations de pressions, la policière donne « les noms et les détails » au procureur (Le Monde)

par Julia Pascual 25 Juillet 2016, 16:26 Nice Cazeneuve Sandra Bertin Accusation Plainte Video Securite

Dans la salle de contrôle de la vidéosurveillance niçoise, le 9 février 2015. ERIC GAILLARD / REUTERS

Dans la salle de contrôle de la vidéosurveillance niçoise, le 9 février 2015. ERIC GAILLARD / REUTERS

Dix jours après l’attentat de la promenade des Anglais à Nice, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, polarise de plus en plus la critique. Après les ténors de la droite et le maire adjoint de la ville, Christian Estrosi, elle émane désormais du cœur du dispositif de sécurité mis en place le 14 juillet.

Lire aussi :   Après l’attentat de Nice, Bernard Cazeneuve dans la tourmente

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche daté du 24 juillet, une policière municipale responsable de la vidéosurveillance à Nice accuse le ministère de l’intérieur d’avoir exercé à son encontre des « pressions ». Son avocat a annoncé lundi avoir déposé un signalement auprès du procureur de Nice.

« Nous avons considéré que les faits, témoignages à l’appui, étaient visiblement constitués sur le plan d’infractions pénales pouvant entraîner des poursuites », a déclaré à la presse Me Adrien Verrier, à sa sortie du tribunal de Nice.

« Dès lors, nous avons finalisé le signalement avec toutes les pièces justificatives, tous les noms, tous les détails, de manière à faire toute la lumière sur les faits », a-t-il poursuivi, soulignant que ce signalement avait été fait sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, qui enjoint à tout fonctionnaire de signaler « sans délai » tout crime ou délit dont il acquerrait la connaissance.

Sandra Bertin, responsable du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, explique ainsi qu’« au lendemain des attentats », le cabinet de M. Cazeneuve lui a demandé de travestir la réalité :

« Le cabinet du ministre de l’intérieur a envoyé un commissaire au CSU qui m’a mise en ligne avec la Place Beauvau. J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser qu’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. (…) Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. (…) J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. »

Interrogée le soir même sur France 2, la policière municipale a réitéré ses accusations : « Au fur et à mesure que le temps passe, les appels sont de plus en plus rapprochés. (…) Elle demande [au commandant de police présent sur place] de me faire modifier certains éléments, certains paragraphes, en me demandant notamment de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale. »...

 

 

 

 

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